Avec Chroma, second long-étage de Jean-Laurent Chautems, le cinéaste crée un univers troublant et imprévisible qui entraîne le public dans les méandres de deux âmes brisées. Rencontre

Claire (Solène Rigot) est une jeune femme extravertie dont le constant enthousiasme et les rires cachent une profonde tristesse. Elle emménage dans un nouvel appartement et trompe sa solitude en observant ses voisins dont un vieux professeur universitaire (Patrick Chesnais) dont elle se met à suivre frénétiquement les cours en auditrice libre. Son attention est captée par Alain (Aurélien Caeyman), un homme aux étranges phobies et aux tocs surprenants pour lequel elle se prend d’affection. Tel un Saint-Bernard, elle veut le sauver, mais Claire se heurte à la constante prise de distance, courtoise, d’Alain qui s’évertue à éviter toute relation affective. Pour éviter d’affronter son lourd passé, la jeune femme à l’humeur en montagnes russes se met, avec volonté, voire pugnacité, en tête de séduire cet étrange voisin. Ainsi, une improbable histoire d’amour singulière entre ces deux âmes esseulées et meurtries va naitre… Mais suffira-t-elle à les sauver d’eux-mêmes ? (…)

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Avec son nouveau roman, Lisa Neumann, Michèle Kahn part sur les traces des fonds juifs en déshérence en Suisse

Lisa Neumann est la fille de Walter Neumann, héros du roman Shanghaï-la-Juive (1997), qui relate l’histoire des Juifs traqués en Europe par les nazis qui avaient trouvé refuge dans cette ville où l’on pouvait entrer sans visa. Nous sommes à Hong Kong, le 1er juillet 1997, jour de la rétrocession de la colonie britannique à la Chine. Sous une pluie torrentielle, la fête bat son plein, mais pour Lisa, impossible de participer aux réjouissances : depuis vingt-quatre heures, son père, Walter Neumann, patron d’un empire de presse au passé tumultueux, a disparu ! L’enquête du commissaire Chu piétine, sa famille le croit mort alors que Lisa est persuadée que Walter est encore vivant. À l’aide des carnets de son père, elle va mener sa propre enquête qui la mène à Zurich sur les traces d’un ancien bourreau nazi. Là, elle sollicite l’aide d’un avocat réputé, maître Stefan Meier, un amour de jeunesse. Les deux jeunes gens vont rapidement être pris dans le tourbillon d’un odieux épisode de l’histoire suisse : les fonds juifs en déshérence. (…)

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La Fondation Gianadda propose une exposition exceptionnelle des clichés d’Henri Cartier-Bresson, issus de la collection Sam Szafran – Rencontre (audio) avec Jean-Henry Papilloud, commissaire de l’exposition

La nouvelle exposition, intitulée Henri Cartier-Bresson et la Fondation Pierre Gianadda, révèle l’imposant travail de l’un des plus grands photographes du XXᵉ siècle, révélant des pans méconnus de sa carrière à travers des clichés et qui n’avaient jusqu’alors jamais été développés. En collaboration avec la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris, cette exposition invite le public à découvrir les chapitres majeurs de l’œuvre d’Henri Cartier-Bresson, entre clichés de voyages en Afrique subsaharienne, plus précisément en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Togo et au Soudan français, en Inde, aux Mexique aux États-Unis, en Espagne et à Moscou ainsi que des portraits d’artistes saisis à l’instant idéal par le photographe à l’instar d’Henri Matisse dans son atelier niçois, d’Edith Piaf, de Raymond Queneau qui survole de manière magique une flaque d’eau, d’Alberto Giacometti, entre autres… Les visiteurs ne seront pas au bout de leur surprise au fil des clichés exposés ! (…)

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Théâtre de l’Orangerie de Genève Saison #5 – Ouverture avec la création Fabula rasa, prélude à une programmation en rhizome

