Avec son documentaire Ennio Morricone – Il Maestro, Giuseppe Tornatore illustre comment Ennio Morricone a donné à la musique de film ses lettres de noblesse

À l’âge de huit ans, Ennio Morricone rêve de devenir médecin. Mais son père décide qu’il sera trompettiste, l’emmène aux concerts où il joue et le petit Ennio s’endort. Son père lui dit en lui donnant sa trompette :

« Avec cet instrument, je te donne le pain qui te fera manger toute ta vie. Tu feras la même chose avec ta famille, un point, c’est tout ! »

Il lui impose une discipline militaire qui portera ses fruits puisque Ennio Morricone obtient son diplôme à l’âge de seize ans. Il prend aussi des cours d’harmonie sans en suivre scrupuleusement les règles, se plaisant à ajouter des éléments, ce que note un enseignant, Roberto Caggiaro, bien avisé qui lui conseille d’étudier la composition. (…)

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Cannes 2002 : Hommage d’une fille à son père, de Fatou Cissé, fait partie de la sélection Cannes Classics et rend un vibrant hommage à son cinéaste de père, Souleymane Cissé

Fatou Cissé est connue comme femme d’affaires. Mais, depuis de très nombreuses années, elle accompagne son père, le réalisateur malien Souleymane Cissé, dans sa carrière, l’épaule et dresse ici un portrait tout en retenue de cinéma poétique et touchant sur l’une des légendes du cinéma africain.  (…)

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Cannes 2022 – Prise de parole de la réalisatrice russe Lina Tsrimova lors de la présentation de son film La Colline, co-réalisé avec Denis Gheerbrant, à L’ACID

Lina Tsrimova et Denis Gheerbrant ont présenté à L’ACID leur film La Colline qui décrit la situation de pauvreté et d’environnement pollué dans lequel vivent des habitants au Kirghizistan. La section parallèle de Cannes a la particularité de programmer des longs métrages indépendants (documentaires et fictions), souvent sans distributeur, sélectionnés par une quinzaine de cinéastes de l’association, avec pour but de mettre leurs autrices et auteurs en relation avec des milliers de professionnels qui assistent au marché du festival, les séances étant également accessibles au public. Les équipes des films sont également présentes ; c’est à la présentation de son documentaire que la réalisatrice russe a prononcé ces mots : (…)

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Cannes 2022 : For The Sake Of Peace (Au nom de la paix), de Christophe Castagne et Thomas Sametin, est présenté en séance spéciale et suit le processus de paix dans le Soudan du Sud

Le Soudan du Sud est le plus jeune État au monde, en guerre avec lui-même, avec plus de 350 000 personnes tuées depuis sa création en 2011. L’obtention de l’indépendance laissait miroiter l’espoir d’une jeune nation autonome et paisible. Malheureusement, des conflits locaux ont éclaté à la frontière des deux états, réveillant le souvenir de la longue guerre civile qui a secoué le Soudan entre 1955 et 1972, opposant le nord, à majorité musulmane, et le sud, à majorité catholique et animiste, donnant naissance à une guerre fratricide. Ces luttes incessantes opposent, dès 2013, les partisans du Président Salva Kiir et ceux du vice-président Riek Machar, devenu son rival politique. (…)

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Navalny, de Daniel Roher suit l’opposant politique au cœur de son action jusqu’à son retour à Moscou, livrant un témoignage empli de révélations édifiantes

Daniel Roher, réalisateur et producteur, est connu pour Once Were Brothers: Robbie Robertson and The Band (2019), The Story of the Sorry Cannibal (2016) et Navalny (2022). Tourné au fur et à mesure que l’histoire se déroule durant les mois qui ont précédé l’incarcération de l’opposant politique russe, le documentaire Navalny défile sur l’écran comme un thriller et se consacre pleinement au chef de l’opposition anti-autoritaire russe Alexei Navalny.
En convalescence à Berlin après avoir failli être empoisonné à mort avec l’agent neurotoxique Novichok, Alexeï Nalvalny fait des découvertes choquantes et édifiantes sur sa tentative d’assassinat et décide courageusement de rentrer chez lui, quelles qu’en soient les conséquences et les risques dont il est pleinement conscient. Dans ce documentaire révélateur, le cinéaste Daniel Roher a obtenu un accès exceptionnel et sans précédent au politicien russe rescapé d’une tentative d’assassinat et condamné à une peine de prison dès son arrivée à Moscou. (…)

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Leur Algérie de Lina Saoulem – L’histoire empoignante d’un homme invisible et d’une femme sans voix. Rencontre

Le point de départ de Lina Soualem, actrice et réalisatrice, fille de l’acteur Zinedine Soualem et de l’actrice-réalisatrice Hiam Abbass (Satin rouge, Les Citronniers, Une famille syrienne), est la séparation de ses grands-parents,  Aïcha et Mabrouk, après 62 ans de vie commune. Ils ont quitté leur maison et vivent désormais dans deux bâtiments qui se font face. Aïcha continue à s’occuper de son mari, mais de loin, elle semble s’épanouir du seul fait de vivre seule, d’être maîtresse de son espace et de son temps. Ce soudain changement familial fait prendre conscience à Lina Soualem qu’en réalité, elle ne connait pas leur histoire et qu’ils peuvent disparaître sans qu’elle n’ait l’occasion de s’y inscrire. (…)

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Loving Highsmith, d’Eva Vitija, analyse l’œuvre de l’auteure américaine à la lumière de ses carnets intimes et révèle des facettes insoupçonnées de sa personnalité

