Lea Tsemel, avocate : le portrait très documentée de l’avocate juive-israélienne qui défend, depuis des décennies, les Palestiniens

Lea Tsemel, de Rachel Leah Jones et Philippe Bellaïche brosse le portrait exhaustif d’une avocate activiste qui défend la cause des Palestiniens envers et contre tous, retraçant son parcours exceptionnel à grand renfort d’images d’archives des cas importants qu’elle a défendus et à l’appui des témoignages de ses proches : son mari, son fils, sa fille et une ancienne étudiante palestinienne à l’Université de Bir Zeit, arrêtée dans les années septante.
Cette coproduction avec Megafun (CAN), Home Made Docs (ISR) et RTS Radio Télévision Suisse propose d’aller à la rencontre, en immersion sur les terrain selon les termes de Pierre Bourdieu, de cette avocate. Le film a été présenté au FIFDH 2019.
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Pessac 2019 – La Cordillera de los sueños (La Cordillère des songes), dernier volet de la trilogie de Patricio Guzmán, a fait partie de la sélection officielle Festival de Cannes 2019, présenté en séance spéciale et a remporté l’Œil d’or du meilleur documentaire

Ce long métrage sur la cordillère des Andes est la troisième partie d’une série de films sur des paysages emblématiques du Chili. Cette trilogie de Patricio Guzmán a débuté à Cannes en 2010, lorsque Nostalgia de la luz a été créée. Puis Le bouton de nacre (El botón de nácar), (présenté à la Berlinale 2015 où il a remporté le Prix du meilleur scénario, N.D.L.R.), a plongé les spectateurs dans les mers méridionales pour réunir à nouveau paysages, histoire, écosystèmes et politique contingente. Dans ce documentaire, le cinéaste dénonce le génocide humain localisé en pleine Patagonie humide. Quatre années se sont ensuite écoulées jusqu’à ce que La Cordillera de los sueños soit présenté dans la section «Projections spéciales» du Festival de Cannes .
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FIFF 2019 : « Mon nom est clitoris », de Lisa Billuart Monet et Daphné Leblond, dévoile les arcanes de cet étrange organe du plaisir au Festival International du Film Francophone de Namur

Image signées Lisa Billuart Monet, accompagnée au son par Daphné Leblond, ce documentaire propose une immersion progressive, pudique mais salutaire dans l’antre du plaisir féminin, souvent occulté en occident pendant des siècles vu que le corps féminin était limité à la reproduction des héritiers …. Un plaisir féminin encore mutilé et dominé dans de nombreuses régions du monde.
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They Shall Not Grow Old (Pour les soldats tombés) : Peter Jackson offre une relecture intéressante de la Grande Guerre

Après avoir tourné des films de vampires au cours de son enfance, Peter Jackson travaille en tant que photograveur dans un journal puis décide de se lancer dans le cinéma. En 1988, il sort Bad Taste, un premier film très gore tourné pendant ses fins de semaine, et qui se fait remarquer au marché du film du Festival de Cannes. Un an plus tard, il livre une version érotique et trash du Muppet Show avec Les Feebles. Mais c’est en 1992 que Peter Jackson se révèle aux yeux de tous avec le film d’horreur Braindead, considéré par beaucoup comme un sommet du genre. Récompensé par le Grand Prix du Festival d’Avoriaz en 1993, le film impose le réalisateur comme un spécialiste du cinéma gore.
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Inna de Yard  : le dernier documentaire de Peter Webber remet sur le devant de la scène des gloires mythiques de la « soul » jamaïcaine

Peter Webber (The Girl With A Pearl Earring) entraîne les spectateurs sur les hauteurs verdoyantes de Kingston – la capitale de la Jamaïque et non la banlieue Sud-Ouest de Londres – où des légendes du Reggae se retrouvent pour enregistrer un disque intitulé Inna de Yard. Plus de trente ans après leur âge d’or, ils s’apprêtent à repartir en tournée à travers le monde. A l’instar de l’album qu’ils enregistrent, le documentaire raconte l’aventure humaine de ces chanteurs qui, en plus d’incarner un genre musical mythique et universel, font vibrer l’âme de la Jamaïque. Car la « soul of Jamaica » est aussi une philosophie de vie.
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Rencontre avec Martin Witz réalisateur de Getaways to New-York sur l’ingénieur suisse Othmar H. Ammann, constructeur de célèbres ponts aux Etats-Unis

Après des études de langue et littérature allemandes, de littérature populaire européenne et de journalisme, Martin Witz, né à Zürich, a cofondé la Videoladen Zürich et y a travaillé jusqu’en 1982. Depuis, Martin Witz travaille en tant que réalisateur indépendant, principalement en Suisse et en Allemagne. Martin Witz travaille également comme monteur et dramaturge, principalement pour des documentaires dans les domaines de l’histoire, de la politique et de l’art.

