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Qui brille au combat, de Joséphine Japy : une famille face au handicap, entre amour inconditionnel et tourments personnels. Rencontre

C’est avec une profonde émotion que nous publions ces lignes. Cet entretien, réalisé récemment par notre collaboratrice Firouz E. Pillet, est l’un de ses derniers travaux. Jusqu’au bout, elle aura porté son regard acéré et sa plume sensible sur le cinéma qui compte. Nous avons choisi de partager ce texte et cet entretien tels qu’elle les avait conçus, en témoignage de son engagement et de sa passion pour le septième art.
Le film est à voir sur les écrans romands.

La Rédaction

Présenté en Séance Spéciale au Festival de Cannes 2025, le premier long-métrage de l’actrice, scénariste et désormais réalisatrice française Joséphine Japy puise sa source dans son histoire personnelle.

Qui brille au combat de Joséphine Japy
© Cowboys Films – The Man – France 3 Cinema – 25A

Le titre, Qui brille au combat, peut surprendre. Pourtant, la cinéaste explique qu’il s’agit de l’étymologie du prénom Bertille — qui est, dans le film, la plus jeune des deux sœurs de la famille Roussier. Bertille (interprétée par Sarah Pachoud) souffre d’un handicap autistique lourd au diagnostic incertain. Autour d’elle, la famille maintient un équilibre fragile. Cette enfant accapare les efforts, les pensées et l’énergie de chaque membre du foyer, d’autant que sa vie peut basculer à tout moment. Dans ce rythme effréné marqué par l’incertitude, chacun tente de se construire : les parents, Madeleine (Mélanie Laurent) et Gilles (Pierre-Yves Cardinal), comme la sœur aînée, Marion (Angelina Woreth).

Le quotidien de cette famille a poussé le couple et l’aînée à s’oublier eux-mêmes. Alors qu’elle prépare son bac, Marion rêve de l’insouciance de sa bande d’amis, mais la responsabilité de sa cadette la propulse prématurément dans l’âge adulte.

Avec ce film, Joséphine Japy signe des débuts remarqués derrière la caméra. Coécrit avec Olivier Torres, le scénario s’inspire de la propre sœur de la réalisatrice. Ayant vécu cette réalité de l’intérieur, la cinéaste parvient à retranscrire avec une finesse rare la palette d’émotions de Bertille et de ses proches. Elle a d’ailleurs pu compter sur le talent d’Angelina Woreth — actrice et mannequin parisienne issue d’une famille d’artistes (fille du réalisateur Éric Woreth) — qui apporte au film une authenticité saisissante.

Pour nourrir cette vérité, Joséphine Japy a instauré un travail de proximité entre ses actrices (dont Angelina Woreth et Mélanie Laurent) et le personnage de Bertille. Les interactions lors des scènes de repas ou d’habillage témoignent de cette immersion.

En transposant son vécu, la cinéaste réussit à porter à l’écran, avec une justesse bouleversante, des séquences éprouvantes, à l’image de cette crise d’épilepsie sous la pluie qui a exigé un engagement physique total de la part d’Angelina Woreth. Ces moments de tension sont fort heureusement contrastés par des scènes de respiration, plus joyeuses, comme celles au restaurant.

De passage en Suisse romande avec Angelina Woreth pour présenter ce film intime, Joséphine Japy a souligné le poids de l’engagement familial et l’abnégation qu’implique le handicap. Angelina Woreth est, quant à elle, revenue sur les nuances émotionnelles et la physicalité de son rôle.

Rencontre avec Joséphine Japy et Angelina Woreth:

 

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée/based Genève)

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