El buen patrón (Le bon patron), de Fernando León de Aranoa, brosse le portrait d’un patron paternaliste avec autant d’humour que d’observation réaliste

Un ex-employé viré qui proteste bruyamment et campe devant l’usine avec moult banderoles et mégaphone; un gardien d’usine, Miralles (Manolo Solo) qui sympathise avec le contestataire ; un contremaître, José (Óscar de la Fuente), qui met en danger la production parce que sa femme le trompe ; un responsable d’atelier maghrébin, Khaled (Tarik Rmili) pour donner bonne conscience au patron ; une stagiaire, Liliana (Almudena Parejo Amor), tellement irrésistible… (…)

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Incroyable mais vrai – La comédie la plus grand public de Quentin Dupieux

(…) Le film tourne autour de deux couples aux dynamiques opposées : Alain (Alain Chabat) et Marie (Marie Drucker), au mitan de la vie, font partie de la classe moyenne, ils emménagent dans un pavillon de banlieue des plus communs, si ce n’était cet étrange trou dans la cave. L’agent immobilier (Stéphane Pezerat) leur vend, tel un animateur de télé-achat qui met 10 minutes à expliquer quel est le clou du produit, ce trou comme une plus-value fantastique à la maison. L’autre couple est formé du chef d’Alain, Gégé, un m’as-tu-vu de première ligue, beauf à souhait, avec son amie Jeanne (Anaïs Demoustier), plus jeune que lui et propriétaire d’un magasin de lingerie. À la pendaison de crémaillère, Gégé et Jeanne ont quelque chose d’extraordinaire à révéler à leurs amis : cela leur prendra de longues minutes, se perdant dans des embrouillaminis hilarantes. Les deux bizarreries qui accompagnent désormais la vie de ces quatre protagonistes vont être la source d’une perte de contrôle totale sur le cours des choses. (…)

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Cannes 2022 : L’innocent, de Louis Garrel, présenté hors compétition, invite à une comédie policière emplie de savoureuses mises en abîme

Quand Abel (Louis Garrel) apprend que sa mère Sylvie (Anouk Grinberg), la soixantaine, qui anime des ateliers de théâtre en prison, est sur le point de se marier avec Michel (Roschdy Zem), un prisonnier, il panique. Aussitôt, Abel suspecte des intentions douteuses et un stratagème louche dans ce mariage et se met à prendre en filature Michel. Epaulé par Clémence (Noémie Merlant), sa meilleure amie, plus précisément la meilleure amie de feu sa femme, Abel va tout faire pour essayer de la protéger. Mais la rencontre avec Michel, son nouveau beau-père, pourrait bien offrir à Abel de nouvelles perspectives… (…)

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Ninjababy, de Yngvild Sve Flikke, suit de manière amusante et réaliste les tribulations d’un foetus

Sélectionné à la fois au programme Generation 14plus de Berlin et au SXSW’s Film Festival d’Austin, le second film de Flikke, après Women in Oversized Men’s Shirts, est une comédie dramatique originale et étonnante qui mêle film d’action en direct et animation, un savoureux melting-pot issu de l’écriture conjointe de Johan Fasting de Home Ground, en collaboration avec Yngvild Sve Flikke et la romancière et animatrice Inga H. Sætre, à partir de son propre roman graphique Fallteknikk. (…)

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Rifkin’s Festival : Woody Allen signe son cinquantième film et s’amuse à mettre en abîme sa personne comme le septième art

De toute évidence, le temps n’a pas d’emprise sur la créativité de Woody Allen qui signe, à quatre-vingt ans, son cinquantième film, Rifkin’s festival, un film empli d’un souffle vivifiant et d’une exquise autodérision. (…)

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Locarno 2021 Compétition internationale – Sis dies corrents (The Odd-Job Men) de Neus Ballús: La plomberie de la vie quotidienne

Mohamed, migrant marocain à Barcelone fermement décidé à s’intégrer par la langue – il parle le castillan mais apprend le catalan pour passer l’examen – et le travail, trouve un emploi dans une petite entreprise de plomberie-électricité. Il a une semaine de mise à l’essai qu’il pense passer sans encombre. C’est sans compter sur ses deux collègues et les clients, plus excentriques les uns que les autres. L’idée de la réalisatrice Neus Ballús est de dépeindre par petites touches la complexité de la vie quotidienne, les préjugés mutuels qui nourrissent les situations journalières,  inspirée par les histoires de son enfance que racontait son père, lui-même plombier.
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Présidents, d’Anne Fontaine, propose une fable contemporaine avec des personnages troublants de véracité

