13e édition du Festival cinémas d’Afrique de Lausanne du 23 au 26 août 2018

Le pluriel inscrit dans le titre du festival est déjà un gage de proposition consciente et intelligente d’une vision du monde cinématographique et culturel du continent africain. En effet, combien de festivals dans nos contrées européennes intitulent leur manifestation festival du « cinéma arabe », du « cinéma des pays de l’est », du « cinéma sud-américain », etc. ? Comme si les contrées s’homogénéisaient à l’aune de la distance physique et culturelle qui nous séparent d’elles…
Durant quatre jours donc, l’Afrique multiple sera à la fête avec des films, des musiques, des photographies et des paysages réels ou imaginaires autour du thème La Teranga – hospitalité en wolof.

L’édition 2018 propose un programme riche et varié sous la forme d’un panorama des cinémas africains contemporains, une rétrospective consacrée à la lutte anti-apartheid, un hommage au réalisateur burkinabè décédé en février 2018 Idrissa Ouédraogo, un focus sur le Soudan, une exposition du photographe Osborne Macharia, des courts métrages en réalité virtuelle 360°, une carte blanche aux Rencontres Cinématographiques de Bejaïa (Algérie), un concert du sextet éthio-jazz Arat Kilo accompagné de la diva malienne Mamani Keïta et du rappeur slammeur américain Mike Ladd, une table ronde Littérature et cinéma, une soirée DJ, un café-rencontre, des débats et des spécialités culinaires.

Remember the Rude Boy II
© Osborne Macharia – Image courtoisie Festival cinémas d’Afrique Lausanne

Le festival s’ouvre ce jeudi 23 août avec  la projection en avant-première suisse du film Rafiki de la réalisatrice Wanuri Kahiu, en présence de l’actrice Samantha Mugatsia. Interdit au Kenya, le film ovationné au dernier Festival de Cannes dans la section Un certain regard, raconte l’histoire d’amour entre deux adolescentes confrontées à une société très conservatrice où l’homosexualité est considérée comme un crime et passible de 14 ans de prison. Le film sortira en octobre en Suisse romande.

 

La section Panorama constitue le cœur du programme avec une sélection de 44 films en provenance de 25 pays d’Afrique. Elle offre une vision large de la production récente ce qui permet de mettre en lumière la diversité de la cinématographie africaine et, surtout, donner au public l’occasion de découvrir des films que l’on voit rarement dans nos salles de cinéma. Un Focus dédié au Soudan met en valeur une cinématographie largement méconnue et dévoile une jeune génération de cinéastes qui s’engagent pour faire vivre le cinéma dans leur pays.

En l’honneur du 100e anniversaire de la naissance de Nelson Mandela, le Festival propose, en partenariat avec la Cinémathèque suisse, sept films dans une rétrospective Mandela et la lutte anti-apartheid. Les séances sont présentées par Enver Samuel, journaliste et réalisateur d’investigation sud-africain, membre du comité du National Film and Video Foundation.

Une carte blanche offerte aux Rencontres Cinématographiques de Bejaïa (Algérie), permet de découvrir d’autres univers avec quatre fictions récentes en provenance d’Algérie et du Maroc.

Avec le film Kini & Adams (1997) le festival rend hommage au cinéaste burkinabè Idrissa Ouédraogo, figure emblématique du cinéma africain. Auteur d’une quarantaine de films, Idrissa Ouédraogo a obtenu de nombreux prix dans les plus grands festivals, notamment le Grand Prix du Jury à Cannes pour Tilaï – transposition d’une tragédie grecque dans l’Afrique contemporaine – en 1990 ou l’Ours d’Argent de la Berlinale 1992 pour Samba Traoré.

 

Comme tous les festivals du moment, celui des cinémas d’Afrique propose à son public une immersion dans la réalité virtuelle 360° avec la possibilité de se promener dans un monde imaginaire et pourtant documentaire, avec 7 courts métrages, dans la Chapelle Tell, en face du Casino de Montbenon!

Dans le programme qui accompagnent les films, une très belle exposition photo de l’artiste kenyan Osborne Macharia, figure de proue de la photographie afrofuturiste, sorte de conteur d’images dans sa conception de la photographie comme un art narratif. Possibilité de visiter l’expo commentée par l’artiste ou de se faire tirer le portrait par le photographe dans un studio installé dans la Chapelle Tell.

La table ronde Littérature et cinéma s’ouvrira sur le film de Sol de Carvalho, Mabata Bata, tiré d’une nouvelle de l’écrivain mozambicain Mia Couto, pour discuter des adaptations cinématographiques de la littérature africaine, avec Baba Diop, journaliste, critique de cinéma et enseignant à l’Université Gaston Berger à Dakar, Christine Le Quellec Cottier, Maître d’enseignement et de recherche, membre de l’Association des études africaines de l’UNIL. Le débat sera animé par Max Lobe, écrivain camerounais basé en Suisse.

Malik Berkati

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