Locarno 2018 : « L’ospite » de Duccio Chiarini ausculte les angoisses masculines face aux imprévus de la vie. Rencontre

(…)
Son dernier long métrage, L‘ospite (L‘hôte), présenté sur la Piazza Grande au Festival de Locarno 2018, suit les questions existentielles de Guido qui pensait mener une vie tranquille et paisible jusqu’au jour où un accident de préservatifs arrive et remet en question sa relation avec sa compagne. Il est pris de panique face à cette situation puisqu’elle se retrouve enceinte. Il va s’enquérir auprès de leurs couples d’amis et découvre, avec étonnement, que ceux-ci, sous des apparences sereines, connaissent également beaucoup de remises en question.

Nous avons rencontré le réalisateur Duccio Chiarni, qui nous a confessé qu’il y avait une grande part d’autobiographie dans ce film.
(…)

Lire la suite

Locarno 2018 – Glaubenberg, de Thomas Imbach ou l’amour incestueux contrarié au concours international pour les Léopards. Rencontres.

Le dernier film de Thomas Imbach, Glaubenberg, entraîne le public dans les méandres de l’amour que Lena (16 ans) ressent pour son frère Noah, un brin plus âgé qu’elle, un amour bien plus que fraternel. Pour se distraire, elle encourage l’ami de Noah, Enis, à sombrer dans ses bras mais n’en mesure pas les conséquences: elle est tellement obsédée par son frère qu’elle ne peut pas réfréner ses sentiments. Elle commence à rêvasser, vivant plus dans un monde fantastique que dans la vraie vie. Elle finit par se confesser à Noé. Il est choqué et la repousse. Lena entreprend un voyage dans l’inconnu au sens émotionnel, psychologique et géographique, partant de manière effrénée sur les traces de son frère parti travailler sur sa passion, la géologie, en Turquie.
(….)

Lire la suite

Locarno 2018 : Humour noir décalé, servi par d’immenses acteurs, pour le dernier opus de Denis Rabaglia, Un nemico che ti vuole bene. Rencontre.

Une nuit de pluie, le professeur Enzo Stefanelli (interprété par le facétieux Diego Abatantuono qui montre encore une fois ici son immense talent) sauve sa vie à un jeune homme blessé par une arme à feu. En retour, le tueur, un tueur professionnel, promet de trouver et de tuer un de ses ennemis, quel qu’il soit. Bien qu’Enzo insiste sur le fait qu’il n’a pas d’ennemi, le jeune homme commence à en chercher un, créant le chaos dans la vie du professeur. Au début, sceptique, Enzo ouvre finalement les yeux sur sa vie et sur les gens autour de lui… Enzo sera-t-il capable d’identifier son véritable ennemi? Et comment le tueur va-t-il se comporter et devenir son seul ami? Et s’il était vrai que chacun de nous a un ennemi à éliminer?
(…)

Lire la suite

Locarno 2018 – Rencontre avec la cinéaste bernoise Bettina Oberli pour Le vent se lève avec Mélanie Thierry et Pierre Deladonchamps

Pauline, une jeune paysanne (Mélanie Thierry), a choisi de vivre quasiment en autarcie avec Alex (Pierre Deladonchamps) dans une ferme du Jura. Mélanie y élève ses bêtes dans le respect de la nature. L’arrivée de Samuel, venu installer une éolienne, va bouleverser son couple, ses valeurs. Cette irruption dans un monde que Mélanie croyait symbiotique va provoquer une remise en questions des convictions et des aspirations de Mélanie.
(…)

Lire la suite

Locarno 2018 – Rencontre avec David Roux et Jérémie Renier pour L’ordre des médecins

Le premier long métrage de David Roux, L’ordre des médecins, réunit une distribution de choix

A trente-sept ans, le docteur Simon Chaykine (Jérémie Renier) est un médecin aguerri, qui côtoie la mort tous les jours dans son service de pneumologie. Au fil des ans et de l’expérience acquise, Simon s’est forgé une carapace qui le protège de sombrer dans une implication trop personnelle face aux épreuves que traversent ses patients… jusqu’au jour où sa mère (Marthe Keller) est hospitalisée dans un état critique dans un service voisin, l’intime et le professionnel se télescopent. Tout l’univers de Simon, toutes ses certitudes et ses convictions vacillent.
Écrit par David Roux en collaboration avec Julie Peyr (nominée au César 2016 du meilleur scénario original pour Trois souvenirs de ma jeunesse et au César 2014 de la meilleure adaptation pour Jimmy P.), le scénario est centré sur
 Simon, directement inspiré du frère du cinéaste.
Bien que très documenté et réaliste, L’ordre des médecins, présenté hier soir sur la Piazza Grande sous un ciel clément, touche par sa dimension personnelle qui comporte une dimension universelle et l’humanité de ce médecin rompu aux épreuves qui, dans une épreuve plus intime, voit ses certitudes vaciller, sa carapace se fissurer et retrouver à travers cette épreuve sa part d’humanité enfouie.
(….)

