Alger, ville palimpseste, porte en ses murs les strates d’une histoire qui dépasse de loin le seul récit colonial et ses séquelles. Pourtant, qui s’arrête encore pour en déchiffrer les traces ? Qui regarde vraiment, au-delà du quotidien étouffant, ces éclats de mémoire qui affleurent, comme les fleurs violettes des jacarandas, ces arbres exotiques venus d’Amérique latine qui ont, mystérieusement, envahi la capitale algérienne ?
C’est cette question du regard – de ce qui se voit et de ce qui se devine – qui traverse Alea Jacarandas, le nouveau film de Hassen Ferhani, récompensé par le Prix du Jury (section Burning Lights) aux Visions du Réel de Nyon. Sous couvert d’un hommage à son père, l’écrivain et journaliste Ameziane Ferhani, mort brutalement en cours de tournage, l’œuvre devient bien plus qu’un portrait filial : une méditation sur la transmission, la résistance par l’art et cette Algérie « qui surprend », pour reprendre ses mots, mais qui se laisse rarement saisir.
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