Wintermärchen : un film émétique dans l’univers putride d’une cellule terroriste d’extrême-droite

Il y a des histoires qui claquent sur l’actualité! Wintermärchen, présenté au dernier festival de  Locarno en compétition, fait partie de ces films qui rencontrent à leur sortie les images qui passent en boucle sur les chaînes d’info en continue, en l’occurrence l’attentat terroriste d’un suprémaciste blanc australien à Christchurch en Nouvelle-Zélande contre deux mosquées qui a fait 50 victimes le 15 mars 2019.

Ce film n’a malheureusement rien d’une fable, même d’hiver, si ce n’est le titre. Dès les premières minutes, cette impression de malaise de se retrouver dans l’histoire qui a fait la Une des journaux en Allemagne depuis 2013 avec le procès de la NSU (Nationalsozialistischer Untergrund – Parti national-socialiste souterrain) à travers la femme du trio maléfique – les deux hommes s’étant suicidés – Beate Zschäpe pour des meurtres d’étrangers ou d’Allemands d’origine étrangère entre 2000 et 2007.
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Sunset (Napszállta) de László Nemes : Un avertissement venu du passé  qui regarde droit dans les yeux le présent

Il ne faut pas tomber dans le piège de la comparaison avec Le fils de Saul (Grand prix au Festival de Cannes 2015, Golden globe et OSCAR pour le meilleur film étranger 2016) qui tend les bras à tous les critiques : ce premier long métrage était un ovni. Si László Nemes l’avait reproduit, on lui aurait fait grief de ne pas se renouveler et de surfer sur la vague de ce succès mondial ; puisqu’il ne l’a pas fait, certains lui reprochent déjà son manque de courage cinématographique et un retour à plus d’académisme !
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Nous sommes en 1913, au cœur de l’empire austro-hongrois. Írisz Leiter revient à Budapest après avoir passé son enfance dans un orphelinat à Trieste. Elle se présente à un grand magasin de chapeaux pour y travailler comme modiste. Immédiatement, quelque chose de larvé envahit l’atmosphère : le magasin s’appelle Leiter, comme elle.  Oskár Brill, le nouveau propriétaire, la reçoit mais s’empresse de vouloir la renvoyer à Trieste chez son employeur actuel. La jeune femme, portée par un courant qu’elle ne définit pas elle-même refuse et parvient à s’incruster dans l’environnement cadré de la maison Leiter et les dépendances utilisées par ses employés. Lorsqu’Írisz apprend qu’elle a un frère dont elle ignore tout, elle cherche à clarifier ce mystère et celui de son passé dans une sorte d’enquête effrénée qu’elle va mener contre vents et marées pour essayer de comprendre pourquoi il agit et fonctionne ainsi. Nous sommes à la veille de la guerre et cette quête sur ses origines familiales va entraîner Írisz dans les méandres d’un monde au bord du chaos.

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Rencontre avec Séverine Barde réalisatrice du documentaire qui rend un vibrant hommage à la Diva des nuits genevoises : Greta Gratos

Nous avions rencontré Pierandré Boo /Greta Gratos en janvier de cette année pour un entretien passionnant, voici celui effectué avec Séverine Barde, la réalisatrice du film qui lui est consacré.
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Berlinale 2019 – Berlinale Special: Celle que vous croyez, le dernier film de Safy Nebbou offre un magnifique rôle à Juliette Binoche. Rencontre avec le réalisateur

Claire Millaud, quinquagénaire séduisante, mère divorcée de deux enfants, essaie d’oubliier que son mari l’a quittée pour une femme plus jeune en se livrant à une relation passionnelle avec un jeune amant, Ludo (Guillaume Gouix), un photographe mais cette liaison s’avère houleuse, instable et difficile. Quand Ludo met un terme à leur histoire, Claire se met à l’épier via les réseaux sociaux et pour se venger de lui, elle décide de se lier d’amitié sur Facebook avec son assistant, Alex (François Civil), âgé de vingt-neuf ans.
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Öffentliche Sichtungen im Kino Arsenal in Berlin, 10. und 13.03.2019 : re-selected und Harun Farocki Institut

