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Et plus si affinités, le dernier film d’Olivier Ducray et de Wilfried Meance, invite à passer à table pour décortiquer les rouages insidieux qui entraînent l’usure du couple, avec une touche d’assaisonnement pour mieux le pimenter ! Rencontre avec les cinéastes et deux de leurs acteurs

Usé par vingt-cinq ans de vie commune, le couple formé par Xavier (Bernard Campan) et Sophie (Isabelle Carré) semble à bout de souffle. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’idée de Sophie d’inviter à dîner leurs voisins, Adèle (Julia Faure) et Alban (Pablo Pauly), n’enchante pas Xavier. Il reproche à ce couple, visiblement très amoureux, son manque de discrétion, surtout la nuit ! Au contact de ces voisins aux mœurs débridées, Xavier et Sophie vont devoir se confronter à leur réalité, avant d’être poussés dans leurs retranchements par une proposition quelque peu insolite… Voire indécente !

— Isabelle Carré, Pablo Pauly, Julia Faure, Bernard Campan – Et plus si affinités
Image courtoisie Agora Films

Inspiré par le film espagnol Sentimental (2020) réalisé Cesc Gay, Et plus si affinités se distance de l’original ibérique qui était plus triste et devient dans la version française une savoureuse comédie à l’humour fin, aux répliques rythmées, livrant une fin qui laisse poindre une lueur d’espoir. Le film fait rapidement songer à une pièce de théâtre par le biais de ce huis-clos fort bien écrit, pensé, interprété, et qui s’inscrit dans la veine de Cuisine et dépendances (1993) de Philippe Muyl, Le Diner de cons (1998) de Francis Veber, ou Le prénom (2012) d’Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte.

Le tandem de cinéastes a tourné avec deux caméras à l’épaule, pour donner un côté naturel, vif et organique à la mise en scène, en invitant le public à évoluer aux côtés du quatuor de comédiens. Les réalisateurs avaient en tête la série Succession où le spectateur est très proche des personnages. Ils soulignent : « L’utilisation des deux caméras permettait de ne rien manquer des réactions des acteurs, d’autant qu’on était quasi constamment en plan-séquence. »

Au fil des scènes qui se déroulent dans un appartement parisien qui est un protagoniste à part entière, les plans deviennent de plus en plus concentrés sur les acteurs pour donner l’impression que l’étau se resserre sur une catharsis que l’on sent arriver sans savoir quand elle culminera. La musique, qui a été confiée à Alexis Rault, joue un rôle primordial dans le film et y apporte une tonalité douce-amère qui laisse survenir une note d’espoir finale.

Après avoir triomphé à la 27ème édition du Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez où le film a décroché quatre récompenses, Olivier Ducray, Wilfried Meance, Bernard Campan et Pablo Pauly sont venus en Suisse romande à l’occasion de la 7ème édition des Rencontres du 7e Art de Lausanne qui s’est déroulée du 7 au 17 mars 2024. À cette occasion, le quatuor a échangé avec le public lors des avant-premières à Genève au Cinéma Nord-Sud et à Lausanne au Cinéma Pathé Flon.
Rencontre avec les cinéastes et deux de leurs acteurs :

 

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

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