Fernando Solanas, cinéaste, documentariste, homme politique et activiste argentin laisse l’humanité orpheline d’un défenseur des arts et des justices

L’ambassadeur d’Argentine auprès de l’UNESCO, Fernando “Pino” Solanas, est décédé le 6 novembre 2020 à Paris, en France, où il recevait un traitement contre le coronavirus. Les messages de sympathie ont afflué du monde entier, à commencer par l‘Argentine, pays où est né Fernando Solanas le 16 février 1936, à à Buenos Aires dont les natifs s’appellent los Porteños. Le Palacio San Martín, le Ministère argentin des Affaires étrangères, situé dans le quartier de Retiro, à Buenos Aires, commentant la mort du cinéaste et activiste sur son compte Twitter officiel (…)
Connu pour son appartenance au groupe Proyecto Sur, mouvement politique, social et culturel en Argentine, d’orientation nationale, de ligne politique de centre-gauche, progressiste et lié à l’écologie politique, Fernando Solanas en était la principale référence au niveau national.
Fernando “Pino” Solanas laisse un héritage caractérisé par sa vie de militantisme, qui s’est déroulée à travers son action politique passionnée et son travail artistique à contenu social, mettant son art et sa vie au service de son pays qu’il souhaitait meilleur après les vicissitudes et exactions commises sous la dictature. Ses idées politiques marquent sa performance publique, à la fois en tant que cinéaste, où il se distingue avec une dizaine de films à succès à fort contenu social, jusqu’à sa participation à la politique.
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[Audio] Rencontre avec Jean Liermier, directeur du Théâtre de Carouge, pour la présentation de la saison 2020-2021, entre autres …

Comme à chaque début de saison, j:mag souhaitait rencontrer Jean Liermier, directeur du Théâtre de Carouge depuis 2008. Cette année, cette rencontre était d’autant plus attendue que la saison 2019-2020 avait dû être suspendue au printemps en raison de la pandémie.
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Malgré ce contexte difficile durant lequel Jean Liermier doit se battre pour défendre l’accès de ses comédiens aux indemnité de chômage, il a trouvé du temps à nous accorder en tant que directeur du Théâtre de Carouge pour nous exposer la saison 2020-2021 en nous mettant l’eau à la bouche car Jean Liermier aime que « le public ait faim de théâtre ! »
Mais c’est aussi en tant que président de la Fédération romande des métiers de la scène que Jean Liermier nous a reçus dans le foyer chaleureux de la petite Salle sis rue Ancienne.
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Le Festival de Locarno a un nouveau capitaine au gouvernail : Giona A. Nazzaro a été choisi en qualité de directeur artistique

En septembre dernier, l’annonce avait suscité moult interrogations quand un communiqué laconique apprenait à la presse le divorce entre le Festival de Locarno et Lili Hinstin. Le Festival comme Lili Hinstin parlaient alors de divergences stratégiques, qui les avaient poussés à se séparer d’un commun accord. Nadia Dresti avait été nommée responsable par intérim de la direction artistique du festival. Les élucubrations allaient bon train dans la communauté journalistique.

En sa séance du mercredi 4 novembre 2020, le Conseil d’administration du Locarno Film Festival a décidé de nommer, à l’unanimité, Giona A. Nazzaro en qualité de directeur artistique du Locarno Film Festival.
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Master Cheng, de Mika Kaurismäki : dégustation d’un won sino-lapon fait de respect mutuel, de bienveillance, le tout enrobé de paysages à la beauté picturale

[EDIT: Suite aux mesures sanitaires de chaque cantons, le film sort dans les cantons romands où les lieux culturels ne sont pas impactés par les mesures, il sortira sur les autres écran romands lorsque les mesures seront levées., N.D.L.R.]

Voici les ingrédients que propose Master Cheng (Masteri Cheng), le dernier opus de Mika Kaurismäki : cuisine chinoise, paysages de Laponie, rencontre de deux cultures différentes, amitié, amour.

