GIFF 2018 : Le cinéaste malien Souleymane Cissé est à Genève pour assister aux projections de trois de ses films ainsi qu’une discussion avec le public – Rencontre

En collaboration avec la Haute École d’art et de design Genève (HEAD), le Festival du film de Genève (GIFF) a organisé la projection de trois des films du cinéaste malien Souleymane Cissé qui sera disponible pour une rencontre avec le public ainsi qu’avec les étudiants de l’HEAD.
Mardi 6 novembre, la projection de Yeleen est fixé à 18h, suivie d’une discussion avec Souleymane Cissé, discussion animé par Bertrand Bacqué, professeur d’esthétique et d’histoire du cinéma. Mercredi 7 novembre, ce serait à la projection de Baara et jeudi 8 novembre, le film Finye sera projeté à 20h, suivi d’une discussion avec Souleymane Cissé, discussion modérée par Olivier Zuchuat, cinéaste est responsable du cinéma à l’HEAD. Toutes les projections auront lieu dans la Salle Kramer à l’HEAD.

j:mag a eu l’honneur de pouvoir rencontrer Souleymane Cissé qui nous accorde avec enthousiasme et beaucoup d’humour un peu de son précieux temps malgré son programme très chargé. A l’Hôtel Beau Rivage à Genève, qui fait songer à la grande époque du tourisme au XIXe siècle, nous avons rencontré le cinéaste malien dans un petit bureau qui rappelle le décor d’un roman d’Agatha Christie.

— Souleymane Cissé
© Firouz Pillet

Souleymane Cissé nous a répondu avec bienveillance à nos questions sur sa passion pour le septième art, sa formation en U.R.S.S., les obstacles rencontrés sur son chemin, l’importance de l’éducation et de la transmission, et surtout l’engagement infaillible qui l’anime depuis un demi-siècle de carrière, le tout en compagnie de sa fille Fatou.

Rappelons quelques jalons essentiels du parcours de Souleymane Cissé, né dans une famille musulmane modeste: il se passionne pour le cinéma dès le plus jeune âge et confie avoir vu son « premier film à l’âge de cinq ans » avec ses grands frères et leurs amis qui l’ont l’entraîné au cinéma. Il fait des études secondaires à Dakar et rentre au Mali à l’indépendance en 1960. Alors qu’il voit un documentaire sur l’arrestation de Patrice Lumumba, Souleymane Cissé saisit  l’importance et l’impact de l’image; il décide de faire du cinéma et obtient une bourse pour suivre des études à l’Institut des Hautes Études Supérieures de la Cinématographie de Moscou, « une période difficile à cause de l’apprentissage de la langue ». Diplômé en 1969, Souleymane Cissé rentre en 1970 au Mali où il  est employé comme cameraman-reporter au Service cinématographique du Ministère de l’Information, ce qui lui permet de parcourir tout le pays.

Souleymane Cissé tourne son premier moyen métrage Cinq jours d’une vie en 1971, primé au Festival de Carthage.En 1975, il réalise son premier long métrage, Den Muso (La jeune fille) en bambara, un film qui lui vaut la prison et n’obtiendra son visa d’exploitation qu’en 1978. La même année sort le film Baara (Le Travail) qui reçoit l’Étalon de Yennenga au FESPACO à Ouagadougou. En 1982, Finye  (Le Vent, 1982) recevra  l’Étalon de Yennenga au FESPACO de Ouagadougou en 1983 et  le Tanit d’Or au Festival de Carthage.

De 1984 à 1987, Souleymane Cissé tourne Yeleen (La Lumière) pour lequel Il obtient le Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes en 1987, devenant ainsi le premier cinéaste africain à avoir été primé à Cannes pour un long métrage.

Souleymane Cissé tourne Waati (Le Temps, 1995), suivi en 2009, de Min yéqui sur la polygamie. Depuis 1997, Souleymane Cissé est président de l’Union des créateurs et des entrepreneurs du cinéma et de l’audiovisuel de l’Afrique de l’Ouest (UCECAO). Son dernier film, Oka (Notre maison), présenté au Festival de Cannes en 2015, lui vaut bien des adversités. Souleymane Cissé nous affirme rester optimiste et voue une immense confiance dans les jeunes générations. Il croit à la paix au Moyen-Orient « même si je ne serai plus là pour la voir. »

Son prochain film est déjà sur le métier mais pour l’immédiat, Souleymane Cissé nous convie au Festival Une semaine Eurafricaine au cinéma qui se déroulera à Bamako du 30 novembre au 4 décembre 2018.

Rencontre matinale avec Souleymane Cissé avant une journée bien chargée pour le cinéaste :

 

 

 

Propos recueillis par Firouz-E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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