Internationales Literaturfestival Berlin : Un festival de grande qualité littéraire et hautement politique

Dans le riche répertoire des festivals de la capitale allemande, le festival international de littérature de Berlin (ILB) s’est taillé une réputation à la hauteur de son ambition, celle d’être une place de rencontre – des auteurs avec les lecteurs, des cultures et des écritures, des idées et des innovations. Au fil des années, l’ILB est également devenu un porte-voix culturel, que ce soit à travers des manifestes (The Comic-Manifesto), l’organisation de lectures publiques internationales (Worldwide Readings : Ashraf Fayadh, le centenaire du génocide des Arméniens, pour une démocratie sans populisme ou Liu Xiaobo pour n’en citer que quelques-unes) ou de prises de positions pour défendre les auteurs opprimés à travers des appels. Le festival défend également une pluralité des moyens d’expressions littéraires et n’a pas hésiter à organiser par le passé des manifestations de réflexion sur les médiums que sont par exemple les jeux vidéos, des installations d’art contemporain, etc.
un festival qui explore et questionne les politiques qu’elles soient culturelles ou politiciennes.

La 17è édition de l’ILB

Cette année, à côté des auteurEs de la littérature mondiale comme Elif Shafak (qui fera le discours d’ouverture du festival le 6 septembre à 18h à la Haus der Berliner Festspiele), Arundhati Roy (qui présentera en Première mondiale son nouveau roman), Robert Menasse, Marie N’Diaye, Mohsin Hamid, Yaa Gyasi, Nadeem Aslam, Donna Leon, Stefan Hertmans ou Yasmina Reza parmi beaucoup d’autres, le festival met l’accent l’art de la critique littéraire et une série de manifestations « La science et les humanités » explorant des domaines aussi variés que l’écologie à travers la mer et les océans, la recherche scientifique sur le cerveau et la création de l’univers et de la terre.

Mais ce festival perdrait un peu de son âme s’il ne consacrait pas une partie de son programme à des sujets politiques brûlants l’actualité de ce monde. Après les réfugiés l’an passé, cette année l’ILB organise un  « congrès international pour la démocratie et la liberté » (du 8 au 10 septembre) lors duquel s les bouleversements politiques de l’après chute du Mur de Berlin vont être auscultés et des idées pour l’avenir articulées. La conceptrice et coordinatrice de la manifestation, l’écrivaine britannique Priya Basil, explique que l’idée du congrès est « de créer un espace pour penser les choses plus profondément et depuis différentes perspectives (générations, genres, background, etc.) pour rendre la réflexion la plus démocratique possible, créer des discussions plus dynamiques et permettre d’explorer de nouvelles choses. Cet espace doit pouvoir refléter notre temps même si cela ouvre également sur les éléments désagréables que produit la démocratie. » Edward Snowden y participera via Internet.

— Grande scène
© Ali Ghandtschi

À cet égard, le congrès est dans la droite ligne de la politique éditoriale du festival qui a toujours voulu éviter l’entre-soi culturel, littéraire et politique et n’a jamais eu peur d’instaurer la controverse dans ses lectures, ses rencontres et ses manifestations. Le directeur du festival, Ulrich Schreiber, insiste sur cet aspect : « Je trouve totalement faux que la gauche culturelle n’invite pas la droite conservatrice à la discussion. Nous devons nous positionner de manière argumentative et ne pas avoir peur de la confrontation. À travers des discussions polémiques on apprend beaucoup plus que dans l’entre-soi. »

Le festival possède un autre point fort, celui de sa section jeunesse. Outre la grande qualité littéraire proposée par ce programme, cette partie du festival est très inclusive. En effet, de très nombreuses classes de tous niveaux des écoles de Berlin participent activement au festival. De très nombreuses classes rencontre chaque jour des auteurEs de tous horizons (romans, romans-graphiques, essais, illustrations, etc.) lors de lectures, séminaires, discussions, expositions. Le plus remarquable est le niveau de préparation de ses élèves et la pertinence – et pétulance- de leur interaction avec les auteurEs rencontrés. Les lectures de la section jeunesse du festival sont publiques et on ne saurait trop encourager les spectateurs du programme principal de s’y rendre également : il est très rafraîchissant et inspirant de voir le regard de la jeunesse sur les idées véhiculées par les œuvres littéraires et leur questionnements qui en découle.

— Ulrich Schreiber, Priya Basil et Christoph Rieger (responsable de la section jeunesse)
© Malik Berkati

Avant le discours d’ouverture d‘Elif Shafak, le festival va projeter à 18h un film auto-produit, What matters, qui consiste en la lecture des 30 articles de la Charte des droits humains, avec entre autres Nina Hoss, Ai Weiwei, Elfriede Jelinek, David Grossman, Vivienne Westwood, Simon Rattle, Patti Smith, Herta Müller et des élèves d’écoles primaires.

Avec deux cents auteurs venant de plus de 40 pays pour le programme principal, trente-quatre auteurs de 15 pays dans le programme de la littérature pour la jeunesse, l’ILB promet de belles, riches et polémiques rencontres littéraires !

Programme complet de l’ILB du 6 au 16 septembre 2017 (avec les expositions qui ont lieu également dans le cadre du festival dans la ville de Berlin) : http://www.literaturfestival.com

Malik Berkati

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malik berkati

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