Cannes 2019 : Diego Maradona, d’Asif Kapadia, fait revivre le mythe

Le film d’Asif Kapadia, présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2019, n’est pas le premier film consacré à la star argentine du ballon rond. Maradona (ou Maradona par Kusturica), film documentaire réalisé par Emir Kusturica et sorti en 2008 en France, avait été présenté en une avant-première au Festival de Cannes 2008, hors-compétition. Cependant, Maradona inspire tant les cinéastes que le public, preuve en est lors des projections de ce nouveau film consacré à celui que l’on surnommait El Pibe de Oro (« Le gamin en or »), Pelusa, D10S, El Diez, Dieguito, Le Maître : les spectateurs étaient nombreux et nombre d’entre eux le considèrent toujours comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football. Il fait partie de l’équipe mondiale du XXe siècle.
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Après Aube dorée : une affaire personnelle, Angélique Kourounis tourne un second volet documentaire – Aube Dorée l’affaire de tous

Pendant plusieurs années, la journaliste, réalisatrice et autrice Angélique Kourounis en avait fait une affaire personnelle : déconstruire patiemment le système idéologique nazi et la machinerie opérationnelle du parti d’extrême-droite grec Aube Dorée, 3è force du pays depuis les élections européennes de 2014 et les élections législatives de 2015. Le fruit de ce travail a été un documentaire qui depuis sa sortie tourne dans toute l’Europe dans de nombreux festivals mais aussi beaucoup de salles de cinémas indépendantes où les projections ouvrent sur des débats avec la réalisatrice et des spécialistes de la question. En 2017 Angélique Kourounis avait accordé un entretien à j :mag la genèse de Aube dorée : une affaire personnelle.
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C’est dans cette lourde atmosphère qui enveloppe l’Europe qu’Angélique Kourounis, ainsi que son équipe, propose de continuer son travail sous l’angle de la résistance à opposer à l’idéologie véhiculée par ce parti. Ce second long-métrage s’intitule donc bien à propos : Aube Dorée l’affaire de tous.
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Santiago, Italia – le nouveau film de Nanni Moretti marque le retour du réalisateur italien engagé

Trois ans après Mia madre (2015), Nanni Moretti, revient au cinéma avec un documentaire sur le coup d’État chilien et l’assaut du Palais de la Moneda dont le titre en dit déjà long : Santiago, Italia. Nanni Moretti, réalisateur de Caro diario (1994), Aprile (1998), La stanza del figlio (2001) ou Habemus Papam (2011), revient sur les écrans avec Santiago, Italia (2018), un documentaire passionnant qui reconstitue le rôle joué par l’ambassade d’Italie après le coup d’État contre Salvador Allende pour sauver des centaines de personnes persécutées par le régime d’Augusto Pinochet.
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Rencontre avec le documentariste Stéphane Goël pour son dernier film: Insulaire

En 1877, Alfred von Rodt, un aristocrate bernois, devient gouverneur d’une minuscule île au large des côtes chiliennes. Il règne jusqu’à sa mort sur «son petit royaume» peuplé de quelques dizaines d’insulaires et de milliers de chèvres. Ses descendants, fiers de leurs origines helvétiques, rêvent d’autonomie politique et songent à réguler l’immigration. Cette île est une métaphore, un morceau de Suisse perdue dans l’océan.
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Berlinale 2019 – Panorama : Talking About Trees – un Cinema Paradiso au Soudan (Prix du meilleur documentaire toutes sections confondues)

Ibrahim, Suleiman, Manar et Altayeb sont amis depuis plus de 45 ans. Ils ont quitté le Soudan dans les années soixante et septante pour étudier le cinéma à l’étranger, en Russie, en Égypte ou aux États-Unis, et fondent le Sudanese Film Group en 1989. Après des années d’éloignement et d’exil, ils sont à nouveau réunis dans l’espoir de réaliser enfin leur rêve : faire revenir le cinéma au Soudan. Ils sont déterminés à laisser cet héritage culturel après eux et à allumer la flamme de l’amour pour le cinéma. À travers les images qu’ils ont créées, celles qu’ils ont perdues et celles qu’ils avaient espéré faire, se dessinent les beaux comme les terribles traits du visage de leur pays.
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Berlinale 2019 – Panorama : Normal d’Adele Tulli – Une plongée effarante dans la norme du genre. Entretien.

