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27e édition du Festival international de films indépendants de Genève – Black Movie 2026

Le Festival international de films indépendants Black Movie revient à Genève du 16 au 25 janvier 2026 pour sa 27e édition, avec une centaine de films programmés et un invité de marque, l’acteur hongkongais Tony Leung Chiu-wai. Fidèle à son goût pour les cinémas en marge des circuits dominants, la manifestation genevoise fait dialoguer fictions, documentaires et animations venus des quatre coins du monde autour de grandes questions politiques et existentielles de notre temps. Comme le souligne la directrice artistique de la manifestation, Maria Watzlawick : « dans les délires orwelliens que nous subissons, Black Movie 2026 se présente comme une contre-dystopie qui ne s’interdit pas l’humour, parfois pince-sans-rire. »

— Black Movie 2026
© Malik Berkati

Pendant dix jours, Black Movie investit plusieurs salles de la ville avec 104 films, dont 48 longs métrages et 56 courts, et pas moins de 42 premières suisses. De l’Asie à l’Amérique latine, en passant par l’Afrique et l’Europe, le festival continue de se définir comme un espace privilégié pour les productions indépendantes, loin des standards commerciaux, et permet d’ouvrir les horizons tant artistiques que culturels et humains, en favorisant la découverte de l’autre et des multiples façons d’habiter le monde.

Une programmation foisonnante 

Répartis en 11 sections, les films explorent une grande diversité de formes et de genres : fictions, documentaires, animations, thrillers, comédies dramatiques ou science-fiction se répondent d’un programme à l’autre. Les thématiques abordent aussi bien l’éducation, la famille et la surveillance des corps que le totalitarisme, la révolte ou les futurs possibles, dessinant en creux un état du monde traversé par les crises et les résistances.

Cette 27ème édition met un accent particulier sur les dystopies et les récits alternatifs, à l’heure où les sociétés cherchent de nouveaux chemins politiques et idéologiques.  En point d’orgue, Black Movie propose en avant-première Orwell: 2+2=5 de Raoul Peck, documentaire qui revisite l’œuvre de George Orwell pour interroger les dérives de la post-vérité et des régimes autoritaires contemporains.

La programmation rend aussi hommage aux luttes individuelles face aux pouvoirs autoritaires et aux violences d’État, avec notamment Deux Procureurs de Sergei Loznitsa, consacré aux méandres kafkaïennes de la justice dans l’ex-URSS, et Belén de Dolores Fonzi, sur un événement fondateur pour le droit à l’avortement en Argentine.  Le festival prolonge par ailleurs son attention aux territoires meurtris avec une « extension » du projet gazaoui From Ground Zero, projet produit par Rashid Masharawi , dont on a pu suivre l’évolution aux Rencontres cinématographiques genevoises Palestine, Filmer C’est Exister ainsi que lors de l’édition 2025 de Black Movie, ainsi que des films tournés au Liban et en Cisjordanie qui témoignent des difficultés du retour et de la reconstruction.

Aux côtés de cinéastes invité·es, Black Movie accueille Tony Leung Chiu-wai, figure emblématique du cinéma asiatique, pour Silent Friend de la Hongroise Ildikó Enyedi, récit polyphonique centré sur un ginkgo majestueux. Le festival aligne également des titres très attendus comme No Other Choice de Park Chan-wook, Happyend du jeune Américain Neo Sora, Le Rire et le couteau de Pedro Pinho ou encore Barrio Triste, premier long métrage du réalisateur américano-colombien Stillz, connu pour ses clips réalisés pour Bad Bunny et Rosalía, confirmant son rôle de tremplin pour les auteur·rices qui bousculent les imaginaires.

La jeunesse sera également bien présente dans une section thématique qui revient sur le rapport souvent compliqué d’une société avec son milieu éducatif, avec pour perspective l’Asie : l’occasion de voir (ou revoir) School in the Crosshairs, délire scolaire quasiment psychédélique du Japonais Nobuhiko Ōbayashi, et d’apprécier le film culte Batch ’81, hommage à peine déguisé à Orange mécanique que l’on doit au célèbre cinéaste philippin Mike De Leon, disparu en 2025.

Comme chaque année, le festival organise le Petit Black Movie, initiative d’autant plus importante à l’heure où l’éducation à l’image devient primordiale, tout comme l’accès à la culture pour les plus jeunes, afin de leur donner, dès le plus jeune âge, les outils pour s’ouvrir à la diversité des regards, des cultures et des récits. Cette programmation met en avant une quarantaine de films issus de 34 pays qui invitent à regarder la planète autrement et à réfléchir à des enjeux majeurs comme l’écologie ou la différence. Au cœur de cette sélection, Planètes de la réalisatrice japonaise Momoko Seto se distingue comme une véritable ode à la biodiversité, entraînant le public dans un voyage sensible à travers les multiples formes du vivant pour en révéler la fragile beauté.

Deux ateliers viendront prolonger l’expérience en salle : l’un combinera création de masques et initiation à l’animation image par image, quand l’autre proposera un retour aux origines du cinéma à travers une collection de jouets d’optique. Enfin, l’un des temps forts du festival sera Jean-Chat voit dans le noir, « un spectacle où narration, musique et dessins se conjuguent en direct pour offrir un moment suspendu, à mi-chemin entre songe et réalité. »

https://blackmovie.ch/2026

Malik Berkati

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Malik Berkati

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