Une version en ligne du 15 au 25 avril de la 52e édition de Visions du Réel qui ne transige pas avec la qualité de l’habituel grand rendez-vous européen du film documentaire !

[Mise à jour 15.04.2021: suite aux décisions prises hier par le Conseil fédéral, le Festival international de cinéma Nyon saisit l’opportunité d’organiser des séances publiques du 22 au 25 avril 2021. Les écrans du Capitole, de la Grande Salle et de l’Usine à Gaz accueilleront quelque 50 projections, avec une limite correspondant aux mesures sanitaires. Des films de la Compétition Internationale Longs Métrages, de la Compétition Burning Lights, de la Compétition Nationale et de la Compétition Grand Angle, entre autres, seront projetés. Les entrées simples coûteront CHF 10.-.]
Depuis une année, tous les festivals de cinéma déploient d’énormes efforts d’adaptation pour offrir à leur public des conditions correctes de visionnement de leurs programmes ainsi que des possibilités d’interagir et de participer à ce qui fait l’essence d’un festival, la rencontre avec des cinéastes, des artistes, des invités thématiques et de masterclass. Les Visions du Réel ont parfaitement relevé ce défi pour leur 52e édition. Chaque jour, des films sont mis à disposition en ligne pour 72 heures et dans la limite des places disponibles (500 visionnements par film). Les films sont géolocalisés en Suisse et lancés selon une grille des programmes à trois moments dans la journée. Le public a la possibilité de choisir entre un accès unique (5.- francs) ou un abonnement illimité à un tarif avantageux  de 25.- francs.
Des conférences, des masterclasses, des discussions thématiques et échanges avec les cinéastes, ainsi que des cérémonies ont lieu tout au long des dix jours de Festival dans un studio de broadcasting aménagé pour l’occasion, afin de permettre un dialogue régulier et approfondi entre les divers.e.s intervenant.e.s et invité.e.s.
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Plus que quelques jours pour visiter l’exposition temporaire du MIR (Musée international de la Réforme) : Calvin en Amérique jusqu’au 2 mai 2021

Malgré 2 prolongations, le temps pour visiter la passionnante exposition Calvin en Amérique a été compté suite aux nombreuses fermetures pour cause de semi-confinement. Malheureusement, elle ne peut plus être prolongée, certains des 25 objets prêtés par 17 institutions muséales étasuniennes devant impérativement retourner à leur lieu d’attache. Parmi ces objets le plus ancien livre d’histoire jamais écrit en Amérique, les poèmes de la première écrivaine noire du pays ou la sacoche authentique d’un prédicateur méthodiste itinérant parcourant les États-Unis à cheval au 19e siècle, ainsi que les quatre fameuses affiches de Norman Rockwell, à propos des libertés fondamentales qu’il convenait de défendre en Amérique au moment de la Seconde Guerre mondiale.
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The Pink Cloud (A Nuvem Rosa) de la Brésilienne Iuli Gerbase : catharsis rose pour un confinement long !

Si le film était sorti juste après son tournage, on l’aurait qualifié de romance dramatique de science-fiction, mais le film sort à présent sur nos écrans personnels après avoir été présenté au Festival de Sundance et avoir remporté le Grand Prix du 25e Festival international du Film de Sofia. La réalisatrice Iuli Gerbase prend d’ailleurs bien soin, dès la première image de nous dire que le film a été écrit en 2017 et tourné en 2019 et que « toute ressemblance avec des événements actuels est pure coïncidence ». Cet avertissement est plus que bienvenu, tant ce qu’il raconte colle avec âpreté à notre réalité captive depuis le mois de mars 2020 ! Que les cinéastes possèdent ce don de Zeitgeist n’est plus à démontrer, mais une telle prescience de la jeune réalisatrice brésilienne est bluffant !
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Le collectif anarchiste Masovka porte plainte contre l’unité antiterroriste grecque

Notre collègue Angélique Kourounis, correspondante en Grèce de Radio-France et de Charlie Hebdo, réalisatrice du documentaire Aube dorée : Une affaire personnelle nous alerte sur certaines dérives policières en Grèce visant des collectifs politiques et militants. Voici ce qu’Angélique Kourounis et Thomas Iacobi – correspondant du quotidien La Croix et de la Deutsche Welle en Grèce et co-scénariste du documentaire sur Aube dorée – nous relatent :
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L’Abbatiale de Payerne, joyau de l’art roman en Suisse, met en place une saison 2021 interactive (et accessoirement permet de gagner 10’000 francs en pièces d’or !)

