Berlinale 2021 Summer Special : Night Raiders de Danis Goulet, cinéaste de la Nation Crie – Un film de science-fiction précipité dans l’actualité !

Il y a quelques jours, le monde (re)découvrait un épisode infâme de l’histoire canadienne vis-à-vis des Premières Nations à la suite de la découverte d’un charnier d’enfants autochtones, 215, pensionnaires d’un institut catholique au XIXe siècle à Kamloops, en Colombie britannique. Cette épouvantable découverte rappelle le projet d’assimilation, d’acculturation systémique avec 150’000 enfants arrachés dès le plus jeune âge à leurs familles et placés dans des pensionnats religieux.
Présenté dans la section Panorama du festival, Night Raiders de la cinéaste de la Nation Crie/Métis Danis Goulet, fait terriblement écho à l’actualité alors qu’il est catégorisé comme science-fiction dystopique. Quel crash temporel !

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Berlinale 2021 – Panorama: Der menschliche Faktor (Human Factor), ein Familiendrama mit Thriller-Komponente

Eine lange Kamerafahrt durch ein scheinbar verlassenes Haus. Eine Familie fährt vor dem Haus vor, um ein langes Wochenende in seinem belgischen Ferienhaus zu verbringen. Doch bereits in den ersten Momenten bekommt man den Eindruck, dass mit dieser Familie nicht alles in Ordnung ist. Damit beginnt der neue Film des Italienischen, in Deutschland arbeitenden Regisseurs Ronny Trocker. Bekannt wurde dieser 2016, als sein erster Langfilm Die Einsiedler gleich in Venedig angenommen wurde. Und er bleibt auch in seinem zweiten Film den Themen Einsamkeit und dysfunktionale Beziehungen treu. Als Jan (Mark Waschke), der Mann, vom Einkauf zurückkommt, hört er oder ignoriert er (wie so vieles wird dies nicht völlig klar) Hilferufe seiner Frau Nina (Sabine Timoteo). Einbrecher seien im Haus und geflüchtet. Auch die Kinder Emma (Jule Hermann) und Lucas (Spencer Bogaert) haben nicht wirklich etwas gesehen. Weder sie noch die Polizei finden irgendwelche Spuren, nur die zahme Ratte von Lucas ist verschwunden. Man ist beunruhigt, will am nächsten Tag abreisen, bleibt aber doch und verbringt den Tag mit verschiedenen Aktivitäten. Nur Jan behagt der Besuch seines Schwagers mit dessen Ehemann nicht besonders (zu seiner Frau: Würdest Du Dich mehr um Deine Kinder kümmern, statt um Deinen Bruder,…).
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Berlinale 2021- Panorama : Censor, ein psychologischer Horrorfilm von Prano Bailey-Bond

Der Film beginnt wie ein typischer 80er Jahre– Horror-Slasher mit Störungen und der schlechten Bildqualität einer alten Videokassette. Schnell sieht man jedoch, wie eine Hand einen Videorekorder stoppt und eine leicht absurde Diskussion über notwendige Schnitte für eine kommerzielle Auswertung im Kino oder auf Video beginnt. Enid Baines (die irische Schauspielerin Niamh Algar, die vor allem durch die Serie PURE bekannt wurde), ist eine jener Mitarbeiter bei der englischen BFBC, die dafür sorgen soll, das besonders gewalttätige Szenen bearbeitet werden, damit Zuschauer vor psychischen Schäden bewahren werden. Man befindet sich im England der achtziger Jahre der Margret Thatcher, in dem die immer stärker werdende Gewalt im Lande auf die Nachahmung sogenannter Video Nasties geschoben wurde, anstelle die wirklichen Ursachen wie die Politik Frau Thatchers und der immer höheren Arbeitslosigkeit in den Mittelpunkt zu rücken. Enid nimmt ihre Arbeit sehr ernst und will Menschen vor Schäden bewahren. Als ein grausamer Mordfall dem Inhalt einer ihrer freigegebenen Filme gleicht und ihr Name bekannt wird, ist sie geschockt und ihre unterdrückten  psychischen Probleme gewinnen langsam Oberhand.
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Berlinale 2021: présenté dans la section Panorama, Mishehu Yohav Mishehu (All Eyes Off Me) de Hadas Ben Aroya, propose une immersion dans l’intimité physique et émotionnelle de ses protagonistes

