We Have Boots d’Evans Chan – L’actantiel du mouvement de protestation hongkongais de 2014 à aujourd’hui

We Have Boots reprend la structure narrative et le parti pris cinématographique de Raise the Umbrellas (2016) qui documente avec précision le mouvement de 79 jours qui avait fait trembler le gouvernorat d’Hong Kong en 2014 tout en contextualisant  le soulèvement. Nous avions rencontré le cinéaste Hongkongais en 2018 pour ce film.

Tout en revenant sur le mouvement des  parapluies de 2014 pour le suffrage universel, We Have Boots se concentre sur l’ère post-parapluie et des conséquences que ce mouvement ont eues sur la population, sur les manifestants et sur leurs chefs de file qui ont subi des poursuites judiciaires en emprisonnement, des disqualifications politiques, ainsi que  sur la résurgence des protestations massives de 2019.
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46e édition du Festival du cinéma américain de Deauville – sous le signe de Spartacus

La ville de Deauville, le Public Système Cinéma et le Centre International ont eu assez du courage et d’énergie pour risquer d’organiser cette manifestation du septième art américain, unique en Europe.
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La 32e édition du festival international du court métrage Filmfest Dresden prime un film canadien bouleversant – Physique de la tristesse de Theodore Ushev et un film allemand explosif – Masel Tov Cocktail d’Arkadij Khaet et Mickey Paatzsch

C’est avec un mélange de bravoure et de décontraction que les équipes du festival international du film court de Dresde ont livré une très réussie 32e édition, contre et vents et marées pandémiques. Repoussé d’avril à septembre, le festival n’a en aucune manière perdu de ce qui fait son charme : être un lieu de convivialité où les amoureux du cinéma peuvent échanger et se rencontrer sans protocole paralysant. Cette édition 2020 a démontré, s’il en est encore besoin, à quel point les rencontres culturelles sont importantes, non seulement pour ses côtés sociabilisant mais également pour tous les échanges d’impressions, de partages d’émotions, de découvertes de nouvelles perspectives, de nouveaux points de vue et horizons, ce qui, seul face à son écran, reste très limité et biaisé par la bulle qui se forme. La culture n’est jamais aussi pertinente que lorsqu’elle est vécue en collectivité.
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Mostra 2020 : Le film iranien Careless Crime (Jenayat-e bi deghat), de Shahram Mokri, remporte le Bisato d’Oro Award du meilleur scénario original à la 77ème Mostra del Cinema

Le prix Bisato d’Oro (Golden Eel), le prix du cinéma indépendant, a été remis à Shahram Mokri ce vendredi 11 septembre.

Pour le jury

Shahram Mokri relie le passé au présent et un film dans un film dans un labyrinthe déplaçant qui est tout aussi fascinant et dérangeant. Le cinéma lui-même s’avère être la magie qui peut sauver l’humanité.

Ils concluent par

Quelle incroyable course ambitieuse et intrépide. Quel chef-d’œuvre !
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Mostra 2020 : Paolo Conte, via con me (it’s wonderful), de Giorgio Verdelli, propose un passionnant documentaire sur la carrière de l’artiste

Sur le Lido, Paolo Conte, via con me (it’s wonderful), de Giorgio Verdelli, présenté hors compétition au Festival de Venise, rend honneur au chanteur-compositeur italien entouré d’une palette d’artistes.

Giorgio Verdelli décrit son film comme

un chemin pour raconter un morceau important de notre expérience émotionnelle, à travers les déclinaisons sentimentales infinies que les chansons de Paolo Conte ont assumées dans notre imagination.
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Mostra 2020 : Jenayat-e bi Dechat (Careless Crime), de Shahram Mokri ou quand l’histoire contemporaine relit/relie le passé à travers un acte criminel

Le film s’ouvre sur trois hommes qui discourent sur les distances entre les sièges d’une salle de cinéma puis la caméra de Shahram Mokri suit un homme dans la fleur de l’âge mais qui a l’air maladif. Ce dernier entre dans une pharmacie et présente une ordonnance à un pharmacien, hors champ, qui refuse de lui procurer ce médicaments qui figure sur une liste étatique qui l’interdit. L’homme semble être résigné puis revient s’enquérir. Le pharmacien lui suggère de se rendre au musée des Beau-Arts.
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Mostra 2020: Mama (Ma ma he qui Tian de shi Jian) de Li Dongwei présenté aux Giornate degli Autori

Mama raconte ce qui se passe pendant sept jours dans un village en Chine rurale dans les années 1990. Il représente la mémoire de Xiaoxian, une fille de douze ans, sa famille et son village. En sept jours, elle témoin de deux naissances et de trois décès dont la mort de sa propre mère qui meurt en donnant naissance à sa quatrième sœur.

