Laurence Deonna, libre !, de Nasser Bakhti, invite à un voyage à travers les reportages de cette féministe engagée, reporter, auteure et témoin capital d’une époque et de la condition féminine – Rencontre (audio)

Auteur, réalisateur et producteur, Nasser Bakhti travaille dans le monde audiovisuel depuis 1987. Diplômé de la Mountview Art and Drama School de Londres, il collabore comme assistant de production, puis comme directeur de production, à des films documentaires pour Channel 4 et BBC, et réalise son premier film documentaire pour Channel 4 en 1992. Il a fondé Troubadour Films avec Béatrice Bakhti, réalisatrice/monteuse en 1990. À travers tous ses films, Nasser Bakhti  a habitué ses spectateurs à côtoyer au plus près les personnes qu’il filme, de Dominique Appia, aux parents du jeune Yohann Gumy en passant par les adolescents romands, entre autres. Avec son dernier film, Laurence Deonna, libre !, Nasser Bakhti rend un hommage coloré et émouvant à Laurence Deonna, grande reporter, écrivaine, conférencière et photographe, qui a risqué sa vie à parcourir le monde pendant cinquante ans pour témoigner de la situation des femmes, en Suisse et sur plusieurs continents, mais surtout au Moyen-Orient et dans les républiques d’Asie centrale.

Nasser Bakhti  connaît Laurence Deonna depuis 2012. Quand elle public publie Mémoires ébouriffées en 2014, Nasser Bakhti ressent l’envie de faire son portrait tout en rappelant ses nombreuses missions à l’étranger pour couvrir des événements, et en l’accompagnant dans son quotidien, aux côtés de son mari Farag Moussa et de leur chien. Au fil des échanges qui se muent peu à peu en confidences à mesure que la confiance s’instaure, Nasser Bakhti découvre une femme toujours en alerte, vive et dynamique, passionnée et animée par tous les combats des femmes, où qu’elles soient. Nasser Bakhti donne la parole à une féministe « qui pense et respire la liberté de penser et l’indépendance de la femme » depuis cinquante ans tout en alternant ses propos avec des images d’archives émouvantes de Sanaa, de Palmyre, ente autres. Ce projet lui a pris huit ans vu l’absence de financement et si Laurence Deonna, libre ! peut sortir sur les écrans aujourd’hui, c’est grâce à la générosité d’une collecte de fonds.

Avec affection et admiration, Nasser Bakhti nous a raconté ces années passées dans l’intimité de Laurence Deonna pour récolter sa parole et ses confidences, pour capturer ses tenues bigarrées, pour l’immortaliser dans ses conversations drôles et tendres avec son mari. Il nous a parlé du choix esthétique du film dont le montage a été fait par sa femme Béa, de la musique, des rencontres liées à ce documentaire. À la fin de ce périple aux côtés de cette immense aventurière, Nasser Bakhti souligne :

« J’ai le sentiment d’avoir fait un film qui ressemble au grenier de Laurence, un fouillis habité d’histoires joyeuses et douloureuses, de luttes souvent infinies, de sororité, de déceptions, d’amour, de concessions et de solidarité… à l’image de sa vie…».

— Nasser Bakhti
© Firouz Pillet

Nasser Bakhti invite le public à venir découvrir Laurence Deonna, libre ! en présence de la première concernée le 8 mars au Cinéma City, aux Eaux-Vives. Cette projection sera suivie d’une rencontre avec Laurence Deonna et d’un concert de oud.

Rencontre:

 

Propos recueillis par Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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