A Paris, les festivals Cinéma du Réel et Festival international de films de femmes de Créteil viennent de fêter leur 44 ans!

Depuis le début de l’année, la capitale française a complètement renouvelé son existence culturelle, avec de nombreux événements marquants. Parmi les plus suivis, la 44ᵉ édition du Cinéma du Réel et du Festival international de films de femmes de Créteil. Toujours dotés de fraîcheur, motivation et intérêt particulier pour le développement du 7ème art, ils ont attiré un public composé de toutes les générations.

Le Festival du Cinéma du Réel, comme le FIFFC  ont présenté leurs deux éditions précédentes en ligne. Revenus cette année à la normale, devant les spectateurs, ils se sont dépassés avec des programmes et présentations inattendues.

La manifestation organisée à Beaubourg, au Forum des Halles, au Centre Wallonie- Bruxelles et à la Maison de la poésie a exploré le documentaire, ses formes et sa raison d’être à très haut niveau et avec le succès garanti.  Avec 41 films, 20 français et 21 dans la compétition internationale ainsi qu’une programmation libre d’œuvres rares, contemporaines et patrimoniales, le Cinéma du Réel a accentué les avant-premières, acclamées par le public. Le retour des cinéastes, producteurs, distributeurs a permis une grande et visible convivialité avec de nombreuses rencontres spontanées et extraordinaires. L’édition 2022 a permis aux spectateurs de faire meilleure connaissance avec le cinéma africain et les réalisateurs qui ont élaboré des films inhabituels voir révolutionnaires, comme Sarah Maldoror.Le public parisien a apprécié le cycle Produire en Afrique, grâce au délégué général de FIDADOC, Hicham Falah, présentant sa Rucha, documentaire développée sur cinq aires géographiques. Un grand intérêt a été montré pour Fronts Populaires ou la Première fenêtre. Selon la directrice Catherine Bizern :

Le festival est un chantier de recherche ainsi que l’invitation à expérimenter le monde et le cinéma à travers différentes visions. Le cinéma documentaire nous donne notre réel à voir. Et c’est peut-être par des œuvres qui inquiètent, bousculent l’imaginaire, confrontent d’autres désirs, d’autres aspirations, d’autres rêves qu’une discontinuité qui questionne, surprend, résiste, ravit, nous permet de ne pas être aveuglé.

Un Palmarès grandiose

Dry Ground Burning de Adirley Queiros et Joana Pimenta a obtenu le Grand Prix du jury qui l’a caractérisé d’un

portrait radical et apocalyptique de plusieurs femmes courageuses au Brésil, utilisant les genres cinématographiques comme une arme pour rompre sortilège du présent !

Le Prix International de la SCAM est allé aux mains du très connu Sergeï Loznitsa. Le réalisateur ukrainien a présenté le portrait du professeur et indépendantiste lituanien Vytautas Landsbergis. Relaxe, d’Audrey Ginestet, sur l’affaire de Tarnac a remporté le Prix Loridan-Ivens. La réalisation germano-brésilienne, filmée par quatre cinéastes –  Anne Hector, Luciano Masato, Minze Tummescheit et Vinicius Lopes -, intitulée Urban Solutions a reçu le prix du meilleur court métrage. Erik Bultot, réalisateur du moyen métrage Langue des oiseaux, s’est vu attribuer le Prix du patrimoine culturel immatériel. Le Prix du public a été remis à Louis Barthélemy Rousseau pour son film Début d’Hiver.

Abondance des films de femmes

Traditionnellement accueilli par la Maison des Arts et de la Culture de Créteil, le cinéma la Lucarne et le Sept parnassiens à Paris, le Festival de Films de Femmes de Créteil est actuellement aussi visible sur la plateforme Festival Scope.

Le thème principal tournait autour de A nos Amours, célébrant des réalisatrices, actrices, scénaristes, productrices, monteuses et compositrices d’ici et d’ailleurs.  Selon la cofondatrice et directrice, Jackie Bruet :

Le FIFFC est le premier festival à s’être déclaré ouvertement destiné aux femmes de la profession de manière pérenne. Ses enjeux en font un événement de réputation départementale, régionale, nationale et internationale. Inventer un tel festival en 1979, en banlieue, a été un vrai combat alliant l’art de l’image aux rêves des individus et de l’évolution de leurs valeurs.

L’amour avec un grand A a parcouru l’ensemble des programmes. La compétition internationale, conçue de premiers films en tous genres, a mis en lumière des cinéastes talentueuses de demain, avec un regard neuf sur le monde. La section Jeune Public à rassemblée sept films de très jeunes réalisatrices qui ont garanti l’existence et le développement des nouveautés artistiques.  La section intitulée La longue marche des réalisatrices chinoises a permis de comprendre les revendications des femmes de ce grand pays. Le programme Elles font le genre a mis au premier plan la mission de longue date de présenter l’écriture féminine et plonger le public dans l’univers de plusieurs réalisatrices. Le colloque A nos amours a permis au public de rencontrer des cinéastes: Françoise Davisse, Claire Simon et Lucile Bellan. Grâce à l’hommage consacré à Susan Sontag, les spectateurs ont pu voir l’excellent film de Nancy D.Kates Regarding Susan Sontag, mais aussi les réalisations Duo pour cannibales, Les Gémeaux, Lettres de Venise ou A Primer for Pina de la cinéaste disparue. Lucile Hadzihalilovic a assisté à la Rétrospective de ses nombreux films et présenté au public son premier long métrage en anglais sous le titre Earwig.

Le jury de longs métrages a récompensé Clara Sola de Nathalie Alvarez Mesen de Costa Rica avec le Grand Prix. Le film argentin de Paula Hernandez, intitulé Las Siamesas a obtenu la mention spéciale. La sud-africaine Kelsey Egan s’est vue attribuer le Prix du public. Le Prix du jury Anna Politkovskaïa a été attribué au documentaire As I Want de l’Égyptienne Samaher Algadi. La réalisatrice franco-indienne Payal Kapadia, auteure de A Night of Knowing Nothing, a remporté la mention spéciale du jury.

Djenana Djana Mujadzic

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Rédactrice / Reporter (basée à Paris)

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