Play, d’Anthony Marciano, un film générationnel qui parle aux trentenaires

Ce film franco-belge, réalisé par Anthony Marciano, réunit Max (Max Boublil), Arnaud (Thomas Aprahamian), Mathias (Malik Zidi), trois amis qui se se fréquentent au collège puis resteront amis durant les années lycée, à la faculté et à l’âge adulte.

En 1993, Max a treize ans (Alexandre Desrousseaux) quand son père (Alain Chabat) lui offre sa première caméra. En cette soirée de Noël, le jeune adolescent film l’âtre de la cheminée, le sapin et les cadeaux, sa petite soeur qui découvre les siens, ses parents. Puis, filmant sa soeur dans sa chambre qu’il nomme « la tanière de la bête », il filme ensuite le fameux cake au yaourt de sa mère.

— Alexandre Desrousseaux – Play
© Gaumont Distribution

Pendant vingt-cinq ans il ne s’arrêtera pas de filmer. La bande de potes, les amours, les succès, les échecs. Des années 90 aux années 2010, c’est le portrait de toute une génération qui se dessine à travers son objectif.

Play est le film par excellence qui s’adresse à une génération, celle des trentenaires. On suit le temps qui passe et les liens d’amitiés de ce trio de garçons à travers leurs premiers émois, leurs défis, leur complicité et parfois leurs petits guet-apens pour se moquer de l’un d’entre eux quand il se vante d’avoir vécu sa première fois alors que la réalité – filmée – montre le contraire.

Le film égaient les temps partagés de ce groupe d’amis comme une boom avec les premiers baisers, égrainant ces instants comme des souvenirs fondateurs sous forme de chroniques d’adolescents dans les années nonante. On retrouve Max au lit, qui tient deux figurines des Simpsons pendant qu’une dispute éclate entre les parents … En effet, la caméra qui ne quitte plus Max enregistre aussi les moments de déliquescence, la relation parentale qui s’étiole.

Dans cette comédie nostalgique, Max regarde sa vie défiler devant lui et décide, à l’approche de la quarantaine, de monter le film de sa vie à l’aide d’un caméscope avec, comme matière, les rushs accumulés depuis son adolescence, filmés caméra à l’épaule, en vue plongeantes ou frontales.

 

Distillant des tranches de vie émouvantes, teintées d’humour et de tendresse, Play livre une réflexion juste sur le temps qui passe et pourrait parler à d’autres générations au-delà des détails des éléments technologiques liés à une époque.

Anthony Marciano avait signé un premier opus, Les Gamins, qui révélait Max Boublil comme nouveau comique français incontournable.  Avec son second film, Robin des bois, la véritable histoire, Marciano se muait en justicier, volant aux riches producteurs pour donner aux pauvres cinéphiles.

Le réalisateur continue à recourir à toutes les grosses ficelles du genre comique, en usant et en abusant, y distillant des rouages dramatico-amoureux classiques – les histoires d’amour manqué, les retrouvailles des années après – qui constitue ce film qui semble avoir été éroit pour Max Boublil. Le comédien a la fâcheuse tendance d’insupporter bien des spectateurs dont la sous-signée, qui a cherché à souligner les rares qualités de ce film.

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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