L’Abbatiale a rouvert au public le 11 juillet 2020, après plus de 10 ans de travaux avec un parcours de découverte immersif et interactif qui permet aux visiteurs, petits et grands, de se glisser dans l’histoire et les secrets de cet édifice millénaire.
Pour la saison 2021, l’Abbatiale de Payerne met au centre de l’attention la figure mythique de la reine Berthe avec des performances artistiques et visites guidées contées qui permettent au public de mieux connaître cette figure légendaire dont, comme l’explique l’historien Kurt Messmer, « l’état des sources désespère les historiens, mais constitue un terreau fertile pour les légendes », et d’acquérir les précieux indices de l’enquête du « Tombeau de la Reine » qui se clôturera en mai par l’ouverture exceptionnelle du tombeau de l’église paroissiale, intervention archéologique inédite. Démarrée en 2020, la quête trouve sa conclusion cette année, non seulement avec l’ouverture du tombeau mais également avec 10’000 francs en pièces d’or à gagner. Le dernier indice vient d’être dévoilé sur le site de l’Abbatiale et les bulletins de participation peuvent être renvoyés. En été, grâce à l’exposition « Bâtisseurs », c’est autour de la construction médiévale et des restaurations de monument que les visiteurs pourront découvrir le site millénaire de l’Abbatiale. En septembre, l’Abbatiale fêtera sa première année depuis sa réouverture avec un programme qui sera dévoilé ultérieurement et, pour clôturer la saison, les associations musicales gravitant autour de l’édifice offriront un programme musical pour célébrer Noël.
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La Fondation Beyeler montre à nouveau son génie muséographique avec l’exposition «Rodin / Arp» jusqu’au 16 mai 2021

Alors que le Conseil fédéral vient de doucher tous les espoirs des milieux culturels d’une prochaine réouverture des lieux dédiés, il n’a pas annoncé de refermeture du seul espace qui permette à l’esprit de respirer et d’assouvir ses pulsions de découvertes, le musée. Parmi ceux qui avaient dû fermer, à l’annonce du second semi-confinement, juste après avoir inauguré une nouvelle exposition, la Fondation Beyeler de Bâle (Riehen) avec sa proposition émulatrice de juxtaposition des deux grands sculpteurs – August Rodin et Jean Arp.
Sculpteurs en dialogue
C’est la première fois qu’une exposition muséale fait dialoguer Auguste Rodin (1840–1917) et Hans Peter Wilhelm Arp (1886–1966), mettant face à face l’œuvre pionnière du grand réformateur de la sculpture du 19e  siècle finissant et l’œuvre influente d’un des protagonistes majeurs de la sculpture abstraite du 20e  siècle. Leurs créations illustrent de manière exemplaire des aspects fondamentaux du développement de la sculpture moderne. Rodin a ainsi introduit des idées et des possibilités artistiques radicalement nouvelles dont Arp s’est saisi plus tard dans ses formes biomorphes, les faisant évoluer, les réinterprétant ou les contrastant. Il n’est à ce jour pas certain que Rodin et Arp se soient jamais rencontrés personnellement, mais leurs œuvres présentent des liens de parenté artistique et de références communes, tout comme des différences, qui font de la confrontation de leurs créations singulières une expérience visuelle particulièrement éloquente.

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La plateforme de streaming suisse Filmingo rend hommage à l’acteur suisse décédé en 2019, Bruno Ganz, qui aurait fêté ses 80 ans le 22 mars de cette année

Acteur de théâtre et de cinéma mondialement connu, Bruno Ganz nous quittait, dans un dernier clin d’œil plein de poésie, le dernier jour de la Berlinale 2019 inondé de soleil après plusieurs jours de grisaille, enrobant dans un écrin glacé et sec, mais lumineux à faire jaillir les larmes et les doux sourire de la nostalgie, la Potsdamer Platz, cœur battant du festival mais également lieu mythique sur lequel les deux anges des Ailes du désir (Der Himmel über Berlin) veillaient : Bruno Ganz, l’ange Damiel, et Otto Sander, l’ange Cassiel, qui nous avait quittée en 2013. Bruno Ganz était chez lui sur la Potsdamer Platz et à la Berlinale, maintes fois invité, car le grand acteur qu’il était, n’hésitait pas à se frotter à tous les genres du cinéma et à nombre de projets allant de films grand public à du cinéma plus âpre et confidentiel. Célébré dans l’espace germanophone au théâtre, Bruno Ganz avait au cinéma une aura mondiale et le cinéma international ne s’est pas privé de le faire jouer, de grands rôles comme des rôles secondaires qui donnaient l’assurance aux cinéastes d’une incarnation de leurs personnages donnant de l’épaisseur au film dans sa globalité.
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Berlinale 2021 – Compétition : Ghasideyeh gave sefid (Ballad of a White Cow) de Behtash Sanaeeha et Maryam Moghaddam; une veuve dans une société corsetée et face à l’appareil d’État