Lire la suite

Rencontre avec Vianney Lebasque, Ahmed Sylla et Olivier Barthelemy pour Les beaux esprits qui a fait l’ouverture du 71e Festival international du Film de Locarno

Le protagoniste de ce film sportif est l’équipe nationale française de basketball, formée par douze athlètes ayant des déficits mentaux dans le cadre de leur participation aux Jeux Paralympiques de Sydney. C’est au cours de cette course que l’équipe se révèle être une équipe pleine de talent, réussissant à démolir tous les rivaux et à atteindre la finale, où, après avoir battu la Russie avec un score de 87-63, l’équipe a remporté la médaille d’or. Cette grande victoire, cependant, se révélera être une véritable arnaque! Cet esprit d’équipe fédérateur et cette cohésion sont inspirés par un fait qui s’est vraiment passé, l’une des fraudes sportives les plus célèbres de ces dernières années qui ont impliqué l’équipe de basket-ball espagnole. La comédie, malgré la déception subie par les protagonistes, tente de faire sourire et bouger, mais surtout de réfléchir sur les raisons d’un geste apparemment aussi insensé.
(…)

Lire la suite

The Big Sick de Michael Showalter scrute les clivages culturels avec humour et justesse

Sous la direction de Michael Showalter, The Big Sick réunit devant la caméra Kumail Nanjiani, Zoe Kazan, Holly Hunter, Ray Romano, Anupam Kher, une belle distribution pour servir un film indépendant qui fut l’un des succès du dernier Festival de Sundance et vise la cérémonie des Oscars.

The Big Sick est un film ancré dans notre époque et ses diverses problématiques, traitant, à travers le protagoniste Kumail, de l’immigration et de l’intégration. Les questions de l’immigration et des différences raciales ne sont pas nouvelles dans le contexte nord-américain, mais traiter de ces thèmes s’avère encore plus urgent à la lumière des événements politiques de ces derniers mois.
(…)

Lire la suite

The Song of Scorpions : dunes de sable et mantras s’emparent de la Piazza Grande

Coproduit par la Suisse, la France et Singapour, l’ambitieux troisième long métrage d’Anup Singh, The song of Scorpions, réunit deux grands comédiens, Golshifteh Farahani et Irrfan Khan pour une fable qui oscille entre onirisme et brutale réalité, parlée en hindi, suivant le quotidien d’une jeune femme, Nooran, qui exerce comme chanteuse de mantras, guérisseuse, sage-femme et médecin au sein de la communauté sindhi du Rajasthan. Aadam, marchand de chameaux, tombe éperdument amoureux d’elle. Rejeté, il met en œuvre une vengeance horrible.
(…)

Lire la suite

Locarno : les turpitudes de l’amour analysées par Francesca Comencini

Le 5 août, la presse découvrait Amori che non sanno stare al mondo. le dernier né de Francesca Comencini, fille de Luigi. Le jour suivant, c’est le public de la Piazza Grande qui a pu voir le seul film italien de la section, l’un des films qui importaient le plus aux sélectionneurs du 70ème Festival de Locarno. Amori, basé sur son roman éponyme, suit les affres d’une femme quinquagénaire (Lucia Mascino), dévastée, se remémorant, l’âme en peine et pleine de regrets, ”l’amour de sa vie” qui a pris fin au bout de sept ans. Ils sont tous deux professeurs d’université à Rome mais son grand amour (Thomas Trabacchi) a rencontré une jeune femme qui pourrait être sa fille. D’ailleurs, d’un enfant, il n’en voulait pas et c’est le désir insistant de maternité de sa compagne qui a fini par le lasser et l’amener à rompre.
(…)

Lire la suite

Iceman : la Piazza Grande au temps du néolithique

S’inpirant de la découverte d’une momie, prénommée Ötzi (ndlr.: nom donné à un être humain momifié naturellement (congelé et déshydraté) découvert fortuitement le 19 septembre 1991 à 3 210 mètres d’altitude, dans le val de Senales en Italie, à 92 mètres de la frontière de l’Autriche. La momie se trouvait dans le glacier du Hauslabjoch et est aussi appelé homme de Hauslabjoch), près de la chaîne de Similaun dans les Alpes de l’Ötztal (d’où le surnom d’Ötzi), non loin des Dolomites italiennes. Il était enseveli sous une couche de glace et son existence a été révélée par la fonte importante du glacier cet été-là. Il date du Chalcolithique), Iceman immerge donc dans les rudes conditions de vie au cœur des Alpes de l’Ötztal, il y a plus 5’300 ans. Un clan du néolithique s’est installé près d’un cours d’eau où leur chef, Kelab, est aussi le gardien de l’autel sacré Tineka. Un jour, alors que Kelab est parti chasser, le camp est attaqué; les membres de la tribu sont brutalement assassinés, y compris la femme et le fils de Kelab. On a volé Tineka, un reliquat, et seul un nouveau-né a survécu au massacre. Aveuglé par la douleur, Kelab se met en route pour obtenir réparation. Sa poursuite sera mue par son désir assoiffé de vengeance et Kelab n’a d’autre choix que d’emmener l’enfant avec lui.
(…)

Lire la suite