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Auteur : Malik Berkati

Cinéma / KinoCulture / Kultur

Nolan chez les dieux : une Odyssée qui a le mal de mer

L’épopée homérique version IMAX tient plus du blockbuster consciencieux que de la révélation, mais elle a le mérite de ne pas trahir l’esprit du poème.

Pour une épopée mythologique, il fallait bien du cinéma opératique hollywoodien – et Christopher Nolan ne pouvait qu’être tenté par le récit fondateur de la littérature occidentale. Face à Homère, le réalisateur ne démérite pas : on retrouve dans L’Odyssée l’esprit poétique et existentiel qui hante l’œuvre originale, celui d’un homme rattrapé par les conséquences de son passé et par le temps qui passe. Reste que le poème grec, labyrinthique par nature, sort de cette adaptation passablement dégraissé de son mystère. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

FFMUC 2026 – Von Scham und Geld (Hatixhja dhe Shabani) de Visar Morina: Une économie de la honte

Pristina, capitale kosovare gagnée par une fièvre immobilière et une brutalité économique sans fard : c’est dans cette ville-décor, filmée comme un organisme vorace, que le réalisateur germano-kosovar Visar Morina installe son troisième long métrage de fiction, Von Scham und Geld (que l’on pourrait traduire par « De la honte et de l’argent »), après Babai (2015) et Exil (2020). Après avoir remporté en janvier dernier à Sundance le Grand Prix du jury de la compétition World Cinema, il a reçu le CineMasters Award du meilleur film international au Filmfest München. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturForum citoyen / Bürgerforum

FFMUC 2026 : The Illusion of a Quiet Night d’Olga Chernykh – Filmer la vie quand la guerre ne s’arrête jamais. Rencontre

Quarante directeur·ices de la photographie, trois cents citoyen·nes ordinaires armé·es de téléphones, de GoPro et de jumelles nocturnes : c’est peu dire que The Illusion of a Quiet Night naît d’un pari logistique presque insensé. Présenté en première mondiale à Visions du Réel 2026 et récompensé d’une mention spéciale dans la compétition Burning Lights, le nouveau film d’Olga Chernykh transforme une contrainte de production en geste politique – filmer l’Ukraine en guerre non pas depuis un point de vue unique, mais depuis des centaines de points de vue, captés en une seule nuit de juillet 2025, du crépuscule à l’aube suivante. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

FFMUC 2026 – Erinnerungen eines Waldes: Zwischen Erbe, Schweigen und Kapital. Gespräch mit Katharina Rabl

Katharina Rabls Film mit Julia Windischbauer in der Hauptrolle, ihr erster abendfüllender Spielfilm nach mehreren Dokumentarprojekten, nimmt sich eines vertrauten Sujets an – der Rückkehr ins Elternhaus nach einem Todesfall – und entwickelt daraus ein Kammerspiel über Herkunft, Schuld und ökonomischen Verfall. (…)

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Berlinale 2026Cinéma / KinoCulture / Kultur

Seuls les rebelles de Danielle Arbid –  L’amour comme acte de résistance. Rencontre.

Dans un Beyrouth onirique, Suzanne (Hiam Abbass) rencontre Osmane (Amine Benrachid) après l’avoir sauvé d’une agression raciste. Osmane est soudanais, jeune, sans-papiers et à la recherche d’un avenir meilleur. Suzanne est une veuve de la classe moyenne aux racines palestiniennes, mère de deux enfants adultes et ayant bien plus du double de son âge. Ces deux âmes solitaires, marginalisées, se lient d’amitié avant qu’une relation amoureuse se forme progressivement. Est-ce une relation de convenance pour les deux, comme semblent le penser les voisin·es, ami·es, collègues et enfants de Suzanne, ou l’expression sincère d’un attachement né entre deux êtres que tout oppose en apparence ? (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Backrooms de Kane Parsons – Quand le phénomène dépasse le film

Difficile d’aborder Backrooms sans une certaine perplexité. Précédé d’une réputation invraisemblable de phénomène incontournable du cinéma d’épouvante, le film laisse pantois·e quiconque s’attendait à trembler devant l’étiquette « horreur » qu’on lui accole sans retenue. On pourrait gloser sur le fait que la génération Z s’enthousiasme – et s’effraie – facilement devant un décor de bureaux désaffectés ; ce serait toutefois oublier qu’à la fin des années nonante, la génération X s’était elle aussi infligé un traumatisme collectif comparable pour trois étudiant·es perdu·es dans les bois, caméra tremblotante au poing : The Blair Witch Project. À chaque génération son messie de l’épouvante, et les deux œuvres partagent d’ailleurs la même filiation : le found footage, un marketing viral intense et un concept résolument minimaliste. Plus qu’une révolution du genre, Backrooms rappelle surtout que l’histoire de l’épouvante populaire fonctionne souvent par cycles. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturMusique / Musik

Broken English de Iain Forsyth & Jane Pollard : l’alchimie du souvenir de Marianne Faithfull

Dans le paysage des portraits documentaires consacrés aux grandes figures de la musique populaire, Broken English surgit comme une anomalie lumineuse, une œuvre qui refuse d’emblée les catégories dans lesquelles on voudrait la ranger. Le film d’Iain Forsyth et Jane Pollard n’est ni une biographie autorisée ni un biopic convenu : c’est quelque chose de plus ambitieux. C’est un portrait – « un film d’elle, fait avec elle », selon les mots des cinéastes –, une tentative de saisir la résonance d’une vie plutôt que la vérité sèche des faits. Et en cela, Broken English réussit avec un éclat saisissant. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Disclosure Day de Steven Spielberg – Le jour de la révélation comme acte de foi en l’humanité

Soixante-deux ans de cinéma séparent le premier court-métrage tourné en Super 8 par un gamin du New Jersey et le film qui nous occupe. Disclosure Day referme une boucle. Spielberg, à 77 ans, revient là où tout a commencé – dans le ciel nocturne, parmi les Perséides, à côté d’un père qui lui montrait les étoiles. Mais il n’y revient pas en nostalgique. Il y revient en cinéaste dont les inquiétudes ont mûri avec son époque, et dont l’optimisme est devenu, en lui-même, un acte de résistance. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Love on Trial de Koji Fukada – Sous les projecteurs, les corps sous contrat

Le cinéma japonais contemporain excelle dans l’art de révéler les mécanismes de contrôle que la surface polie de la société nippone tend à invisibiliser. Avec Love on Trial, Koji Fukada – dont on connaît la veine mélancolique depuis Harmonium ou Love Life – signe une œuvre à double fond: le film se présente d’abord comme un portrait de groupe, avec une attention particulière portée aux rituels du show-business, avant de basculer vers quelque chose de bien plus froid et de bien plus implacable. Ce glissement n’est pas accidentel: il est la forme même du propos. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Bouchra de Meriem Bennani et Orian Barki – La géographie des silences

À une époque où le cinéma d’animation oscille souvent entre les superproductions calibrées et les expérimentations réservées aux cercles les plus confidentiels, Bouchra apparaît comme une proposition singulière. Coréalisé par Meriem Bennani et Orian Barki – deux artistes visuelles installées à New York, l’une née à Rabat, l’autre à Tel-Aviv –, le film refuse de se laisser enfermer dans une catégorie. Autofiction, animation 3D, prises de vues réelles, journal intime, réflexion sur le geste créatif et chronique familiale s’y entremêlent jusqu’à faire disparaître les frontières. (…)

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