Nicolas (Jean Dujardin), un ancien Président de la République, vit avec Carla (Dora Tillier), une chanteuse d’opéra et le minuscule chien qu’elle lui a offert. Confessant à son coach et thérapeute (Denis Podalydès) ses nouvelles passions – passer l’aspirateur dans son appartement du 16e arrondissement et promener son nouveau compagnon à quatre pattes – il affiche avec véhémence son enthousiasme pour ces activités mais cache difficilement son état dépressif. En effet, Nicolas supporte mal ne plus être une figure de la vie politique, et surtout de ne plus être à l’Élysée. Devant un panel de candidats aux prochaines élections présidentielles, Nicolas saisit l’échéance des dépôts de candidatures et voit dans les circonstances politiques actuelles une opportunité qui lui permet d’espérer un retour sur le devant de la scène. Mais pour ce faire, il lui faut un allié de renom : son ancien adversaire et successeur, François. Prétextant auprès de sa cantatrice de compagne de passer quelques jours au vert pour soigner leur petit chien soudainement pantelant, Nicolas part donc en Corrèze, pour convaincre François (Grégory Gadebois), un autre ancien Président de la République, retiré à la campagne, de faire équipe avec lui. Quand Nicolas rencontre François, ce dernier feint d’être passé à autre chose et de couler une retraite paisible et heureuse entre ses ruches, ses promenades à vélo, ses siestes quotidiennes et les récits de vélage faits par sa femme, Valérie (Pascale Arbillot), une vétérinaire très appréciée par les paysans de la région pour son humanité et sa disponibilité. Mais, devant l’insistance et les arguments de Nicolas qui lui propose d’allier leurs forces et de fonder un parti improbable – La France pour tous – pour remporter les prochaines présidentielles, et malgré leurs convictions politiques de tendances opposées, François se pique au jeu tandis que Nicolas découvre que le bonheur n’est peut-être pas là où il croyait mais peut-être bien dans le pré
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Les deux Alfred, de Bruno Podalydès, croque avec justesse les dérives d’une société de plus en plus déshumanisée

Bruno Podalydès revient sur les écrans avec un comédie à la fois drôle mais aussi subtilement critique sur les dérives de notre société contemporaine ultra-connectée et de plus en plus déshumanisée. Le titre Les deux Alfred fait référence aux deux inséparables singes en peluche des enfants du protagoniste et qui servent de fil conducteur à cette satire du monde du travail et de la société hyper-connectée. Depuis son premier film Versailles Rive-Gauche (1992), un moyen métrage très remarqué qui a remporte le Prix du Public et une mention du Jury au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, Bruno Podalydès enchante les spectatrices et les spectateurs avec ses films au ton savoureux, décalé et cocasse. Voilà bientôt trois décennies que son cinéma d’auteur a fidélisé son public qu’il avait amusé en 2018 avec Bécassine, hymne à la bonté et au bon sens populaire à travers la figure de la fille de ferme, issue de l’imagination de l’illustrateur Joseph Pinchin.
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El robo del siglo (Le braquage du siècle) – Un hold-up réel dans une mise en scène dynamique héroï-comique !

Basé sur des faits réels, cette comédie argentine nous entraîne dans une réalisation qui utilise les codes du genre (Ocean’s 11 et suites ; Now You See Me [Insaisissable], 2013 ; ou le sud-coréen The Thieves [Dodookdeul], 2012) mais sans leur côté aseptisé, ici on garde les aspérités, les grains de sable et une certaine distance ironique qui s’exprime par le rappel régulier de la trivialité des choses, le mélange des musiques (jazz, western spagehtti, instrumental rythmé) qui habille habilement les différentes étapes de l’épopée des anti-héros, la composition de l’image, avec au début du film, un magnifique plan-hommage au cinéma où le cerveau de la bande, dépité, trempé sous la pluie se retrouve devant une série d’affiches de cinéma éclairée par des néons rouges avant d’avoir une illumination : face à son psychologue, Fernando Araujo (Diego Peretti) avait cité un philosophe qui disait que le bien le plus élevé de l’être humain était de trouver sa vocation, ce à quoi le psy avait répondu qu’il serait temps qu’il trouve la sienne. Voilà qui était fait : braquer une banque !
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Berlinale 2021 – Compétition : Ras vkhedavt, rodesac cas vukurebt? (What Do We See When We Look at the Sky?) – Quand Le hasard qui se bat contre le sort devient destinée

La fable que nous conte le réalisateur géorgien Alexandre Koberidze a pour cadre la ville historique de Koutaïssi, qui a été plusieurs fois la capitale de la Géorgie lorsque Tbilissi était sous occupation étrangère. Lisa (Oliko Barbakadze) est étudiante en médecine et travaille en pharmacie, Giorgi (Giorgi Ambroladze) est footballeur. Ils se rencontrent par hasard un matin, se rentrent dedans plusieurs fois en voulant reprendre leur chemin, et par ce faire pulvérise l’ordre des choses de leur train-train quotidien. Le soir, ils se croisent à nouveau. Pour honorer le hasard, Giorgi demande alors si elle veut bien le retrouver au café le lendemain ; elle répond par l’affirmative et, comme le souligne la voix-off du réalisateur qui interviendra plusieurs fois dans le cours du récit, cette invitation et acceptation se fait à leur plus grand étonnement à tous les deux, peu habitué.e.s à tant de spontanéité.
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