Après la mort de sa femme, le chef professionnel Cheng (Chu Pak Hong) quitte la trépidante Shanghai pour se rendre à Pohjanjoki, un minuscule village du Nord de la Finlande, à la recherche d’un certain Fongtron. Ce quadragénaire débarque donc avec son jeune fils, Nunjo (Lucas Hsuan), dans ce village isolé de Finlande pour rencontrer ce vieil ami finlandais qu’il a rencontré à Shanghai et qui lui a sauvé la mise dans le passé. À son arrivée, personne dans le village ne semble connaître son ami mais la propriétaire du café local Sirkka (Anna-Maija Tuokko) lui propose un hébergement et, en contrepartie, Cheng l’aide dans la cuisine en surprenant les habitants avec les saveurs exotiques de la cuisine chinoise qui ravissent les palais lapons.
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Miss, de Ruben Alves, ou comment se sentir plus fort dans le genre opposé au sien

Alex, petit garçon gracieux de neuf ans qui navigue joyeusement entre les genres, a un rêve : être un jour élu Miss France. Quinz ans plus tard, Alex (Alex Wetter) a perdu ses parents et sa confiance en lui et végète dans une vie monotone. Une rencontre imprévue va réveiller ce rêve oublié. Devenu un magnifique jeune homme androgyne à la beauté hellénique, Alex décide alors de concourir à Miss France en cachant son identité de garçon. Beauté, excellence, camaraderie… Au gré des étapes d’un concours sans merci, sus la houlette d’Amanda (Pascale Arbillot) et aidé par une famille de cœur haute en couleurs, Alex va partir à la conquête du titre, de sa féminité et surtout, de lui-même …
Pour réaliser ce rêve, Alex doit d’abord franchir la première étape: le concours Miss Ile-de-France. Pour ce faire et convaincre les jurés qu’il est une parfaite Miss, Alex sollicite l’aide de Lola (Thibault de Motalembert), un travesti en fin de course qui le met en garde face aux montagnes russes entre succès et oubli. Pour être tenace et pugnace comme un battant, Alex recherche un ami d’enfance devenu boxeur et entraîneur qui va lui fournir de précieux conseils..
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A Perfect Family (A Perfectly Normal Family) de Malou Reymann : passée derrière la caméra, l’actrice danoise puise dans son histoire personnelle pour réaliser ce premier long métrage

Emma, une adolescente danoise, grandit au sein d’une famille unie, a priori tout à fait ordinaire jusqu’au jour où son père décide de devenir une femme. Ce bouleversement au sein de cette famille aimante conduit chacun à se questionner et à se réinventer … Du moins, à composer avec une nouvelle réalité qui ébranle l’équilibre du cocon familial mais qui a aussi des répercutions dans les relations sociales des quatre membres de cette famille.

Thomas (Mikkel Boe Folsgaard), Helle (Neel Rønholt), leurs deux filles, Caroline (Rigmor Ranthe), quatorze ans et Emma (Kaya Toft Loholt), douze ans, forment une famille en apparence parfaite. Les premières séquences alternent des scènes de la quotidienne actuelle et des vidéos enregistrées durant les premiers mois de Caroline puis d’Emma. Mais ce bonheur va éclater sous l’effet d’une double révélation : Thomas va changer de sexe et devenir Agnete; Helle ne peut le supporter et demande le divorce. Les deux filles réagissent de manière fort différente, voire diamétralement opposée : Si Carolina fait immédiatement preuve de tolérance et de bienveillance, rappellent souvent à l’ordre sa cadette, Emma vit cette révélation comme un séisme, un choc brutal qui remet complément en question la complicité qu’elle partageait avec son père.
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Sin señas particulares (Sans signe particulier), le premier long métrage de la productrice mexicaine Fernanda Valadez, rend un vibrant et poétique hommage aux disparus et à leurs proches au Mexique