L’été, au Théâtre de l’Orangerie (TO), se décline cette année en douze spectacles de théâtre et jeune public, dont quatre créations, cinq expositions, dix-sept concerts et soirées DJ, dix ateliers, une buvette et restauration végan (ouvert toute la journée), un jardin potager, entre autres. Dans le cadre idyllique du Parc La Grange, l’occasion de mêler rencontres conviviales, culture et réflexions. À quelques encablures du TO, la Scène Ella Fitzgerald propose gratuitement une série de concerts de tous genres, allant de l’Afrobeat à l’Orchestre de la Suisse romande, en passant par Henri Dès ou du Folk japonais ! (…)
Dans cette optique, l’ouverture de la saison est spectaculaire. Une pièce de théâtre multimédia, post-dystopique qui nous entraîne sur la trace du vivant à travers deux comédiennes et leurs figurines placées sur des maquettes, filmées en direct par la vidéaste Erika Irmler. Cette fable du genevois Arthur Brügger, mise en scène par Bartek Sozanski, dépeint un monde en ruine dans lequel deux femmes, Alix et Léa, font un bout de chemin ensemble. Léa (Valérie Liengme) se rappelle du temps d’avant, celui dans lequel nous nous trouvons, nous spectatrices et spectateurs, avec ses injonctions dérisoires de sauver la planète en urinant sous la douche, par exemple. Percluse de culpabilité, appartenant à la génération « fin du monde » Léa est soulagée quand cette fin advient : elle peut reposer sa conscience et revivre dans ses souvenirs tous les bons moments qu’elle a vécus. La plus jeune, Alix (Giulia Crescenzi), veut aller de l’avant, poursuivre sa quête d’eau et d’endroit fertile où replanter la vie. Pour ce faire, elle doit se fier à Léa, qui connaît le territoire et sait où se la rivière. (…)

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Das Festorchester des Lucerne Festivals überrascht erste gleichgeschlechtliche Ehepaare der Schweiz mit «Hochzeitsmarsch für alle»

Nachdem im letzten Herbst die Schweiz mit rund 64% Ja zur «Ehe für alle» sagte, trat diese am 1. Juli in Kraft. Wie so oft dauert es in der Schweiz länger als anderswo, bis gesellschaftliche Fortschritte erzielt werden, doch wenn sie einmal erreicht sind, sind sie stark und dauerhaft: Der Vorteil eines halbdirekten Demokratie Systems, das die Bürgerinnen und Bürger in den Aufbau einer modernen Gesellschaft einbezieht. Wie uns die Nachrichten jeden Tag beweisen, ist dies nicht überall der Fall –schlimmer noch, in der letzten Woche haben wir erleben müssen, dass demokratische Gesellschaften in Bezug auf soziale Errungenschaften und Grundrechte stark zurückfallen können. (…)

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Théâtre de Carouge : la saison 2022-2023, déclamée par le directeur des lieux, Jean Liermier, sera « libre et sauvage » – Rencontre

Pour le plus grand bonheur des Carougeois, mais aussi des équipes du Théâtre de Carouge, des artistes et du public, Jean Liermier, directeur général du Théâtre de Carouge, a été récemment reconduit pour trois ans dans ses fonctions par le Conseil de Fondation du Théâtre de Carouge qui affirme « qu’il a su conduire l’institution au plus haut niveau de la création artistique en s’adjoignant une équipe d’exception et réunissant pour chaque spectacle les meilleurs talents ». En ce samedi 25 juin 2022, sous un soleil resplendissant, les festivités battent leur plein : un préposé à la musique assure une animation musicale accueillante, mêlant des morceaux pop, de la musique ethno, des classiques du rock, entre autres; un food-truck invite à la gourmandise, des ballons bigarrés décorent le lieu et toute l’équipe du Théâtre de Carouge arbore soit des canotiers pour les hommes, soit des coiffes exubérantes et satinées pour certaines femmes alors que d’autres ont opté pour des couronnes de fleurs rouge carmin. C’est jour de fête et le mot est bien passé : les inconditionnels du Théâtre sont là pour découvrir le programme de la prochaine saison mais certains badauds, attirés par l’ambiance festive qui règne sur la place devant l’entrée du théâtre, sont venus s’enquérir et prendre un dépliant contenant le programme de la saison 2022-2023 à défaut d’obtenir le sésame pour les deux présentations, à 11 h et à 19 h, par Jean Liermier, sur la scène de la Grande Salle. (…)

