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Hope : Na Hong-jin se perd dans le bruit

Compétition officielle au Festival de Cannes 2026 pour un blockbuster d’action, qui plus est le film au plus gros budget de l’histoire du cinéma coréen : le fait mérite d’être relevé, car ce genre de production est d’ordinaire cantonné aux séances de minuit ou aux projections hors compétition. Dix ans après l’hypnotique The Wailing, l’attente était immense, et peut-être trop. Il reste, au sortir de la salle, une certaine déception.

— Hwang Jung-min et Hoyeon – Hope
© Plus M Entertainment / Forged Films / NEON

La première heure captive encore. Un mystère plane sur Hope, petite ville portuaire isolée : qui tue et détruit tout sur son passage ? On voit les ravages et les cadavres sanguinolents, mais jamais les créatures qui en sont la cause. Elles restent hors champ, dans un chaos effréné. Que s’est-il passé ici ? Quelques bénévoles et la police ouvrent l’enquête sans savoir où ils mettent les pieds. Les mouvements de caméra virtuoses et la tension d’un suspense encore opaque nous happent.

Le chef du poste isolé est incarné par Hwang Jung-min, déjà vu dans The Wailing. À ses côtés, une policière mue par le sens de la justice, interprétée par Hoyeon (Squid Game), forme avec lui un duo typique du buddy cop film.

Puis les créatures et les policier·ères se prennent en chasse, et le film s’enraye. L’action s’emballe, mais le récit piétine : les courses-poursuites spectaculaires se succèdent sans véritable progression dramatique. Surtout, une incohérence dérange. Ces créatures, si grandes et si puissantes, mettent tout à terre sur leur passage, comme une tornade de puissance EF5 (le niveau maximal de l’échelle de Fujita), ne parviennent pourtant jamais à rattraper les voitures des policier·ères ni les chasseurs à cheval. Certes, ce film à la croisée de l’horreur, de la science-fiction d’invasion et de la comédie grotesque, avec son humour noir et sous la ceinture, n’a rien de réaliste. Mais un minimum de logique serait bienvenu pour que l’on reste accroché·e à l’écran sans commencer à penser à autre chose.

Le réalisateur ne prend guère la peine de développer ses personnages, alors que le temps ne lui manque pas. Il reporte ensuite son attention sur les extraterrestres, qui prennent les traits de Michael Fassbender et Alicia Vikander, sans que ce déplacement n’enrichisse véritablement le récit. Quelques pistes émergent, du côté des humain·es comme des extraterrestres, mais elles restent trop ténues pour pour sustenter vraiment l’esprit.

Sans trop en dévoiler, tout cet agencement ouvre sur une suite. À la fin, lessivé·es par tant de bruit et de courses-poursuites, on se demande si le film ne commence pas réellement après le générique, dans ce que l’on comprend être l’annonce d’un second volet. Cent cinquante-sept minutes pour un prologue, c’est un peu long.

Pour celles et ceux qui aiment le bruit et la fureur et ne s’en lassent pas facilement, ce sera probablement un très bon moment de cinéma. Pour les autres, mieux vaut attendre la suite, qui ira peut-être plus loin dans la narration et nous racontera enfin l’histoire que cette introduction annonce.

De Na Hong-jin; avec Hwang Jung-min, Zo In-sung, Hoyeon, Alicia Vikander, Michael Fassbender, Taylor Russell, Cameron Britton; République de Corée; 2026; 157 minutes.

Le film sort sur les écrans romands ce mercredi.

Malik Berkati

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Journaliste RP / Journalist - Rédacteur en chef j:mag / Editor-in-Chief j:mag

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