Le film de Li Dongwei s’ouvre sur un plan qui dévoile la campagne luxuriante et verdoyante. Le chant des cigales domine le paysage et on distingue, au loin, une fillette vêtue de blanc, se frayant un chemin dans les hautes herbes. On perçoit le bourdonnement d’insectes et le sifflement de quelques oiseaux : c’est l’été à la campagne.
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Mostra 2020 : la Lithuanie concourt dans la section Orizzonti avec The Flood won’t Come de Marat Sargsyan

L’Institut Lituanien de la Culture et le Centre du Film Lituanien au 77e Festival du Film de Venise avec Places (Orizzonti) et The Flood won’t Come (Le déluge ne viendra pas) de Marat Sargsyan.

Le film s’ouvre sur une vie panoramique de renforts alpins … On croirait survoler l’Himalaya. La caméra axée sur l’écran bleu ciel ou le bleu du ciel s’approche progressivement, lentement. Le ciel bleu et lumineux cède sa place à une sorte de yourte cachée dans les flancs enneigés. A l’intérieur de l’antre au décors austère et épuré, un homme âgé, agenouillé, peint des calligraphies sur de grandes feuilles, aux côtés d’un bonzaï. Ce vieux moine japonais se lève de sa planche de travail pour nous rappeler :
Tout le monde savait que la guerre était terminé mais ils ont quand même choisi de lâcher la bombe.
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The Professional – Rétrospective Michael Mann du 11 au 30 septembre au Kino Arsenal de Berlin

Michael Mann est probablement l’un des scénaristes, réalisateurs et producteurs américains le plus connus par les titres de son travail télévisuel et cinématographique plutôt que par son nom: en effet, qui n’a jamais vu – ou du moins entendu parler – de Miami Vice, Starsky & Hutch ou Collateral avec Tom Cruise?
Mais au-delà de ces titres populaires et emblématiques, Michael Mann a produit une œuvre de genre emprunt d’un style qui privilégie le détail sensoriel (sons et musique, jeux de cadres et de perspectives, décors, …). Ces éléments sont part entière de la dramaturgie et du narratif où les personnages sont taillés dans une complexité psychologique pluridimensionnelle. L’œuvre de Mann est traversée par des destins masculins contrariés qui se heurtent aux murs de leur réalité qui les empêchent de s’élever au niveau de leurs aspirations.
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The Professional – Retrospektive Michael Mann 11. bis 30. September 2020 im Kino Arsenal Berlin

Michael Mann ist wahrscheinlich einer der bekanntesten amerikanischen Drehbuchautoren, Regisseure und Produzenten, eher durch die Titel seiner Fernseh- und Filmarbeiten als durch seinen Namen: Wer hat in der Tat noch nie Miami Vice, Starsky & Hutch oder Collateral mit Tom Cruise gesehen – oder zumindest davon gehört?
Aber über diese populären und emblematischen Titel hinaus hat Michael Mann ein Werk in einem Genrekino-Stil geschaffen, der sinnliche Details (Geräusche und Musik, Rahmen und Perspektiven, Farben, Szenerien, …) bevorzugt. Diese Elemente sind in seinem Werk ein integraler Bestandteil der Dramaturgie und der Narrative, in der die Figuren aus einer mehrdimensionalen psychologischen Komplexität herausgeschnitten werden. Das Werk von Mann wird von vereitelten männlichen Schicksalen durchzogen, die auf die Mauern ihrer Realität stossen, die sie daran hindern, auf das Niveau ihrer Sehnsüchte aufzusteigen.
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