Quand il réalise pour le grand écran, Martin Witz s’intéresse aux destins de Suisses qui ont marqué leur époque et leurs contemporains. On se souvient de de certaines documentaires marquants qui lui ont valu des nominations et des prix. Après les documentaires pour la télévision, Dutti der Riese (2007) fut sa première réalisation pour le cinéma.
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« Être vivant et le savoir », d’Alain Cavalier, rend un hommage émouvant à la romancière Emmanuelle Bernheim, disparue en mai 2017 – Sortie en Suisse romande le 19 juin 2019. Rencontre

Être vivant et le savoir, le dernier documentaire d’Alain Cavalier, a été projeté en séance spéciale au Festival de Cannes. Dans ce dernier film, le cinéaste français raconte l’histoire d’un film initial qui a laissé place à un autre film en cours de réalisation.

Emmanuelle Bernheim et Alain Cavalier partagent trente ans d’amitié. Après avoir lu le livre autobiographique de la romancière et scénariste Tout s’est bien passé, il propose à Emmanuelle d’adapter avec elle son propre livre. Le duo prépare donc un film. Dans ce livre, Emmanuelle Bernheim raconte comment son père lui a demandé « d’en finir », de l’aider à quitter cette vie terrestre alors qu’il était hémiplégique à la suite d’un accident cardio-vasculaire. Il redoutait qu’il ne perde ce qui lui restait, son esprit.
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« Getaways to New-York », de Martin Witz, rend un hommage remarquable à Othmar H. Ammann, ingénieur des ponts et chaussées d’origine suisse mais qui a exulté dans son art aux États-Unis

Avec son dernier film, Getaway to New-York, le réalisateur suisse Martin Witz se penche sur l’histoire d’un grand ingénieur suisse, Othmar H. Ammann, qui s’est exilé en 1904 aux Etats-Unis et marqué l’univers de l’ingénierie en redéfinissant les règles de la construction de ponts en Amérique.
Nombre de visiteurs, en particulier helvétiques, ont flâné sur des ponts tels que le Pont Verrazzano qui relie Staten Island à Brooklyn ou le célèbre Golden Gate de San Francisco, sans se douter un instant que ces ponts étaient l’oeuvre de leur compatriote, Othmar H. Ammann. Pendant des décennies et de manière spectaculaire, cet ingénieur suisse élaboré, créé, innovant dans les méthodes de construction et dans les matériaux utilisés.
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War of Art : voyage en Corée du nord dans l’univers du réalisme socialiste qui rappelle l’iconographie du pop art

La Corée du nord reste, pour le grand public, une terra incognita qui fascine autant qu’elle effraie. Pourtant, depuis quelques années, les documentaires sur ce pays se multiplient. Toujours cette faculté de Zeitgeist du cinéma qui s’empare des sujets sociaux et politiques avant qu’ils n’envahissent les mass media.

Ce qui fait l’originalité de ce documentaire n’est pas tant son sujet ni qu’il ait pu être tourné que le fait qu’il est en totale discrépance avec justement ce qu’il montre: des artistes « tenus en laisse » par leurs coordinateurs et accompagnants – comme leur reproche un des protagonistes, n’ayant même pas le droit de traverser la rue seuls, alors que le réalisateur semble avoir toute latitude pour filmer. Passionnant également, le fait que l’on comprend la réaction des Coréens non seulement parce que c’est ce qu’on attend d’eux mais aussi, surtout peut-être, parce que cela fait écho aux réactions que l’on a dans nos contrées sur l’art contemporain : il n’est pas rare en Europe de constater incompréhension, hochements de tête, amusement, sarcasme, dégoût ou rejet envers ces artistes et leurs œuvres.
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Sortie en Suisse romande : Delphine et Carole, insoumuses – Le portrait passionnant de deux femmes de cinéma, d’une époque, d’un engagement !

Paris, années septante. L’une est actrice internationale, l’autre est réalisatrice vidéaste ; les deux sont franco-suisses et engagée dans le mouvement féministe. Le fruit de leur rencontre va être une production de films vidéo méconnue du grand public, phénomène d’autant plus surprenant que la qualité et la créativité issues de leur démarche sont renversantes !
Le film documentaire qui esquisse le double portrait de Delphine Seyrig et de Carole Roussopoulos s’ouvre sur une scène sidérante : dans une émission de Bernard Pivot, un grand critique gastronomique, Christian Guy, explique avec emphase pourquoi les femmes n’ont jamais été, ne peuvent et ne pourront jamais être de grandes cheffes de cuisine ni critiques gastronomiques.
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