Le film se compose de trois épisodes, trois chapitres de vie qui se croisent, de saynètes qui parlent d’épreuves, de dépassement des frontières, de transgressions. All Eyes Off Me s’ouvre sur une soirée entre jeunes gens qui dansent sous les lumières des spots multicolores, qui sniffent une ligne de coke, qui commencent à flirter ou à s’embrasser passionnément. Le premier épisode concerne une jeune femme à la recherche du gars qui l’a mise enceinte lors d’une fête sauvage. Danny (Hadar Katz) est donc enceinte de Max (Leib Lev Levin) et elle passe de pièce en pièce à la recherche de Max. Mais elle n’a pas le temps de le lui dire alors qu’elle le retrouve en train d’enlacer et d’embrasser avec fougue une jeune fille.
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Berlinale 2021 – Panorama : Le monde après nous, de Louda Ben Salah-Cazanas, brosse le portrait d’une génération en puisant dans son propre parcours

Le monde après nous est fait d’ingrédients très personnels, voire autobiographies, à commencer par le protagoniste du film, Labidi (Aurélien Gabrielli), jeune trentenaire qui cumule les petits boulots incertains tout en écrivant son premier roman après le succès rencontré par sa première publication, une nouvelle. L’appartement parisien de Labidi est si petit qu’il n’y a de place que pour un lit. Le jeune écrivain partage l’étroitesse du lieu avec son colocataire Alekseï (Léon Cunha Da Costa), tous deux liés par une solide amitié et une immense complicité. Labidi et Alekseï alternent les quarts de travail en dormant dans le lit et sur un tapis de camping qui le jouxte. À Lyon, où Fatma (Saadia Bentaieb), la mère de Labidi, née en Tunisie, tient un café avec son père, Jacques (Jacques Nolot), Labidi rencontre Élisa, étudiante en art dramatique aux taches de rousseur séduisantes et au regard pétillant. Louda Ben Salah-Cazanas réussit la gageure de rendre tous les personnages proches de nous nous permettant d’entrer dans leurs têtes et de suivre à leurs côtés leurs péripéties.
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Berlinale 2021 – une édition en deux mouvements : du 1er au 5 mars pour l’industrie et la presse ; du du 9 au 20 juin pour le public

Pari très osé pour le Festival international du film de Berlin qui traditionnellement ouvre la saison des 3 plus grands festivals internationaux : ne pas laisser le champ libre à Cannes qui a reporté son édition de mai à juillet et à Venise tout en ne perdant pas son âme en devenant un festival en ligne.  
Mariette Rissenbeek, directrice exécutive du festival, aux côtés de Carlo Chatrian, directeur artistique, à la conférence de presse:
« L’annulation de la Berlinale n’était pas une option pour nous.»
Englués comme tout le monde dans cette pandémie dont on ne voit pas le bout, les responsables ont monté une édition basée sur ses deux piliers : offrir une plateforme incontournable pour les professionnels du cinéma (11’000  accrédités à l’European Film Market, 3500 accrédités presse, 18’556 accrédités professionnels) et être un rendez-vous unique pour le public qui assiste chaque année en nombre aux projections avec 487’504 spectateurs et 331’637 billets vendus (chiffres Berlinale 2019). Ce rendez-vous  exclusivement public du mois de juin est une gageure au regard des pronostics sur l’évolution de la pandémie, mais s’il a lieu, donnera l’occasion de fêter en grandes pompes le retour du cinéma dans la vie culturelle empêchée par le coronavirus et les mesures sanitaires qui découlent de la crise qu’il a déclenché il y a une année – ironie de l’histoire, la Berlinale 2020 venait de se terminer quand les pays ont commencé à se fermer les uns après les autres. Le Summer Special aura lieu dans les cinémas berlinois ainsi que les nombreux cinémas en plein air qui ouvrent d’ordinaire dès le mois de mai ; pour découvrir une grande partie de la sélection des films 2021, en présence des cinéastes, ainsi que tous les films primés.
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The Assistant – Kitty Green déconstruit le système qui permet à des abuseurs et harceleurs d’avoir pignon sur rue

