Cannes 2019 – Sibyl de Justine Triet: de la psychanalyse sous vide en compétition

Soyons justes, le film n’a pas que des défauts : il permet de réaffirmer le talent de deux actrices – la belge Virginie Efira et l’allemande Sandra Hüller.
Une fois ceci posé, on ne peut que se demander comment ce film de Justine Triet a pu atterrir dans la sélection de la compétition officielle. Tout y est insupportable, que ce soit le scénario invraisemblable, les dialogues navrants, le jeu d’Adèle Exarchopoulos  – on en souffre d’autant plus que le contraste avec celui des deux actrices précitées est cruel, quoique nous pouvons lui reconnaître une qualité que l’on retrouve régulièrement dans ses rôles : une prédisposition naturelle aux sanglotements et à la moue – , la charge caricaturale de tous les personnages, Éros et Thanatos scandés par des scènes de sexe cathartiques…
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Après Aube dorée : une affaire personnelle, Angélique Kourounis tourne un second volet documentaire – Aube Dorée l’affaire de tous

Pendant plusieurs années, la journaliste, réalisatrice et autrice Angélique Kourounis en avait fait une affaire personnelle : déconstruire patiemment le système idéologique nazi et la machinerie opérationnelle du parti d’extrême-droite grec Aube Dorée, 3è force du pays depuis les élections européennes de 2014 et les élections législatives de 2015. Le fruit de ce travail a été un documentaire qui depuis sa sortie tourne dans toute l’Europe dans de nombreux festivals mais aussi beaucoup de salles de cinémas indépendantes où les projections ouvrent sur des débats avec la réalisatrice et des spécialistes de la question. En 2017 Angélique Kourounis avait accordé un entretien à j :mag la genèse de Aube dorée : une affaire personnelle.
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C’est dans cette lourde atmosphère qui enveloppe l’Europe qu’Angélique Kourounis, ainsi que son équipe, propose de continuer son travail sous l’angle de la résistance à opposer à l’idéologie véhiculée par ce parti. Ce second long-métrage s’intitule donc bien à propos : Aube Dorée l’affaire de tous.
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Cannes 2019 : la 72ème édition du festival s’ouvre avec la comédie horrifique et les zombies de Jim Jarmusch – The Dead Don’t Die

The Dead Don’t Die (Les morts ne meurent pas) , de Jim Jarmusch entraîne les spectateurs dans la sereine petite ville de Centerville où le panneau d’accueil à l’entrée de la ville annonce : « Centerville : the nice place to be ! » A Centerville,  il y a un commissariat qui sert aussi de morgue, un diner aux rideaux fermés, une route qui traverse la petite ville sans centre névralgique: Tout semble paisible et sans histoire dans cette localité perdue au milieu de nulle part … Pourtant, quelque chose cloche : la lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et nocturnes, les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels et finissent par disparaître. Personne ne sait vraiment pourquoi.
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Schweiz – HEKS launcht eine neue Online-Plattform für Freiwilligenarbeit im Flüchtlingsbereich: Engagiert für Geflüchtete

Viele Menschen in der Schweiz engagieren sich freiwillig für Geflüchtete. Die Plattform Engagiert für Geflüchtete möchte die Handlungsfähigkeit der Zivilgesellschaft fördern und somit die Situation von geflüchteten Menschen verbessern. Die Plattform vereinfacht die Arbeit der Organisationen und ermöglicht eine bessere Koordination.
Laut einer repräsentativen Studie im Auftrag von HEKS haben zwei Drittel der Schweizer Bevölkerung sporadisch oder regelmässig Kontakt zu Geflüchteten. Jede vierte Person, die bereits Kontakt mit Geflüchteten hatte, hat sich schon einmal ehrenamtlich für diese engagiert. Die Studienergebnisse zeigen erstmals die Dimension und das Potenzial der Freiwilligenarbeit für in die Schweiz geflüchtete Menschen. Mit der Online-Plattform für Freiwillige www.engagiert.jetzt will HEKS dieses Potenzial gezielt fördern und koordinieren.
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L’EPER lance une nouvelle plateforme de bénévolat en Suisse: Engagés pour les réfugiés

La plate-forme www.engagez-vous.ch vise à encourager l’engagement bénévole de manière ciblée et coordonnée pour favoriser l’intégration des réfugiés en Suisse.
Une enquête représentative mandatée par l’Entraide Protestante Suisse (EPER) et réalisée par DemoSCOPE auprès de plus de 1000 personnes, dessine pour la première fois les contours et le potentiel du bénévolat en faveur des réfugiés. Cette plateforme vise à encourager cet engagement bénévole de manière ciblée et coordonnée pour favoriser l’intégration des réfugiés.
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God Exists, Her Name is Petrunya (Gospod postoi, imeto i’ e Petrunija)

