Cittadini del mondo, le nouveau film de Gianni Di Gregorio avec Gianni Di Gregorio, Ennio Fantastichini, Giorgio Colangeli

On n’est jamais trop vieux pour changer de vie. C’est ce que prouve le nouveau film de Gianni Di Gregorio, Cittadini del mondo (Citoyens du monde), dont le titre provisoire était Lontano lontano (littéralement  : Loin loin; une envie d’horizons lointains qui anime tout le film de Gianni Di Gregorio).

— Ennio Fantastichini, Gianni Di Gregorio, Giorgio Colangeli – Cittadini del mondo
© BIBI Films

Qu’on ne soit jamais trop vieux, c’est en tout cas ce qu’espèrent Attilio, Giorgetto et le Professeur, trois sexagénaires romains dont les vies sont désastreuses pour différentes raisons, et qui décident donc d’abandonner leur routine, ainsi que leur quartier, pour s’en aller vivre à l’étranger.

Mais où à l’étranger ?

Voilà la question, la première d’une longue série de questions existentielles à résoudre mais le Professeur (Gianni Di Gregorio), retraité depuis une vie passée à enseigner le latin et le grec, s’ennuie à mourir tandis que Giorgetto (Giorgio Colangeli), au bas de l’échelle du peuple de Rome, n’a jamais assez d’argent pour finir le mois et qu’Attilio (Ennio Fantastichini, décédé en décembre 2018) , ancien hippie qui vend des objets d’occasion, voudrait revivre les émotions des voyages faits dans sa jeunesse. Tous trois sont bel et bien décidés à changer de vie et ils vont y arriver, même si ce n’est pas comme ils s’y attendent.

Le trio va solliciter l’avis éclairé d’un médecin, le Professeur Federmann (Roberto Herlitzka) qui fait restaurer , par l’intermédiaire de sa femme, des meubles et objets anciens par Attilio. Le Professeur Federmann semble très au fait des destinations les plus agréables à vivre, au niveau de vie très accessible – dont l’indicateur est le prix de la bière. Il leur recommande Bali mais leur indique qu’à cause des impôts, il faut épouser une Balinaise. Il leur mentionne Genève mais indiique aussitôt que la bière y est hors de prix. Il finit par leur recommander les Açores.

Giorgetto, toujours fauché, a le coeur sur la main pour venir en aide au jeune réfugié malien Abu (Salih Saadin Khalid) qui vient se doucher chez lui fréquemment. Il lui paie un café et un panino et ses deux amis, il Professore et Attilio, se mettent à en faire autant. Attilio propose par exemple à Abu de l’aider à décharger des meubles en le ayant vingt euros. Mais aucun des trois retraités ne songent à demander au jeune homme où il dort ? Ils tomberont des nues quand le jeune homme leur racontera que ses parents ont été tués devant son frère et lui. Il leur confiera qu’il économise pour rejoindre son frère étatli au Canada.

Cittadini del mondo, scénarisé par Di Gregorio avec Marco Pettenello, est interprété par le réalisateur lui-même, comme tous ses films, ainsi qu’Ennio Fantastichini et Giorgio Colangeli. Ce quatrième long-métrage du cinéaste romain est d’une italianité savoureuse et qui sent bon la dolce vita et le farniente de la péninsule.

Le tournage de Citoyens du monde a eu lieu à Rome, ville fétiche de Gianni Di Gregorio que nous connaissons bien comme nous l’avions rendontré pour ses précédents films, tous distribués en Suisse.

Gianni Di Gregorio a organisé le scénario de nombreux films, offrant sa contribution en tant qu’acteur et réalisateur du film Pranzo di ferragosto (2008), Gianni e le donne (2011), Buoni a nulla (2014).

Parmi ses scénarios les plus populaires, citons Gomorra, Gianni et les femmes, Il semble mort … mais il s’est seulement évanoui et Station service.

 

Cittadini del mondo dépeint avec subtilité, charme, poésie et surtout un humour d’une grande finesse, l’histoire de ces trois amis romains de septante ans, Attilio, Giorgetto et le professeur, très différents les uns des autres mais similaires en termes de destin et de  souhaits. Gianni di Gregorio sait aborder des thèmes universels par le biais de protagonistes proches des spectateurs auxquels ceux-ci peuvent d’identifier. Attilio, décrit comme un non-conformiste, est un vieil homme désireux de revivre ces expériences typiques de la jeunesse : qui ne se reconnaitrait pas en lui et la nostalgie de l’insouciance de ses primes années ?
Giorgetto est un employé, dernier bastion d’un  temps révolu, qui vit dans la misère et a du mal à joindre les deux bouts : un profil qui, malheureusement, est de plus en plus fréquent de nos jours. Le professeur est précisément un professeur de latin à la retraite, résigné à l’ennui total, en mal de contact avec ses étudiants; d’ailleurs, quand il en rencontre un, il revit aussitôt ses enseignements et ses échanges avec ses auditoires d’étudiants.

Un jour, ils prennent une décision qui changera radicalement leur vie : qui n’a pas connu de telles envies ? Qui n’a pas ressenti l’envie, le désir fou d’abandonner sa routine quotidienne de quartier et partir à l’étranger pour tout recommencer … Certains ont même osé franchir le cap pour recommencer une nouvelle vie ailleurs, sous d’autres latitudes.

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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