Pessac 2022 : rencontre avec Fabrice Virgili, historien et directeur de recherche au CNRS, spécialiste des relations entre hommes et femmes en temps de guerre

Fabrice Virgili est historien, spécialiste en histoire contemporaine, guerre et genre, directeur de recherche au CNRS. Ses recherches portent principalement sur les phénomènes de guerre et de violences sous l’angle du genre. Il est membre de Mnémosyne, association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre.

— Fabrice Virgili
Image courtoisie Festival international du film d’histoire de Pessac

Dans le cadre de SIRICE-Sorbonne, Fabrice Virgili a travaillé sur les identités, les relations internationales et les civilisations de l’Europe. Ses thèmes de recherche sont les guerres, les violences et la sexualité, en poussant son étude sur le cas des femmes tondues ainsi que sur les viols en temps de guerre. Fabrice Virgili dissèque comment les relations entre hommes et femmes sont influencées par les guerres. Il s’est aussi intéressé aux enfants nés de couples franco-allemands pendant la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’aux violences conjugales dans la France du XXème siècle.

Parmi les violences faites aux femmes, il a analysé la situation des femmes tondues. Bien que pratiquées pour les premières dans la clandestinité, les tontes de femmes accusées de collaboration éclatent au grand jour lors et dans le prolongement des journées libératrices (1944-1946). Ces violences sont très souvent photographiées ou filmées. Bien plus qu’un témoignage, ces prises de vue font parties du châtiment. Qu’elles soient rapidement publiées dans la presse ou conservées discrètement, l’image de la tondue continue à fasciner et à choquer. Elle devient emblématique de la libération et l’épuration, ces images sont reproduites dans la presse et sur les écrans que ce soit des documentaires puis des fictions. L’image de la tondue nous en dit autant sur l’événement que sur sa mémoire, nous apprend autant qu’elle ne trouble l’histoire de la Libération.

Lors de la 32ème édition du Festival du Film d’Histoire, Fabrice Virgili a parlé de son coup de cœur littéraire : L’écriture sur le corps des femmes assassinées de Ciudad Juarez de Rita Laura Segato.

Pour rappel, Ciudad Juarez, à la frontière du Mexique et des États-Unis, a la réputation d’être la capitale mondiale du crime. Plus de 200 000 ouvrières travaillent dans cette zone. Entre 1993 et 2003, près de 1 500 jeunes femmes y furent assassinées avec une hallucinante sauvagerie. On fit alors appel à une anthropologue, Rita Laura Segato, pour saisir le sens de cette vague de violence dirigée contre des femmes. Rencontre.

 

 

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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