El robo del siglo (Le braquage du siècle) – Un hold-up réel dans une mise en scène dynamique héroï-comique !

Basé sur des faits réels, cette comédie argentine nous entraîne dans une réalisation qui utilise les codes du genre (Ocean’s 11 et suites ; Now You See Me [Insaisissable], 2013 ; ou le sud-coréen The Thieves [Dodookdeul], 2012) mais sans leur côté aseptisé, ici on garde les aspérités, les grains de sable et une certaine distance ironique qui s’exprime par le rappel régulier de la trivialité des choses, le mélange des musiques (jazz, western spagehtti, instrumental rythmé) qui habille habilement les différentes étapes de l’épopée des anti-héros, la composition de l’image, avec au début du film, un magnifique plan-hommage au cinéma où le cerveau de la bande, dépité, trempé sous la pluie se retrouve devant une série d’affiches de cinéma éclairée par des néons rouges avant d’avoir une illumination : face à son psychologue, Fernando Araujo (Diego Peretti) avait cité un philosophe qui disait que le bien le plus élevé de l’être humain était de trouver sa vocation, ce à quoi le psy avait répondu qu’il serait temps qu’il trouve la sienne. Voilà qui était fait : braquer une banque !
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Histoire d’un regard, à la recherche de Gilles Caron, de Mariana Otero : une immersion passionnante dans l’optique et la vie trépidante du photoreporter

[MàJ: la critique avait été mise en ligne le 12 janvier 2021 lors de sa mise en ligne sur la plateforme suisse de VoD Filming. Nous republions exceptionnellement la critique, le film est à nouveau dans les salles romandes qui ont rouvert dans le respect des nouvelles mesures sanitaires édictées par le Conseil fédéral, N.D.L.R.]
Gilles Caron, photoreporter pour l’agence Gamma, disparaît brutalement au Cambodge en 1970 alors qu’il est au sommet d’une carrière fulgurante de photojournaliste. Gilles Caron a tout juste trente ans et parcourt les zones en conflit, laissant sa femme Marianne et leurs deux filles en bas âge, Clémentine et Marjolaine, en France.
En l’espace de six ans, Gilles Caron a été l’un des témoins majeurs de son époque, couvrant pour les plus grands magazines la guerre des Six Jours, mai 68, la désolation et la famine au Biafra, le conflit nord-irlandais, l’arrivée des Khmers rouges au Cambodge ou encore la guerre du Vietnam.
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Faya  Dayi de la réalisatrice Mexicaine-Éthiopienne Jessica Beshir remporte le Grand Prix des Visions du Réel 2021

Le magnifique portrait à la fois onirique et naturaliste d’une communauté de paysans dans les hauts plateaux du Harar, l’une des dix régions d’Éthiopie, réputés jadis pour la qualité des cerises de café, entièrement voué à présent à la culture du khat aux feuilles psychotropes. Un homme explique à un jeune qui livre à domicile les feuilles de khat à des ancien.nes que « les plantations de café donnait du café exquis mais cela nécessitait beaucoup d’eau, on l’a donc remplacé par du khat. »
Cette explication logique est donnée, mine de rien, au tout début du film, mais on va petit à petit l’oublier en se plongeant dans ce voyage spirituel et poétique que nous propose la cinéaste avec ce tour de force de faire coexister un récit soufi local avec une réalité économique, sociale et politique universelle. Le fil rouge de cette légende soufie est la quête d’éternité à travers la méditation rendue possible par le mâchage des feuilles de khat. Racontée à travers deux jeunes amis que l’on suit dans leurs activités quotidiennes comme dans leurs pérégrinations rêvées et leurs aspirations à une vie meilleure, Faya Dayi s’éloigne résolument du documentaire classique, proposant une immersion sensorielle et réflective dans la vie de cette communauté et de ses paysages physiques comme mentaux.
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Living Water de Pavel Borecký donne un aperçu des guerres pour « l’or bleu » qui ne manqueront pas de se multiplier dans les années à venir

