The Last Bus, de Gillies MacKinnon, entraîne Tom (Timothy Spall) dans son ultime voyage par amour

Depuis plus de cinquante ans, Tom (Timothy Spall) et Mary (Phyllis Logan) Harper vivent dans un village reculé de l’extrême nord de l’Écosse. Mais Mary décède et désormais veuf, le nonagénaire entame un long voyage, muni d’une vieille valise en cuir pour tenir la promesse faite à sa femme. Tom décide de voyager uniquement par les lignes de bus public. Rien de farfelu en soi si ce n’est que le périple de Tom l’entraine de John o’Groats, à l’extrême nord-est de l’Écosse, en face de l’archipel des Orcades, pour rallier en bus Land’s End, à la pointe sud-ouest des Cornouailles, dans sa ville natale. Tom va effectuer un voyage de précisément 838 miles (1348 km) … Il a calculé !

— Timothy Spall – The Last Bus
Image courtoisie Filmcoopi Zurich

D’ailleurs, il y a très longtemps, il avait fait avec sa femme Mary le voyage inverse. À la suite de la perte de leur fille, le couple avait quitté les Cornouailles pour tenter de poursuivre leur vie le plus loin possible du lieu du drame. Tom a promis à sa femme bien-aimée de ramener ses cendres là où ils se sont rencontrés, où ils sont tombés amoureux. Avec abnégation, courage, volonté et philosophie, Tom entame ce périple, découvrant une Grande-Bretagne méconnue, lui qui est resté tant de décennies en Écosse. Une Grande-Bretagne moderne, parfois déconcertante, voire désobligeante, selon les interlocuteurs, mais fort heureusement, il y a toujours quelques âmes bienveillantes et altruistes sur le chemin de Tom. D’ailleurs, Tom qui a fait la guerre alors qu’il avait quinze ans, est pragmatique et compose avec les circonstances.

Tom entame son ultime voyage et il le sait : il savoure alors les rencontres, les échanges, les petits bonheurs de la vie, les heureux hasards qui lui permettent d’être accueilli, le temps d’une nuit, chez des gens qui lui offrent hospitalité et compassion devant ce vieil homme volontaire, farouchement obstiné à atteindre son but, quels que soient les obstacles sur son chemin.

Louant les vertus des transports en commun – mis à part un chauffeur outrecuidant et psychorigide, mais il faut bien une brebis galeuse ! – et la gentillesse réciproque envers les personnes âgées, ce drame britannique doux-amer évite la sentimentalité ou le pathos faciles pour brosser un tableau touchant, empli de sincérité, porté par la performance exceptionnelle de Timothy Spall.

Ce drame est typiquement britannique, dans ses décors comme dans son intrigue, relativement simple mais qui développe toute son émotion au fil du périple de Tom. Le réalisateur Gillies MacKinnon et le scénariste Joe Ainsworth ont su souligner avec justesse et poésie les simples choses de la vie dont il est tout simplement bon de se rappeler. L’histoire est remplie de moments originaux, n’impliquant aucune séquence d’action extrême : tout réside dans l’incroyable jeu d’acteur d’un Thimoty Spall subtil, puissamment discret, mais efficace.

L’acteur britannique Timothy Spall est internationalement reconnu pour sa capacité à interpréter des rôles très différents, aux traits marqués, devant la caméra et sur scène. Parmi ses films les plus connus, Mr. Turner ou The King’s Speech. The Last Bus illustre à nouveau le talent de Timothy Spall qui y incarne le personnage de Tom, de vingt ans son aîné. Avec une palette de tonalités et de subtilités, l’acteur restitue les différentes facettes de cet homme à la santé fragile mais à la volonté de fer.

Avec The Last Bus, Gillies MacKinnon signe un roadmovie poétique, pictural, chaleureux et délicieusement british !

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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