Magdalena (Mercedes Hernández) n’a plus entendu parler de son fils Jesús (Juan Jesús Varela) depuis des mois – pas depuis qu’il a quitté leur ville pour traverser la frontière qui les sépare des États-Unis. Son amie Chya (Laura Elena Ibarra) va l’aider, émotionnellement et financièremrent, à poursuivre cette quête dont la majeure partie des gens que Magdalena croise veulent l’en dissuader. Les autorités veulent qu’elle signe l’acte de décès de son fils, mais une rencontre avec un parent endeuillé fait comprendre à Magdalena qu’elle ne peut pas vivre sans connaître son sort. Elle entame une odyssée à travers le Mexique, dans des zones de violence et de désolation, à la poursuite de toute piste disponible malgré la mise en garde de ne pas poser publiquement de telles questions. En chemin, elle rencontre et voyage avec Miguel (David Illescas), récemment expulsé, qui se retrouve à rentrer chez lui à travers un pays changé mais, surtout, qui ne retrouve pas de traces de sa mère.
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Cyrano de Bergerac est de retour sur les planches du Théâtre de Carouge – à la Cuisine – du 28 octobre au 1er novembre 2020

Directeur du Théâtre de Carouge depuis 2008, Jean Liermier a choisi de convier à nouveau le bouillonnant poète, la main sur la garde et le verbe haut, Cyrano de Bergerac se reconnaît à son nez, à sa cape et à son chapeau. Pour atteindre Roxane, la femme qu’il aime, il est contraint d’avancer masqué, sous les traits de son double idéal, Christian. L’homme est beau mais maladroit dans ses mots d’amour, comme Cyrano est laid et éloquent.

Jean Liermier explique :

« Avant une tournée à Paris, Lyon et Marseille entre autres, nous reprenons l’un de nos plus grands succès, qui a réuni en 2017 près de 12’500 spectateurs à Carouge. Pour parer à sa souffrance, Cyrano l’homme au nez monstrueux a développé une parade: verbale ou physique, la meilleure défense, c’est l’attaque!… Par amour, il s’initiera à la puissance du Théâtre, car c’est bel et bien en jouant un Autre qu’il pourra enfin être lui-même, le masque du jeu le révélant. Un hymne à la nécessité de l’écriture et de l’Art, porté par le génial Gilles Privat, qui à la fin de l’envoi nous touche en plein cœur. »
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[Audio] Rencontre avec Cyrille Schnyder-Masmejan pour sa dernière saison à la tête des Spectacles onésiens

En 1988, Cyrille Schnyder-Masmejan lançait les Spectacles onésiens. Trente-trois ans plus tard plus tard, elle a concocté sa dernière saison, la saison 2020 – 2021, en tant que directrice et se confie sur la préparation de cette programmation dans un contexte particulier, sur ses coups de cœur, sur les belles rencontres qu’elle a faites tout au long de sa carrière, d’abord un tant attachée de presse puis avant de devenir la directrice du service culturel de la ville d’Onex.

Devenue un pilier incontournable de la culture genevoise, elle a fait de la ville d’Onex, de la salle communale et de la salle du Manège un phare culturel, se lançant le défi de faire venir moult artistes dans la commune genevoise. Au fil de ces années dans ce secteur, Cyrille Schnyder-Masmejan constate que les femmes créatrices sont peu nombreuses et celles qui viennent dans le cadre des Spectacles Onésiens ne sont souvent que des interprètes. Pour remédier à cette situation qui l’attriste, elle créé le Festival les Créatives en 2005.
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Yalda, la nuit du pardon, de Massoud Bakhshi : un cinéma-vérité qui dénonce le poids de la loi religieuse et du carcan patriarcal à travers une émission de téléréalité

Iran, de nos jours. Maryam Kamijani, vingt-six ans, tue accidentellement son mari Nasser, soixante-cinq ans. Elle est condamnée à mort. La seule personne qui puisse la sauver est Mona, la fille de Nasser. Il suffirait que Mona accepte de pardonner Maryam en direct devant des millions de spectateurs, lors d’une émission de téléréalité. En Iran cette émission existe, elle a inspiré cette fiction.

Oui, vous avez bien lu !

Le dernier film de Massoud Bakhshi est bel et bien inspiré de faits réels et reprend le principe d’une émission iranienne de télé-réalité à succès – Le plaisir du pardon – diffusée depuis treize ans. Avec un tel sujet, on pourrait supposer que le scénario dépasse la réalité mais ce n’est, malheureusement, pas le cas.
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