Le Théâtre de Carouge propose Histoires d’Ils d’Yvette Théraulaz dans une mise en scène de Stefania Pinnelli

Après Histoires d’Elles créé il y a une dizaine d’années, Yvette Théraulaz propose aujourd’hui Histoires d’Ils du 24 janvier au 9 février, du 18 au 23 février et les 12 et 13 mars 2020 dans la petite salle au 57 de la rue Ancienne. D’une durée d’une heure trente, ce spectacle dès quatorze ans touche à un sujet à la fois universel et mais très personnel pour sa créatrice :

« J’ai besoin d’aller à la rencontre des hommes : mon père, mon fils, les hommes de ma vie (entre autres) de m’entretenir avec eux, recueillir leurs paroles, leurs peurs, leurs difficultés face aux femmes qui, depuis les années 70 opèrent un changement historique. »

L’auteur de développer :

« Je crois… oui, ce serait un spectacle sur les hommes… c’est ça…. sur les hommes d’une femme. Ceux que j’ai croisés. Ceux que j’ai aimés. Ceux qui m’ont aimée. Ceux qui m’ont fait mal. La voix des hommes, le corps des hommes. Leurs peurs, leurs fragilités et leurs forces. Ils feraient des entrées et des sorties, comme au théâtre. Certains n’auraient qu’une scène, d’autres plusieurs. Ils prendraient plus ou moins d’importance, comme dans la vie, plus ou moins de place, comme dans le souvenir. Un inventaire, un carnet de bal, un voyage d’ils en ils, pour atteindre l’autre rivage… »

Yvette Théraulaz, seule comédienne sur scène, est accompagnée par Lee Maddeford au piano et la voix off de Jean Keraudren.

— Yvette Théraulaz
Image courtoisie Théâtre de Carouge

La dramaturgie est le fruit de Yvette Théraulaz et Stefania Pinnelli, dans une scénographie et collaboration artistique de David Deppierraz, musique et arrangements Lee Maddeford. La création sonore et la régie son sont assurées par Jean Keraudren alors que la création et la régie lumières sont assurées par Philippe Dunant, et la construction du décor est l’oeuvre de Denis Correvon.

L’intention autour du spectacle Histoires d’Ils

Yvettes Théraulaz explique

« Il y a une dizaine d’années j’ai créé un spectacle musical, Histoires d’Elles, joué un Suisse romande et en France (notamment aux théâtres de Carouge et Vidy). Ce spectacle était construit autour de la figure de ma mère de son histoire de vie : femme née en 1920 et qui n’a obtenu le droit de vote qu’à l’âge de 51 ans. Je tricotais l’histoire singulière d’un destin de femme avec celui de la grande histoire : celle du combat des femmes pour leurs droits et leurs dignités. C’était comme une évidence pour moi après plus de 40 ans consacrés dans tous mes spectacles aux femmes de donner la parole aux hommes surtout en ces temps troublés du #Metoo. J’ai besoin d’aller à la rencontre des hommes : mon père, mon fils, les hommes de ma vie (entre autres) de m’entretenir avec eux, recueillir leurs paroles, leurs peurs, leurs difficultés face aux femmes qui, depuis les années 70 opèrent un changement historique. Le spectacle est articulé autour de chansons écrites par des hommes et de textes que je vais écrire à partir d’interviews réalisés auprès de nombreux hommes et de nombreuses recherches littéraires. »

Stefania Pinnelli  souligne la délicatesse et l’élégance des créations d’Yvette Théraulaz :

« Les tours de chant d’Yvette Théraulaz sont des spectacles à part entière. Elle y engage une grande part d’elle-même, à travers le philtre de l’acte artistique. Elle y aborde des thèmes qui lui sont chers, nécessaires, pour faire société, c’est-à-dire apprendre à vivre ensemble, apprendre à créer du lien, en nous comme à l’extérieur de nous. Avec quelle identité, quelle valeur, quelle pensée, quelle prise de parole suis-je donc susceptible de former aujourd’hui société avec mes semblables ? Dans Histoires d’Ils, cette question résonne comme un appel, une prière. Dans ce long combat pour une société plus juste et égalitaire, il y a bien sûr la révolte et la colère, l’indignation et le cri, mais il y a surtout le désir d’aller à la rencontre de l’autre et de l’inciter à faire de même. Alors pour offrir un écrin à la hauteur de l’artiste sensible et profonde qu’est Yvette Théraulaz, il faut aller chercher l’incarnation des mots, il faut penser délicatesse et élégance, mais aussi légèreté et simplicité, joie et tendresse. Il faut trouver cette posture intérieure où l’interprète se met pudiquement et généreusement « à nu », dans cette portion de l’âme où la part intime et l’universel se tiennent en équilibre. »

Théâtre de Carouge

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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