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lifestyle & responsible citizenship

Auteur : Malik Berkati

Berlinale 2026Cinéma / KinoCulture / Kultur

Seuls les rebelles de Danielle Arbid –  L’amour comme acte de résistance. Rencontre.

Dans un Beyrouth onirique, Suzanne (Hiam Abbass) rencontre Osmane (Amine Benrachid) après l’avoir sauvé d’une agression raciste. Osmane est soudanais, jeune, sans-papiers et à la recherche d’un avenir meilleur. Suzanne est une veuve de la classe moyenne aux racines palestiniennes, mère de deux enfants adultes et ayant bien plus du double de son âge. Ces deux âmes solitaires, marginalisées, se lient d’amitié avant qu’une relation amoureuse se forme progressivement. Est-ce une relation de convenance pour les deux, comme semblent le penser les voisin·es, ami·es, collègues et enfants de Suzanne, ou l’expression sincère d’un attachement né entre deux êtres que tout oppose en apparence ? (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Backrooms de Kane Parsons – Quand le phénomène dépasse le film

Difficile d’aborder Backrooms sans une certaine perplexité. Précédé d’une réputation invraisemblable de phénomène incontournable du cinéma d’épouvante, le film laisse pantois·e quiconque s’attendait à trembler devant l’étiquette « horreur » qu’on lui accole sans retenue. On pourrait gloser sur le fait que la génération Z s’enthousiasme – et s’effraie – facilement devant un décor de bureaux désaffectés ; ce serait toutefois oublier qu’à la fin des années nonante, la génération X s’était elle aussi infligé un traumatisme collectif comparable pour trois étudiant·es perdu·es dans les bois, caméra tremblotante au poing : The Blair Witch Project. À chaque génération son messie de l’épouvante, et les deux œuvres partagent d’ailleurs la même filiation : le found footage, un marketing viral intense et un concept résolument minimaliste. Plus qu’une révolution du genre, Backrooms rappelle surtout que l’histoire de l’épouvante populaire fonctionne souvent par cycles. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturMusique / Musik

Broken English de Iain Forsyth & Jane Pollard : l’alchimie du souvenir de Marianne Faithfull

Dans le paysage des portraits documentaires consacrés aux grandes figures de la musique populaire, Broken English surgit comme une anomalie lumineuse, une œuvre qui refuse d’emblée les catégories dans lesquelles on voudrait la ranger. Le film d’Iain Forsyth et Jane Pollard n’est ni une biographie autorisée ni un biopic convenu : c’est quelque chose de plus ambitieux. C’est un portrait – « un film d’elle, fait avec elle », selon les mots des cinéastes –, une tentative de saisir la résonance d’une vie plutôt que la vérité sèche des faits. Et en cela, Broken English réussit avec un éclat saisissant. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Disclosure Day de Steven Spielberg – Le jour de la révélation comme acte de foi en l’humanité

Soixante-deux ans de cinéma séparent le premier court-métrage tourné en Super 8 par un gamin du New Jersey et le film qui nous occupe. Disclosure Day referme une boucle. Spielberg, à 77 ans, revient là où tout a commencé – dans le ciel nocturne, parmi les Perséides, à côté d’un père qui lui montrait les étoiles. Mais il n’y revient pas en nostalgique. Il y revient en cinéaste dont les inquiétudes ont mûri avec son époque, et dont l’optimisme est devenu, en lui-même, un acte de résistance. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Love on Trial de Koji Fukada – Sous les projecteurs, les corps sous contrat

Le cinéma japonais contemporain excelle dans l’art de révéler les mécanismes de contrôle que la surface polie de la société nippone tend à invisibiliser. Avec Love on Trial, Koji Fukada – dont on connaît la veine mélancolique depuis Harmonium ou Love Life – signe une œuvre à double fond: le film se présente d’abord comme un portrait de groupe, avec une attention particulière portée aux rituels du show-business, avant de basculer vers quelque chose de bien plus froid et de bien plus implacable. Ce glissement n’est pas accidentel: il est la forme même du propos. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Bouchra de Meriem Bennani et Orian Barki – La géographie des silences