La vie de Mina (Maryam Moghaddam) est bouleversée lorsqu’elle apprend que son mari Babak a été accusé à tort du crime pour lequel il a été exécuté. La bureaucratie s’excuse pour l’erreur judiciaire et propose une compensation financière  – le prix d’un homme adulte –, l’argent du sang pour se racheter de cette erreur. Comme souvent dans les films iraniens que nous voyons dans les festivals – pour reprendre la vision de Mani Haghighi – il s’agit d’un combat entre les individus et l’appareil d’État, le pot de terre contre le pot de fer. Par amour-propre, pour que justice soit rendue et pour le bien de sa fille sourde, Mina se lance dans ce combat et se heurte bien entendu  au système empreint de cynisme. Alors que l’argent commence à manquer, un étranger nommé Reza (Alireza Sanifar) se présente. Il prétend avoir une dette envers Babak qu’il veut maintenant régler. La première réaction de Mina est la méfiance, mais elle finit par laisser entrer Reza dans sa vie. Elle est loin de se douter qu’un secret les lie tous les deux.
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Berlinale 2021 – Berlinale Special : Courage du Biélorusse Aliaksei Paluyan nous entraîne dans le cœur battant de la résistance pacifique – Entretien avec le cinéaste

Le documentaire d’Aliaksei Paluyan s’ouvre sur des images de manifestations réprimées violement, il semble qu’il y a des morts et disparus. On se dit, tiens, les images semblent un peu passées de couleurs, les gens n’ont pas tout à fait l’allure de ceux d’aujourd’hui et puis tout à coup apparaît à  l’écran Loukachenko jeune ! Et on réalise que ces images n’appartiennent pas à la collection de celles que l’on voit dans nos journaux télévisés depuis août 2020 avec l’élection truquée qui vaut au pays d’immenses manifestations violemment réprimées depuis lors ainsi que le départ en exil des principales figures de l’opposition qui n’ont pas encore été arrêtées, mais fait partie de l’iconographie socio-politique de la Biélorussie depuis l’arrivée de son président-dictateur en 1996 !
Le décor est planté : la résistance à l’oppression ne date de l’été passé mais dure depuis 25 ans et nous allons suivre les manifestations récentes dans le sillage de Maryna Yakubovich, Pavel Haradnizky et Denis Tarasenka qui, il y a quinze ans, frustrés par le régime autoritaire, ont quitté le théâtre d’État de Minsk pour se produire dans le tout nouveau Théâtre libre du Belarus, avec la désobéissance civile comme impératif moral. Parallèlement aux manifestations, Aliaksei Paluyan nous fait entrer dans l’univers fascinant des répétitions – avec un metteur en scène en exil, Nokola Kalezine, qui les dirige à travers Skype –  et des représentations de la pièce jouée actuellement sur les femmes et la prison dans le Belarus contemporain, ainsi que des incises dans la vie privée des actrices et acteurs, témoignages précieux de leurs idéaux, mais aussi de leurs doutes et de leurs interrogations légitimes sur la limite qu’ils et elles doivent poser à leur courage.
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FIFDH 2021- Coronation de Ai Weiwei qui continue à faire contrepoids au discours officiel chinois, ici sur la gestion de la crise sanitaire à Wuhan

Nous sommes en janvier 2020, alors que le monde regarde avec circonspection ce qu’il se passe en Chine suite aux nouvelles alarmantes concernant la nouvelle forme de coronavirus qui ronge la ville hyper moderne de Wuhan, capitale de la province du Hubei, les autorités chinoises ferment totalement la ville et confine ses habitants. Pour savoir ce qu’il s’y passe réellement, Ai Weiwei demande, depuis son exil européen, à 12 habitant.es de Wuhan de filmer au cœur du cyclone, de donner une version intérieure, faite de chair et de sang, loin des images officielles aseptisées, de la situation, nous faisant entrer dans les hôpitaux dans le sillage des soignants, les parkings où se cachent ceux venus de la province construire l’immense hôpital et qui ne peuvent plus rentrer chez eux, les appartements confinés, les livreurs de colis et bien de première nécessité, les familles endeuillées. Ai Weiwei a reçu 500 heures d’image tournées pendant le confinement, du 23 janvier au 8 avril 2020,  à partir desquelles il a monté un film d’une heure cinquante qui donne un visage et une parole à une population balayée par la raison d’État.
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