Marche et démarche. Une histoire de la chaussure au Musée des Arts Décoratifs de Paris jusqu’au 23 février 2020

L’exposition consacrée à  l’histoire de la chaussure ouverte jusqu’à 23 février au Musée des Arts décoratifs à Paris clôt la série des relations entre le corps et la mode, commencée en 2013.

Quel fut le statut de la chaussure du Moyen Moyen-âge à d’aujourd’hui est la question centrale que se sont posé les commissaires de l’exposition orchestrée par le scénographe Eric Benque en réussissant à rassembler près de 500 exemplaires de cet accessoire indispensable.

L’idée de l’exposition est apparue lors d’une étude sur les chaussures de Marie-Antoinette datant de 1792. Étonnés par sa longueur de 21cm ce qui correspond à la taille 33 et 5 cm de large, les spécialistes ont voulu déchiffrer comment une adulte de 37 ans a pu les porter!

— Chaussure de Marie-Antoinette, 1792 – Paris, Musée des Arts Décoratifs
© MAD Paris / photo : Christophe Dellière

La longue histoire de la chaussure

Après de nombreuses recherches, ils ont compris que les aristocrates du 17ème siècle et la haute bourgeoisie du 19ème siècle, ne marchaient pas beaucoup. De plus les femmes avaient les pieds bandés pour arrêter leur grandissement, coutume bien gardée et peu révélée.

L’exposition analyse les marches quotidiennes en Europe, Asie, Afrique ou Amérique montrant que l’environnement était décisif, surtout celui des sols qui ont modifié la marche et imposé les chaussures adaptées aux circonstances environnementales.

Sous l’Occupation la semelle en bois a été  inventée, imposant une démarche bruyante et saccadée.

De nombreuses photos, dessins et images exposent les petits pieds chinois; plusieurs moulages et caricatures de lotus d’or chinois, ainsi que différentes formes des chaussures.

La salle devenue salon d’essayage pour l’occasion, invite le visiteur à participer à la performance. Le bottier Fred Rolland a refait huit modèles d’anciennes chaussures et les confie au public, sans problèmes.

 

Les chaussures de sport ou de danse font partie intégrante de l’exposition, mais aussi le chausson de pointe.

Alexis Gaudillot a été l’extraordinaire créateur des chaussures militaires au 19 siècle. L’exposition montre également de très intéressantes chaussures comme celles de clowns, celles de Charlie Chaplin, les talonnières d’Hermès et les bottes de sept lieues.
Les élégantes chaussures en cuir avec de très hauts talons, les bottes lacées bien haut représentent les coutumes des maisons closes du 19ème siècle et  les démarches imposées aux “filles” vendant leurs charmes.

Accessoire pour toutes les occasions

A voir également la collaboration peu connue entre David Lynch et Christian Louboutin qui a demandé au célèbre cinéaste de photographier les danseuses du Crazy Horse en souliers à talons vertigineux.

Une extraordinaire sélection de chaussures qui marchent dans le temps, des années 1990 à  nos jours met en exergue des spécimens qui ne permettent pas de marcher! Il faut deviner les motivations des créateurs actuels, penchés sur les arts plastiques et sans grandes connaissances du métier de bottier.

Benoît Méléard, Masaya Kushino ,Noritaka Tatehana, Iris van Herpen, Alexander Mc Queen qui avancent les souliers dans lesquelles personne ne peut faire un pas!

Mais l’exposition ne fait pas qu’une approche détaillée d’accessoire de mode: elle nous dévoile les avantages et mystères d’une chose que nous portons tous les jours, et dont, au fond, nous ne savons pas grand chose.

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Djenana Djana Mujadzic

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