ZFF2022 – Seire de  Kang Park : Une dépression post-partum au masculin horrifique

Pour son premier long métrage, Kang Park s’empare du cinéma de genre pour nous dépeindre la désorientation d’un père après la naissance de son fils, entre film fantastique et film d’horreur, dans un décor des plus naturalistes. Brillant !
Seire, c’est le terme qui désigne la période traditionnelle de 21 jours durant laquelle de jeunes parents doivent suivre certaines règles afin de ne pas apporter la malédiction sur leur famille et le nouveau-né. Dès la scène d’ouverture, Kang Park plonge son public dans le doute : toutes les pommes que le père coupe en deux et dont les intérieurs semblent tous marqués du rouge du pourrissement sont-elles réelles ? Le réalisateur coréen va prendre plaisir à constamment jouer avec les passages entre réalité – présente et passée –, hallucinations, rêves, ou plutôt cauchemars, la perte d’orientation de Woo-jin (Hyun-woo Seo) devenant ainsi rapidement la nôtre. (…)

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ZFF2022 – Die goldenen Jahre : Une comédie suisse qui met à mal les injonctions de vies conventionnelles

Comme nous le disions lors de la présentation du film suisse Last Dance à Locarno, la comédie est un des genres les plus difficiles à transformer en œuvre cinématographique réussie. Cette année semble être un bon cru pour les comédies suisses, Die goldene Jahre de Barbara Kulcsar en est un autre exemple. La cinéaste et sa scénariste Petra Volpe (Heidi, L’Ordre Divin) entament ces « années dorées » avec tous les clichés qui font craindre le pire : Peter (Stefan Kurt) vit son dernier jour de travail, lorsqu’il demande à la jeune femme qui le raccompagne à la sortie, il lui demande qui reprendra son bureau – « Personne, ce sera une pièce à serveurs ». (…) La suite de l’histoire va cependant s’ouvrir sur d’autres horizons, des réflexions profondes sur les projets de vie, les manières de les réaliser, les différentes configurations qui s’ouvrent à nous lorsque nous décidons de prendre des chemins de traverse. (…)

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Avec son documentaire Ennio Morricone – Il Maestro, Giuseppe Tornatore illustre comment Ennio Morricone a donné à la musique de film ses lettres de noblesse

À l’âge de huit ans, Ennio Morricone rêve de devenir médecin. Mais son père décide qu’il sera trompettiste, l’emmène aux concerts où il joue et le petit Ennio s’endort. Son père lui dit en lui donnant sa trompette :

« Avec cet instrument, je te donne le pain qui te fera manger toute ta vie. Tu feras la même chose avec ta famille, un point, c’est tout ! »

Il lui impose une discipline militaire qui portera ses fruits puisque Ennio Morricone obtient son diplôme à l’âge de seize ans. Il prend aussi des cours d’harmonie sans en suivre scrupuleusement les règles, se plaisant à ajouter des éléments, ce que note un enseignant, Roberto Caggiaro, bien avisé qui lui conseille d’étudier la composition. (…)

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Don’t Worry Darling, d’Olivia Wilde, propose un voyage dans le temps au cœur d’une société « parfaite » des années cinquante

Tout semble parfait dans le meilleur des mondes dans cette société utopique que dépeint Olivia Wilde dans Don’t Worry Darling : Alice est très amoureuse de son mari Jack (Harry Styles) qui le lui rend bien, la dévorant, au sens propre du terme, de sa passion. Alice passe ses journées à faire avec assiduité et dévotion le ménage dans leur magnifique demeure et à mitonner de bons petits plats pour son époux qu’elle accueille, en fin de journée, le sourire aux lèvres, avec un verre de whisky et des baisers passionnés… Bref, comme il est bien connu que, dans les années cinquante, tenir sa maison n’est pas harassant grâce à l’avènement bienheureux des ustensiles électroménagers, Alice est pimpante, fraîche et dispose pour le repos du guerrier, en l’occurrence son mari qui est le chef de famille par excellence. Quand ses journées, rythmées par les incitations et les recommandations du séduisant mais inquiétant responsable de cette communauté, Frank (Chris Pine), lui concèdent quelque répit, Alice retrouve ses voisines, toutes femmes au foyer, avec lesquelles elles partagent des cours de danse classique, histoire de se maintenir parfaitement en forme et séduisante pour son mari qui part tous les jours travailler et contribuer à des recherches fort mystérieuses pour l’essor et l’équilibre de la communauté. (…)

