Berlinale 2017 – Panorama : Belinda

Depuis plusieurs années, Marie Dumora utilise sa caméra pour filmer le quotidien des sans voix de nos sociétés où la parole des « bien-parlants » et des « bien-présentant » est prépondérante. La documentariste a fait de l’Alsace son champ cinématographique dont elle rend avec sensibilité et intelligence l’universalité. Le cadre de ses films est tendu sur leurs personnages dont elle parvient avec un rare talent à dévoiler l’intime complexité par petites touches, sans les contraindre. Les images de ces gens modestes n’ont rien de militant, et pourtant, le regard que nous posons sur eux par le prisme de la caméra renvoie à la question des préjugés, de la méconnaissance – souvent volontaire qui ressemble plutôt à l’acte de ne simplement pas vouloir voir et regarder, du rapport à l’altérité. Cette étrange obsession qui hante ce monde à refuser l’humanité comme un tout, à la fois indivisible et composée au singulier.
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