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FFMUC2022 –  Quantum Cowboys, un western disruptif protéiforme. Rencontre avec son réalisateur, Geoff Marslett

Première partie d’une trilogie intitulée The Arizona Antilogy (L’antilogie de l’Arizona), Quantum Cowboys est un objet cinématographique original qui concentre dans ses 99 minutes toutes les techniques possibles de rendu visuel, allant de l’animation par rotoscopie aux prises de vue en 16mm, en passant par le stop motion ou les collages, 12 différentes techniques au total. Les sauts quantiques dans l’espace et le temps du scénario apposent à cette œuvre un narratif disruptif qui entraîne le public dans le sillage d’intention du réalisateur texan (Mars, 2010 ; Loves Her Gun, 2013) qui s’intéresse à la manière dont l’exploration de notre univers nous change, nous et le lieu que nous explorons. À l’apparence expérimentale, ce western n’implique pas que nous soyons particulièrement instruit.es en physique, en philosophie ou en art cinématographique, Geoff Marslett alliant dans sa forme et son contenu les deux piliers du quantum, de manière à ce que sa réception soit plus instinctive, sensorielle que cérébrale…  Il faut tout de même accepter d’entrer dans ce concept et de s’y laisser porter, cette prémisse étant en contradiction avec sa conséquence, mais nous ne sommes pas à un saut quantique près ! (…)

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Elvis, de Baz Luhrmann, présenté hors compétition à Cannes, était incontestablement l’événement de cette 75ᵉ édition – Le film sort sur les écrans romands

Baz Luhrmann a habitué les cinéphiles aux grands spectacles : on songe à Moulin rouge (2001) ou plus récemment à Gatsby le magnifique (2013). Pour ce biopic très attendu, consacré à Elvis, le cinéaste a choisi de présenter la vie et l’œuvre musicale d’Elvis Presley à travers le prisme de ses rapports complexes avec son mystérieux imprésario, le colonel Tom Parker (Tom Hanks), du nom sous lequel il se présentait mais qui n’était son nom de naissance. C’est d’ailleurs avec sa voix off du Colonel Parker que le film s’ouvre, accompagnant des images montrées par le prisme d’un kaléidoscope, alors qu’il relate comment il a créé Elvis Presley, l’homme de la scène, le sex symbol adulé par toutes les femmes, et par certains hommes, à travers les États-Unis puis à travers le monde. (…)

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El buen patrón (Le bon patron), de Fernando León de Aranoa, brosse le portrait d’un patron paternaliste avec autant d’humour que d’observation réaliste

Un ex-employé viré qui proteste bruyamment et campe devant l’usine avec moult banderoles et mégaphone; un gardien d’usine, Miralles (Manolo Solo) qui sympathise avec le contestataire ; un contremaître, José (Óscar de la Fuente), qui met en danger la production parce que sa femme le trompe ; un responsable d’atelier maghrébin, Khaled (Tarik Rmili) pour donner bonne conscience au patron ; une stagiaire, Liliana (Almudena Parejo Amor), tellement irrésistible… (…)

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Die Akademie der Künste (AdK) fordert erneut Freilassung Julian Assanges

(…) In einem Brief an die Beauftragte der Bundesregierung für Kultur und Medien, Staatsministerin Claudia Roth, hat sich Akademie-Präsidentin Jeanine Meerapfel tief besorgt über die aktuelle Entwicklung im Fall Assange gezeigt. Sie wiederholte die Forderung der Akademie der Künste, dass sich die deutsche und die europäische Politik für die Freilassung des Journalisten, Publizisten und Verlegers vehement einsetzen solle. (…)

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