Ce petit bijou venu de Macédoine en compétition à Berlin et reparti de manière tout à fait scandaleuse bredouille du festival arrive enfin sur nos écrans. Il n’y a pas plus de justice dans le monde du cinéma que dans le monde réel, mais parfois des rééquilibrages bienvenus : alors que Juliette Binoche et son jury n’ont pas su reconnaître une once de qualité à ce merveilleux film – tout occupés qu’elles et ils étaient à primer des films français et/ou prétentieux, le public lui semble au rendez-vous dans les pays où il est déjà sorti.
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La preuve scientifique de l’existence de Dieu – une comédie sociale de Frédéric Baillif qui met à l’honneur des doyen.nes du militantisme pacifiste

Présenté aux Journées de Soleure 2019, au dernier Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) et avant d’être en compétition au prochain festival Aventiclap d’Avenches, La preuve scientifique de l’existence de Dieu du cinéaste genevois Frédéric Baillif fait escale à Berlin à la Brotfabrik du 26 avril au 1er mai, en compagnie de son réalisateur les 26 et 27 avril.
Un groupe d’amis à la retraite qui avaient été militants dans leur jeunesse contre le service militaire obligatoire en Suisse sont venus voir le cinéaste genevois pour qu’il fasse un documentaire sur leur combat. Fred Baillif, construit cinématographiquement dans le documentaire immersif, explore à nouveau ici, après Tapis rouge en 2014, la fiction avec laquelle il s’amuse à juxtaposer les registres, mêlant allègrement fiction, archives, fausses archives, éléments documentaires dans la fiction, improvisation, mise en abîme d’écrans et de caméras avec un film dans le film, ainsi que des comédien.nes amateur.trices et professionnel.les, avec rien de moins qu’Irène Jacob et Jean-Luc Bideau qui restent néanmoins dans la structure plus des attrapes-lumière que des protagonistes tout à fait nécessaires à la comédie sociale représentée: une histoire d’amitié scellée autour d’un combat commun. 

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Les Bienheureux (2017) de Sofia Djama : un rétroéclairage très juste sur l’actualité algérienne (2019)

L’après décennie noire inspire les jeunes réalisateur.trice.s qui depuis quelques années revitalisent le cinéma algérien (ici un article que nous avions article consacré à cette nouvelle génération). Sofia Djama, dont Les Bienheureux (The Blessed) est le premier long métrage présenté à la Mostra de Venise 2017, prend à bras le corps ce sujet qui, comme le printemps des hirondelles attendues par Karim Moussaoui (En attendant les hirondelles) la même année 2017, se retrouve directement face à l’actualité en ce début 2019. Ces deux films dépeignent une société désillusionnée empêtrée, après une décennie de terrorisme traumatisante, dans un conflit générationnel qui aliène les avancées collectives et les projets de vie individuels. Mais le verrou a enfin sauté et Sofia Djama était rayonnante à la présentation de son film ce 4 avril 2019, première projection après la démission du président Abdelaziz  Bouteflika  !

« Si mon film perd un jour de son actualité, j’en serais heureuse !»

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Amra and the Second Marriage : une satire féroce de la classe moyenne saoudienne

Second film du réalisateur saoudien Mahmoud Sabbag (Barakah Meets Barakah, 2016), cette comédie noire et amère entre de plain-pied dans le genre de la satire et lui permet de mordre à pleines dents le ridicule d’une société arc-boutée sur les apparences, le qu’en-dira-t-on et régie par les superstitions et le matérialisme. Cependant, pas d’angélisme du côté du réalisateur : tout le monde en prend pour son grade. Les imams rétrogrades et vénaux qui font leur beurre plus sur la superstition des gens que sur leur foi, les hommes lâches et hypocrites, mais aussi les femmes, jalouses, médisantes et méchantes à côté du rôle cliché mais non dénué d’une bonne part de réalité de la belle-mère cerbère de la lignée et de l’honneur de son fils, comme celui des filles d’Amra ingrates et égoïstes en passant par Amra elle-même, pétrie dans ses contradictions et enfermée dans les cloisons de sa vision de la vie.
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Regarde-moi (Look at me) du cinéaste tunisien Nejib Belkhadi – Paternité, autisme, altérité

Lofti est fier comme oscar de la future naissance de son premier enfant. Le futur père de famille, décrit dès les premières scènes comme colérique, bagarreur, hyper macho mais très protecteur et attentif à sa compagne Sophie avec laquelle il vit en France. Tout semble suivre son cours dans la meilleure direction pour le couple jusqu’au moment où le frère de Lofti l’appelle de Tunisie en lui demandant de revenir le plus vite possible. Rattrapé par sa vie antérieure, dont Sophie n’est absolument pas au courant, il se retrouve plongé dans le monde de l’autisme, celui de son fils de 9 ans Youssef qu’il n’a pas revu depuis 7 ans et celui des conflits familiaux sous-tendus plus par le qu’en-dira-t-on que par la tradition.
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