Corsage – Le vernis de la légende de Sissi gratté de manière impitoyable par la cinéaste autrichienne Marie Kreutzer

Le dernier film consacré à Élisabeth de Wittelsbach, duchesse de Bavière, impératrice d’Autriche et reine de Hongrie, de Bohême et de Lombardie-Vénétie, est plus proche dans l’esprit et dans le visuel à la statue de l’impératrice érigée sur le Quai du Mont-Blanc, là où elle fut assassinée le 10 septembre 1898, que de la série de films fleur bleue d’Ernst Marischka, Sissi (1955-1957), avec Romy Schneider. La réalisatrice autrichienne Marie Kreutzer propose une version #metoo de cette femme corsetée dans les conventions de son rôle et sa condition de femme. Non seulement la cinéaste ne nourrit pas le mythe impérial, mais elle entaille avec audace les couches de maquillage et de masques façonnés pour la légende afin de la gratter jusqu’à l’os. Pour ce faire, Marie Kreutzer va chercher dans le corps de l’impératrice le cœur de son propos : les femmes sont emprisonnées dans une multitude de corsets, il s’agit de s’en émanciper. Le doigt d’honneur que fait Élisabeth face caméra, ainsi que les anachronismes qui jalonnent le film, rappellent sans ambivalence la modernité et l’acuité de Corsage. (…)

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Locarno 2021 – Beckett de Ferdinando Cito Filomarino ouvre la 74e édition du festival international du film de Locarno

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Un couple de touristes étasuniens, April (Alicia Vikander) et Beckett (John David Washington) très amoureux, quittent Athènes, où ils passent leurs vacances, pour fuir le désordre de la capitale secouée par de nombreuses manifestations politiques. Ils passent la première demi-heure à auto-célébrer dans un babillage a bâton rompu leur amour… et puis survient le drame: un grave accident de voiture brise l’idylle. Ici, un twist que l’on croit salvateur – si ce n’était le design sonore qui appuie péniblement sur le côté mystérieux et dangereux du déroulé – se fait dans l’histoire: Beckett devient la cible d’une chasse à l’homme, sans qu’il ne sache pourquoi.
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