Darkroom – Tödliche Tröpfen de Rosa von Praunheim: une expérience cinématographique fascinante!

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Au-delà du regard de la caméra – tenue par Lorenz Haarmann, collaborateur de très longue date du réalisateur –  et du parti pris esthétique, la réussite du procédé discursif tient à ce superbe travail à trois sur le scénario où malgré l’éclatement de la narration, le refus de la linéarité espace-temps, tout se met en place naturellement, tel un puzzle, sans chercher à mystifier le spectateur, le laissant au contraire maître de ses propres ressentis et interprétations. Les faits divers et histoires sordides éveillent toujours une fascination collective procédant d’une sorte de mécanisme cathartique ou de contraste réassurant au niveau individuel. Darkroom – Tödliche Tröpfen est à la fois cette projection magnétisante des marges de la société et une expérience cinématographique troublante.

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Chanson douce, de Lucie Borleteau, ou le portrait d’une nounou bien sous tous rapports

Le film s’ouvre sur un gros plan sur le visage d’une jeune femme, Myriam (Leïla Bekhti), qui regarde par la fenêtre le monde extérieur et se confie :

« Quand je suis tombée enceinte, j’étais encore à l’école. J’ai toujours dit que c’était un accident mais j’e l’ai fait exprès … Une excuse pour ne pas quitter la douceur du foyer. Mais avec deux enfants, tout est devenu plus compliqué. Des journées plus longues, je suis devenue une morte vivante, j’touffe. J’ai peur de tout, surtout j’ai peur qu’ils meurent. Je suis sûre que tout le monde a eu cette pensée. Quand on regarde son enfant dormir, on se demande ce que cela nous ferait si ce corps-là était un cadavre, si ses yeux fermés l’étaient pour toujours.  Je n’y eux rien : je rêve la nuit de leur disparition soudaine. Au milieu d’une foule indifférente, je crie : Où sont mes enfants ? Les gens rient, pensent que je suis folle. »
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