e documentaire d’Adele Tulli nous entraîne dans une définition de l’interaction, considérée par certain-e-s comme normative, entre les hommes et les femmes. Bien entendu, si ici le terrain d’étude est l’Italie, le propos s’applique partout dans le monde où les exégèses de la norme et de la normalité haussent la voix, travaillent activement pour ce qu’il pense être leur devoir, à savoir les rétablir, et commencent à (re) prendre le pouvoir. Adele Tulli n’impose aucun commentaire à son propos, les images parlent pour elles, et même si parfois on est effarés de la normalité et du discours qui nous sont proposés, la réalisatrice ne nous enferme pas dans un déterminisme laborieux et sans issue : la première scène débute sur le perçage des oreilles d’une petite fille – « pour qu’elle soit aussi jolie que sa maman » – mais se termine par une très jolie scène de fin, précédée par une cérémonie de mariage entre même sexe. Adele Tulli a accepté de répondre à nos questions.
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Le dernier film de Nasser Bakhti, Un ange passé trop vite, sort sur les écrans romands et aborde une thématique terrible et encore souvent tabou en société : la perte d’un enfant. Rencontre.

En 2008, le jeune YohannGumy, âgé de vingt-deux ans, disparaît dans un accident d’ULM dans l’Arve, à Genève. Ses parents, Lucie et Gérard, restent unis dans l’épreuve, suivant chacun leur chemin pour essayer d’accepter l’inacceptable : la perte d’un enfant. Comme le souligne le site du film de Nasser Bakhti,

Faire son deuil, un long chemin possible pour se retrouver et retrouver la vie… à chacun son propre chemin…

Comment faire le deuil d’un enfant parti trop tôt ? Comment traverser l’innommable, l’inacceptable, l’impensable, l’indicible ?
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Rencontre avec Pierandré Boo/Greta Gratos à propos du documentaire de Séverine Barde qui rend un vibrant hommage à la Diva des nuits genevoises

Séverine Barde, née en 1966, a étudié à l’Institut des Arts de Diffusion en Belgique. En tant que directrice de la photographie, elle a travaillé sur de nombreux longs métrages et des documentaires.
Avec Marie-Christophe Ruata-Arn, elle a co-réalisé Un ange passe – une série de courts portraits de personnes qui se consacrent aux autres par le biais de leur travail – commerçants, fonctionnaires, personnel médical, gardiens. Séverine Barde a suivi, côtoyé, accompagnée Pierandré Boo, et donc Greta Gratos, pendant quinze ans, pour en faire un magnifique portrait, exhaustif et captivant qui révèle des facettes méconnus de l’artiste et de son double maritimo-astral, proposant la découverte d’un yin et yang insolite et captivant.
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Pessac 2018 : « Cannes 1939 – le festival n’aura pas lieu » ou quand deux passionnés se rencontrent – entretien avec Olivier Loubes et Julien Ouguergouz

Agrégé d’histoire en1988, Olivier Loubes a soutenu en 1999 sa thèse sous la direction de Pierre Laborie au sujet de « L’école et la patrie en France dans le premier vingtième siècle ». Spécialiste de l’histoire des représentations et de l’imaginaire politique, Olivier Loubes est un habitué du Festival du Film d’Histoire de Pessac où nous l’avions rencontré en 2017. Ses travaux portent sur les liens entre patriotisme, société et enseignement en France, à travers des études sur la république, l’école, l’identité et la nation, le parcours de Jean Zay et, plus récemment, la naissance du Festival de Cannes. Il est correspondant de la revue L’Histoire.
Son livre, intitulé Cannes 1939. Le festival qui n’a pas eu lieu‪ (Paris, Armand Colin, 2016) a inspiré Julien Ouguergouz. Les deux passionnés d’histoire et de septième art se rencontrent et élaborent l’idée de consacrer un documentaire sur la première édition du festival de Cannes, celle de 1939, censée servir de contre-festival à la Mostra, acquise à la cause du fascisme mussolinien.
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Pessac 2018 : rencontre fortuite avec Michel Van Zele, réalisateur de « Les aventures de Histoire du soldat » à l’occasion des cent ans de la création de l’œuvre.

Rencontré fortuitement grâce à l’intervention judicieuse de l’attachée de presse du festival, nous avons pu rencontrer Michel Van Zele, réalisateur de nombreux documentaires – La Passion selon Callas (1989), La Passion selon Jean Genet (1995), Alberto Giacometti : « Qu’est-ce qu’une tête ? » (2000), Freddy Buache, passeur du 7ème art proposant un retour sur la carrière de Freddy Buache, cinéphile, critique, et surtout créateur de la Cinémathèque Suisse, située à Lausanne.
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En 1918, alors que la Première Guerre mondiale décime l’Europe, Igor Stravinsky, en exil en Suisse, a fait la connaissance de Charles-Ferdinand Ramuz, écrivain majeur de la Suisse Romande. Ensemble, ils décident de monter, avec le chef d’orchestre Ernest Ansermet, Histoire du soldat, un théâtre musical itinérant qui va marquer de son empreinte la musique du XXe siècle.
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