Il ne faut pas chercher loin pour se rendre compte à quel point l’enjeu de l’eau est comme un baril de poudre sur lequel les relations internationales sont assises avec les tensions qui se multiplient dans le monde, entre autres l’Éthiopie, le Soudant et l’Égypte, Le Mexique et les États-Unis, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan ou la Chine et l’Inde. L’Europe n’est pas épargnée par le stress hydrique, avec par exemple Rome et Berlin qui, selon le World Resources Institute, épuisent leurs nappes phréatiques.
Présenté en compétition nationale aux Visions du Réel 2021, Living Water est également au festival CPH:DOX au Danemark. Il nous entraîne dans une sorte de démonstration idéale-typique de l’inconscience écologique, du non-respect des populations locales, de l’exploitation sans vergogne de ressources millénaires à des seuls fins de spéculation et de rentabilité immédiate.    
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Master Cheng, de Mika Kaurismäki : dégustation d’un won sino-lapon fait de respect mutuel, de bienveillance, le tout enrobé de paysages à la beauté picturale

[MàJ: la critique avait été mise en ligne le 3 novembre 2020 le jour de son lancement… et de la fermeture des lieux culturels pour raisons sanitaires Covid-19. Nous republions la critique, le film est à nouveau dans les salles romandes qui ont rouvert dans le respect des nouvelles mesures sanitaires édictées par le Conseil fédéral, N.D.L.R.]
Voici les ingrédients que propose Master Cheng (Masteri Cheng), le dernier opus de Mika Kaurismäki : cuisine chinoise, paysages de Laponie, rencontre de deux cultures différentes, amitié, amour.
Après la mort de sa femme, le chef professionnel Cheng (Chu Pak Hong) quitte la trépidante Shanghai pour se rendre à Pohjanjoki, un minuscule village du Nord de la Finlande, à la recherche d’un certain Fongtron. Ce quadragénaire débarque donc avec son jeune fils, Nunjo (Lucas Hsuan), dans ce village isolé de Finlande pour rencontrer ce vieil ami finlandais qu’il a rencontré à Shanghai et qui lui a sauvé la mise dans le passé. À son arrivée, personne dans le village ne semble connaître son ami mais la propriétaire du café local Sirkka (Anna-Maija Tuokko) lui propose un hébergement et, en contrepartie, Cheng l’aide dans la cuisine en surprenant les habitants avec les saveurs exotiques de la cuisine chinoise qui ravissent les palais lapons.
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Petites danseuses, d’Anne-Claire Dolivet : immersion dans la vie de jeunes élèves d’une des disciplines du sixième art

À quoi ressemble la vie de petites filles qui rêvent de devenir des danseuses étoiles ? Ces petites danseuses ont entre six et dix ans. À la maison, à l’école ou dans la rue, elles vivent la danse avec passion. Mais comment grandir dans un monde de travail intensif, d’exigence et de compétitions quand on est si petite ?
Dès la première séquence, la caméra d’Anne-Claire Dolivet filme une jeune fille, pratiquant le grand écart sur un parquet, maintenant la pose sans ciller. La réalisatrice entre immédiatement de plein fouet au cœur du sujet de son documentaire, filmant ces jeunes filles et ces fillettes non seulement dans leur vie quotidienne dans les salles de danse, mais aussi à l’école, dans le préau, avec leurs amies, dans le métro, des écouteurs rivés dans les oreilles ou en famille. Ces petites danseuses nous semblent si proches, si familières qu’on aurait presque envie de traverser l’écran pour assister à leurs cours, à leurs auditions, à leurs moments de complicité et de rires avec leurs amies lors d’un anniversaire … Mais la danse n’est jamais loin : même lors de cette soirée d’anniversaire, les jeunes filles s’amusent à singer leur enseignante de danse, les experts des auditions, dans une sorte de mise en abyme qui amuse tout en questionnant.
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12. ALFILM – Arabisches Filmfestival Berlin: 21. – 30. April 2021 Home Edition

Coronabedingt wird das Programm von ALFILM dieses Jahr nicht im Kino Arsenal und City Kino Wedding, sondern komplett online unter indiekino-club.de präsentiert. Natürlich hätte dieses Programm die Ehre der grossen Leinwand verdient, aber nach dieser Enttäuschung sollte man sich das Vergnügen nicht entgehen lassen, das Programm dieser 12. Ausgabe zu entdecken, denn die Qualität der ausgewählten Filme ist grossartig!
Beeindruckende Filmkunst, packende Geschichten und unverblümte Aussagen stehen im Mittelpunkt der diesjährigen Official Selection, gepaart mit starken Protagonist*innen, die sich ihren Herausforderungen stellen und für Veränderung kämpfen. Spiel- und Dokumentarfilme setzen sich mit Themen wie Migration, Gender Rollen sowie der Erinnerungskultur auseinander und zeigen ein gegenwärtiges und oft sehr persönliches Bild einer bewegten Region.
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Das 21. goEast – Festival des mittel- und osteuropäischen Films  startet online vom 20 bis 26.04.2021