À une époque où le cinéma d’animation oscille souvent entre les superproductions calibrées et les expérimentations réservées aux cercles les plus confidentiels, Bouchra apparaît comme une proposition singulière. Coréalisé par Meriem Bennani et Orian Barki – deux artistes visuelles installées à New York, l’une née à Rabat, l’autre à Tel-Aviv –, le film refuse de se laisser enfermer dans une catégorie. Autofiction, animation 3D, prises de vues réelles, journal intime, réflexion sur le geste créatif et chronique familiale s’y entremêlent jusqu’à faire disparaître les frontières. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Siri Hustvedt – Dance Around the Self de Sabine Lidl: une pensée en mouvement

Dans le paysage du documentaire littéraire, le portrait d’auteur·ice bute presque toujours sur la même limite : on montre des bibliothèques, des bureaux encombrés, des mains qui tournent des pages, et l’on espère que la proximité physique tiendra lieu de pensée. Sabine Lidl, qui avait déjà consacré un film à Paul Auster (Was Wäre Wenn, 2018), choisit une voie plus ambitieuse. Siri Hustvedt – Dance Around the Self ne documente pas une écrivaine : il met en scène un corpus vivant, retravaillé par les lectures à voix haute et le montage. Le résultat oscille entre chronique factuelle et quête de vérité émotionnelle – une tension que Hustvedt n’a cessé d’explorer dans ses essais comme dans ses romans, et qui structure ici l’ensemble du projet. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Cosmos de Germinal Roaux : L’alchimie des solitudes

Loin des standards de la consommation rapide, Cosmos est une œuvre exigeante qui demande – et mérite – qu’on lui accorde le temps qu’elle a elle-même choisi d’habiter. 
Le quatrième long métrage du cinéaste suisse Germinal Roaux, tourné dans le Yucatán mexicain, loin de toute image touristique ou folklorisante, propose quelque chose que l’on est tenté de nommer simplement, sans fioritures : du cinéma, dans le sens artistique du terme. Pas de la production audiovisuelle, pas du divertissement sophistiqué – du cinéma, avec ce que cela implique d’une pensée mise au travail par un sujet, de mise en scène non pas seulement de l’histoire mais du sentiment que le cinéaste veut partager avec son public. (…)

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Culture / KulturFormation / AusbildungMusique / Musik

Seiji Ozawa International Academy Switzerland 2026 – La relève internationale de la musique de chambre à Rolle

La 22e édition de la Seiji Ozawa International Academy Switzerland, devenue au fil des éditions une référence de la musique de chambre en Suisse romande, se tiendra du 1er au 13 juillet 2026 au Château de Rolle.
Un héritage façonné par Seiji Ozawa
Fondée par Seiji Ozawa, figure emblématique de la direction d’orchestre du XXe et du début du XXIe siècle, l’Académie s’enracine dans une vision profondément pédagogique de la musique. Le chef japonais, qui voyait dans l’étude du quatuor à cordes une étape indispensable pour former des artistes complets, avait choisi la Suisse pour y installer cette institution dédiée à la musique de chambre. Pour lui, apprendre à « être à l’écoute des autres » et à « respirer d’un même souffle » était la condition d’accès à l’âme de la musique, qu’il s’agisse de Mozart, de Beethoven ou de Bruckner. (…)

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Cannes 2026Cinéma / KinoCulture / Kultur

L’Objet du délit d’Agnès Jaoui – La comédie de mœurs à l’épreuve du réel

Dès son titre, L’Objet du délit pose une question épineuse : qu’est-ce, au fond, l’objet du délit ? L’accusation d’agression sexuelle qui déstabilise une production lyrique ? Le milieu artistique qui se mure dans ses silences complices ? Ou ce film lui-même, qui tente de faire cohabiter la légèreté mozartienne et la gravité du mouvement #MeToo, au risque de froisser tout le monde ? Présenté Hors Compétition à Cannes 2026 quelques jours avant sa sortie en salles, le dernier long-métrage d’Agnès Jaoui arrive dans une atmosphère électrisée par les scandales récents et les procès en cours – ce qui ne peut que teinter la manière dont on reçoit une œuvre qui a manifestement cherché, longtemps, son équilibre, sans tout à fait y parvenir. (…)

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