L’histoire est très simple à exposer : Jane (Julia Garner) est l’assistante personnelle d’un grand producteur dans une société de production cinématographique des plus en vue de la place. Première arrivée, dernière partie, sa vie ne consiste plus qu’à cette place de travail où elle effectue toutes les tâches possibles et imaginables, allant de la gestion complète et jusqu’aux moindres détails de l’agenda, professionnel comme privé, de son patron, jusqu’au rangement et nettoyage du bureau de son chef qui n’éprouve aucune vergogne à y laisser toutes sortes de traces de ses activités. Tout ceci dans un climat délétère, attenant au harcèlement moral par ses deux collègues masculins, plus anciens dans la boîte, mais restés à un niveau mental pubère.
Ce qui l’est moins, c’est la psychologie individuelle et collective qui sous-tend les comportements des un.es et des autres dans cette histoire sordide qui rappelle furieusement l’affaire Harvey Weinstein.
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#BackToCinema : Après une sortie prometteuse juste avant le confinement, Mare d’ Andrea Štaka ressort sur les écrans suisses

Mare, le dernier film de la cinéaste suisse Andrea Štaka (Léopard d’or au Festival de Locarno 2006 pour Das Fräulein) a été présenté pour la première fois lors de la Berlinale 2020, sélectionné dans la section Panorama.
La ligne de force qui traverse le film est la dialectique entre frontières physiques et frontières intimes qui empêchent les individus. La réalisatrice se saisit ave brio cette thématique des limites qui encerclent un individu et un lieu : Mare est une femme-pilier enfermée dans une famille, certes aimante et qu’elle aime, mais qui ne lui offre que peu de perspectives d’évolution. Ils habitent à côté de l’aéroport de Konavle près de Dubrovnik où son mari travaille à la surveillance de la clôture de sécurité. Les avions atterrissent et décollent pour les touristes, les habitants ayant pour loisir de les regarder arriver et partir.
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Skin, de Guy Nattiv, ou comment survivre à l’endoctrinement raciste suprémaciste – disponible en Suisse en VoD

Le réalisateur israélien Guy Nattiv a décidé de faire un film sur un néonazi réformé seulement après avoir reçu la bénédiction de son grand-père qui a survécu à l’Holocauste. Skin suit l’histoire vraie de Bryon “Pitbull” Widner, membre d’un gang de néo-nazis qui fera face à des menaces de mort pour les siens comme pour lui lorsqu’il décidera de changer de vie…

En tant que fils adoptif de deux dirigeants farouchement engagés de leur secte néonazie locale, la vie de Bryon Widner (Jamie Bell) a été façonnée dans l’ombre du mouvement suprémaciste blanc. Couvert de la tête aux pieds par des tatouages codés et violents, Widner incarne le monde dans lequel il a été élevé, alors qu’il fait de ses nuits des successions d’actes gratuits  violents d’exécutions mues par la haine et des discours fascistes martelés sans fin par son gang.
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Berlinale 2020 – Panorama : Schwarze Milch (Black Milk), d’Uisenma Borchu, décrit la discrépance entre Occident et traditions de la steppe

La séquence d’ouverture est magnifique : une jeune femme au type asiatique qui se regarde dans le miroir et s’attache les cheveux. Puis la caméra suit un homme occidental, au visage anguleux, qui se prépare face au miroir de la salle de bain. On entend une mélopée mongole … L’homme arrive brusquement dans le salon d’où provient la musique et éteint sans crier gare le lecteur de musique : « On doit supporter ta musique ! » crie-t-il à l’endroit de la jeune femme. Franz exige de la jeune femme qu’elle lui dise quelle lui appartient. On trouve la jeune femme couchée sur le dos pendant que Franz (Franz Rogowski) se soulage. On comprend avec ces quelques courtes scènes que l^homme est dominateur, autoritaire et la jeune femme malheureuse.
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