Auch in diesem Jahr hat sich das goEast Festival des mittel- und osteuropäischen Films dazu entschlossen, seine Ausgabe nicht abzusagen und eine Onlineversion seiner 21. Ausgabe anzubieten. Alle Filme bei goEast stehen während der Festivalwoche digital zur Verfügung in der Mediathek ab Festivalstart am 20. April, 0:00 Uhr MEZ. Der Zugriff auf fast alle Filme des Programms ist schnell und unkompliziert, wie bei einem klassischen Streamingdienst.
Nach einer kostenlosen Registrierung, haben die Zuschauer zwei Möglichkeiten: sich einzelne Filme und Programmpunkte für jeweils 6,50 Euro pro Ticket auszusuchen, oder eine Online-Dauerkarte für 60 Euro zu buchen.
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Une version en ligne du 15 au 25 avril de la 52e édition de Visions du Réel qui ne transige pas avec la qualité de l’habituel grand rendez-vous européen du film documentaire !

[Mise à jour 15.04.2021: suite aux décisions prises hier par le Conseil fédéral, le Festival international de cinéma Nyon saisit l’opportunité d’organiser des séances publiques du 22 au 25 avril 2021. Les écrans du Capitole, de la Grande Salle et de l’Usine à Gaz accueilleront quelque 50 projections, avec une limite correspondant aux mesures sanitaires. Des films de la Compétition Internationale Longs Métrages, de la Compétition Burning Lights, de la Compétition Nationale et de la Compétition Grand Angle, entre autres, seront projetés. Les entrées simples coûteront CHF 10.-.]
Depuis une année, tous les festivals de cinéma déploient d’énormes efforts d’adaptation pour offrir à leur public des conditions correctes de visionnement de leurs programmes ainsi que des possibilités d’interagir et de participer à ce qui fait l’essence d’un festival, la rencontre avec des cinéastes, des artistes, des invités thématiques et de masterclass. Les Visions du Réel ont parfaitement relevé ce défi pour leur 52e édition. Chaque jour, des films sont mis à disposition en ligne pour 72 heures et dans la limite des places disponibles (500 visionnements par film). Les films sont géolocalisés en Suisse et lancés selon une grille des programmes à trois moments dans la journée. Le public a la possibilité de choisir entre un accès unique (5.- francs) ou un abonnement illimité à un tarif avantageux  de 25.- francs.
Des conférences, des masterclasses, des discussions thématiques et échanges avec les cinéastes, ainsi que des cérémonies ont lieu tout au long des dix jours de Festival dans un studio de broadcasting aménagé pour l’occasion, afin de permettre un dialogue régulier et approfondi entre les divers.e.s intervenant.e.s et invité.e.s.
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Il mio corpo, de Michele Pennetta : dans le Sud de l’Europe, les invisibles révélés par l’objectif poético-politique du cinéaste italien

l mio corpo s’ouvre sur le visage d’un jeune garçon qui somnole, le visage appuyé à une fenêtre de voiture. Les secousses du véhicule semblent bercer sa somnolence alors que la caméra élargit le plan pour s’arrêter sur le visage d’un deuxième adolescent. Puis la caméra suit la route poussiéreuse qui serpente; au loin chantent les cigales. Soudain, la camionnette brinquebalante s’arrête sur le bas-côté de la route et le conducteur se met à houspiller les deux adolescents afin qu’ils se dépêchent de se mettre au travail.
Sous le soleil éblouissant et écrasant de la Sicile, dans un paysage aride ponctué de quelques buissons clairsemés, Oscar (le premier visage que nous a dévoilé la caméra de Michele Pennetta), pré-adolescent au visage encore poupin et à la coiffure punk, passe ses journées à récupérer avec son frère aîné, Roberto, de la ferraille pour son père qui la vend. Oscar passe sa vie dans des déchèteries sauvages en bordure de route ou en bas des ponts du haut desquels le père crie des ordres et attend que les deux garçons attachent à une corde des objets à remonter. La caméra de Michele Pennetta suit lentement l’ascension verticale des objets récoltés comme pour rappeler à l’ordre cette soif de consommation et la confronter à sa responsabilité : là où la société ne voit que des rebus, d’autres y dénichent des trésors.
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