Im März präsentieren zwei Projekte von „Archive ausser sich » Öffentliche Sichtungen im Kino Arsenal.re-selected zeigt Experimentalfilme von Kenneth Anger, Bruce Baillie, Bruce Conner, Larry Gottheim, Standish Lawder, Marie Menken, Robert Nelson, Ron Rice, Lee Savage und Anita Thacher, die 1989 in einer Retrospektive zum Abschied Karola Gramanns als Leiterin der Internationalen Kurzfilmtage Oberhausen aufgeführt wurden. Das Harun Farocki Institut präsentiert zwei Filme von Jean Rouch aus dem Archiv des Arsenal.
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My little One – rencontre avec Frédéric Choffat et Julie Gilbert qui co-signent le film et Anna Mouglalis, son actrice principale

Un trio amoureux se retrouve réuni dans le désert de l’Ouest américain, un protagoniste à part entière dans ce film. La nature, magique, mystérieuse, parfois hostile, semble le fil conducteur de leur filmographie : en effet, en 2011, le couple réalise Mangrove, relatant le périple d’une jeune Française qui emmène son fils au Mexique dans une région où elle a vécu auparavant.Pour My little one, c’est le désert de l’Arizona qui a séduit, voire envoûté le couple de cinéastes. Frédéric Choffat  et Julie Gilbert ont découvert cette région alors qu’il s’y sont rendus pour recevoir un prix pour leur film précédent. Subjugués par ces paysages qui invitent à la méditation, le couple se sent immédiatement inspiré et décide d’y planter le décors – majestueux – de leur nouveau film.
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Oscars 2019: Olivia Colman wins best actress, but yet again Hollywood shows it thinks film-making is a man thing

Another year, another Oscars Ceremony. Red-carpeted self-congratulations, the popping of flashes and the anticipation of the popping of corks at the many after parties for the rich and famous. And, once again, another Academy Awards in which no women were mentioned in the important category of best director.In the 91 years that the awards have been running, only five women have been nominated for this coveted award – and only one, Kathryn Bigelow, has come away with the statuette: this represents about 1% of nominees and winners. It’s a shockingly low statistic, even when you take into account that a mere 8% of Hollywood’s top 250 films in 2018 were directed by women. In 2017 America’s Equal Employment Opportunity Commission found Hollywood to be guilty of discrimination against female directors, but as yet there have been no significant shifts in the number of women directing.
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Berlinale 2019 – Entretien avec Denis Côté pour Répertoire des villes disparues

Beaucoup de questions restées en suspens après la projection du film en compétition du festival de Berlin et toutes autant posées dans la critique sortie dans la foulée. Voici quelques réponses données par le cinéaste québécois lors d’un entretien passionnant dans lequel il parle de son film, de cinéma, du Québec et du Canada, mais aussi de la vie et de la maladie.
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Berlinale 2019 – Panorama : Dafne – Prix FIPRESCI pour une histoire bouleversante et caustique entre un père et sa fille

Quelle joie de voir danser Dafne, déliée de toute pesanteur et amarres diurnales, dans une bulle de bonheur palpable et communicatif. D’ailleurs Dafne, à la personnalité et au caractère bien trempés, s’affranchit de certaines inhibitions sociales, sans jamais ne faire éclater le cadre, souvent de manière espiègle ou narquoise, parfois candide, mais faisant toujours mouche dans le miroir tendu aux autres. C’est que Dafne est atteinte du syndrome de Down, ce qui ne l’empêche nullement d’être une femme dans la trentaine comme les autres dans ses relations avec sa famille, ses amis et ses collègues de travail. Jusqu’à ce que le caillou dans sa chaussure qui entrave sa marche dans la première scène devienne celui qui marque son chemin de vie lorsque sa mère décède subitement après les vacances d’été.
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Berlinale 2019 – Panorama : Talking About Trees – un Cinema Paradiso au Soudan (Prix du meilleur documentaire toutes sections confondues)

Ibrahim, Suleiman, Manar et Altayeb sont amis depuis plus de 45 ans. Ils ont quitté le Soudan dans les années soixante et septante pour étudier le cinéma à l’étranger, en Russie, en Égypte ou aux États-Unis, et fondent le Sudanese Film Group en 1989. Après des années d’éloignement et d’exil, ils sont à nouveau réunis dans l’espoir de réaliser enfin leur rêve : faire revenir le cinéma au Soudan. Ils sont déterminés à laisser cet héritage culturel après eux et à allumer la flamme de l’amour pour le cinéma. À travers les images qu’ils ont créées, celles qu’ils ont perdues et celles qu’ils avaient espéré faire, se dessinent les beaux comme les terribles traits du visage de leur pays.
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