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TIFF 2022 – Autobiography de Makbul Mubarak questionne le concept de loyauté et de figure paternelle dans un contexte dictatorial

Nul besoin d’être spécialiste de l’Indonésie pour comprendre l’histoire contée par le critique de film indonésien devenu réalisateur, Makbul Mubarak. La soif de pouvoir, l’emprise d’une figure autoritaire sur son entourage, le respect instillé par la peur qu’elle inspire, en résumé des comportements largement partagé dans le monde, que ce soit dans la sphère du privé comme dans l’espace public. (…)

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TIFF 2022  : Le Lycéen, de Christophe Honoré, explore les doutes existentiels d’un adolescent endeuillé

Pensionnaire dans un internat en Savoie, Lucas (Paul Kircher) a dix-sept ans lorsque son univers d’adolescent est soudainement bouleversé et qu’il doit rentrer précipitamment auprès de sa famille. En proie à des hésitations et à des doutes existentiels, tel un animal sauvage, Lucas a besoin d’être apprivoisé par ses proches, mais aussi par son être profond, pour enfin sortir de sa chrysalide et s’assumer tel qu’il est. Entre un frère (Vincent Lacoste) installé à Paris et une mère (Juliette Binoche) avec qui il vit désormais seul, Lucas va devoir se battre pour retrouver l’espoir, la confiance en lui et l’amour. (…)

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TIFF 2022 – Riceboy Sleeps d’Anthony Shim manie avec délicatesse le fragile balancier identitaire d’un jeune Coréen-Canadien, entre intégration et acculturation

La fenêtre d’entrée de Riceboy Sleeps est un panoramique qui dégage visuellement comme auditivement un grand calme : sur un paysage de mer dont l’eau frémit à peine, surmontée d’une lune orange en son milieu, une voix off raconte en coréen les prémisses de l’histoire de So-young (Choi Seung-yoon) et de son fils Dong-hyun. Quelques plans entre mer et montagne en Corée du Sud, quelques phrases suffisent à Anthony Shim pour donner le ton de son second long métrage, celui de la sensorialité. (…)

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TIFF 2022 : La Hija de todas las rabias (Daughter of rage), de Laura Baumeister, immerge le public au cœur du quotidien éprouvant d’une mère et de sa fille pré-adolescente, issues du quart-monde

Dans ce premier long métrage intitulé La Hija de todas las rabias (Daughter of Rage), présenté en première mondiale au 47e Festival du film de Toronto (TIFF), à Toronto, Laura Baumeister décrit le quotidien déchirant, mais étrangement poétique d’une fillette emplie de volonté, de pugnacité pour survivre. (…)

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48e édition du Festival du cinéma américain de Deauville

Créée en septembre 1975, la fête du septième art du Nouveau monde, présentée à Deauville, est toujours attractive et inventive. La dernière édition qui a eu lieu entre 2 et 11 septembre a confirmé la puissance et la diversité du cinéma américain indépendant, sa grande qualité et son impeccable choix de ses sujets et thèmes. (…)

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Le cinéma helvétique doublement endeuillé : Alain tanner tire sa dernière révérence, Jean-Luc Godard lui emboîte le pas

Le cinéaste Alain Tanner, décédé ce dimanche 11 septembre 2022, à l’âge de nonante-deux ans, était l’un des éminents représentants du cinéma suisse dans son pays comme à l’étranger. Reconnu internationalement, Alain Tanner a été à l’origine du nouveau cinéma suisse dans les années septante. (…)

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