Le centenaire de la naissance de Patricia Highsmith est arrivé à son terme, marqué par divers événements commémoratifs. Pour clore cette année de commémorations, un documentaire suisse, Loving Highsmith, d’Eva Vitija, a été nominé pour le 57e Prix de Soleure 2022.
Le 19 janvier dernier, le documentaire de la réalisatrice suisse-allemande a eu les honneurs de la soirée d’ouverture, doublement mérités puisque cela coïncidait avec le 101ème anniversaire de Patricia Highsmith: alors que le centenaire était passé relativement inaperçu pour cause de pandémie. Cette cérémonie, suivie de cette projection du film a permis de remettre en lumière la carrière et la personnalité de l’écrivaine texane. (…)

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FIFDH 2022 : Le long métrage d’animation Jungle rouge, co-réalisé par Juan José Lozano et Zoltan Horvath, plonge les spectateurs au cœur de la jungle colombienne, entre idéalisme, désillusions et réalité – Rencontre (audio)

Projeté dans le cadre du Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève où la Jungle rouge concourt en compétition, ce long métrage d’animation a réuni le documentariste et cinéaste indépendant Juan José Lozano et Zoltán Horváth, réalisateur de films d’animation et dessinateur.
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Juan Lozano et Zoltan Horvath ont tourné Jungle rouge en espagnol dans un studio de la banlieue genevoise mais avec des acteurs de théâtre colombiens qui tiennent le rôle des guérilleros des FARC perdus dans la jungle équatorienne. Les défis à relever ont été multiple, comme le tandem de réalisateurs qui a filmé sur un fond vert remplacé après le tournage, grâce aux ordinateurs, par une nature recréée en dessins ou en images de synthèse. Le résultat est impressionnant et envoûtant : la nature luxuriante, très colorée, évolue et devient menaçante à mesure que l’état d’esprit de Carlos rées évolue. Juan Lozano et Zoltan Horvath permettent au public de suivre les derniers instants de la plus ancienne guérilla communiste du monde, l’immergeant dans la moiteur de la jungle colombienne, en 2008, peu de temps avant que la CIA élimine le commandant Reyes, larguant leurs bombes sur le camp des FARC.(…)

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Sortie sur les écrans romands de Silence Radio (Silencio Radio), de Juliana Fanjul

Silence Radio de Juliana Fanjul sort sur les écrans romandes ce 9 mars 2022.
Pour son deuxième long-métrage, Silence Radio, qui a fait sa première mondiale au Festival de Zurich dans le cadre de la Compétition internationale des documentaires, la réalisatrice mexicaine installée en Suisse Juliana Fanjul reste dans son Mexique natal mais en changeant totalement de sujet. Son premier film, Muchachas, accompagnait au quotidien un groupe de femmes de l’ombre – les gouvernantes qui assurent l’intendance des opulentes demeures de riches familles mexicaines. Changement de registre pour ce second film : Juliana Fanjul a choisi de mettre en lumière la journaliste Carmen Aristegui, la voix indépendante des médias mexicains qui révèle, informe, dénonce les vices et les sévices du Mexique, en particulier son intrinsèque corruption. En effet, dans la masse de médias à la solde des personnes qui décident des informations, la journaliste multiprimée, Carmen Aristegui, résiste et ne cède pas aux pressions au risque de sa vie. Ce qui lui importe, c’est la vérité !
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FIFDH 2022 – Entretien avec Magnus Gertten réalisateur de l’incroyable destin de Nelly & Nadine, du camp de Ravensbrück à Bruxelles en passant par Caracas !

Présenté en Première mondiale à la Berlinale 2022 où il a remporté le Teddy Award, le documentaire du cinéaste suédois commence une prometteuse tournée des festivals au FIFDH avant, on l’espère, une sortie dans les salles. Car ce film mérite d’être regardé sur un grand écran, ne serait-ce que pour sa scène d’ouverture des plus spectaculaires cinématographiquement et extraordinaire pour son côté « appât » narratif qui saisit immédiatement le public dans le filet de l’histoire.
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Avant de commencer à parler du contenu du film, une première question très cinématographique : vous avez conçu la scène d’ouverture comme celle d’un film de genre avec des effets de ralenti, d’amplitude pour arriver là où vous vouliez nous entraîner, sur le visage de Nadine Hwang, la porte d’entrée du film ! Il y a une sorte de discrépance, beaucoup de femmes que nous voyons sont souriantes, font des signes de main, regardent autour d’elles ; Nadine elle, visage impassible, regarde droit dans la caméra ! Fascinant !

Oui, nous allons vers elle. Nous étions dans un cadre très spécifique avec des gens qui arrivent, ils sont en train d’effectuer leurs premiers pas vers la liberté. Ils sont là, debout, et réalisent qu’ils sont libres. C’est à partir de cette petite bobine que mon idée du film a débuté, il y a 15 ans. Cette bobine est assez connue, on peut la voir au mémorial de l’Holocauste à Washington, au mémorial de Yad Vashem, les images sont souvent passées à la télévision, mais je crois que je suis la première personne à avoir posé cette question évidente : qui sont ces personnes ? Ce sont des visages de la Seconde guerre mondiale comme on en voit beaucoup, mais moi je voulais aller au-delà des visages. C’est si éloigné, c’est si lointain habituellement. J’ai été fasciné par ce matériel. Parmi les premiers visages que j’ai vus en 2007, c’était celui de Nadine. (…)

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