Les Folies fermières, de Jean-Pierre Améris, retrace l’incroyable défi relevé par un agriculteur au bord de la faillite – Rencontre (audio)

Le dernier film de Jean-Pierre Améris, Les Folies fermières, s’inspire d’une histoire vraie, que le cinéaste a découverte en janvier 2018 lorsqu’il a vu un reportage consacré à David Caumette aux actualités régionales de France 3. David Caumette, paysan agriculteur et éleveur dans le Tarn, faisait le constat amer que depuis 2010, vingt-sept fermes disparaissaient chaque jour en France, dont un tiers en élevage. Rappelons la tragique situation des agriculteurs de l’Hexagone : plus de trois-cents-cinquante agriculteurs se suicident chaque année, soit presque un agriculteur chaque jour. Cette dure réalité ne l’a pas épargné. Sur sa commune de Garrigues, dans le Tarn, les métiers de l’agriculture disparaissent de manière vertigineuse. Malheureusement, cette situation n’est pas spécifique à la France et se retrouvent dans d’autres pays.
David Caumette est le seul et le dernier éleveur du village. En 2007, il démissionne de son poste de directeur d’exploitation en lycée agricole, pour reprendre ce seul et dernier élevage. Sa famille s’oppose à ce choix et les anciens de la commune le surnomment le fou. Pour éviter la liquidation de son exploitation, il décide de créer le premier cabaret à la ferme de France, les « Folies fermières ».

— Alban Ivanov et Sabrina Ouazani – Les Folies fermières
Image courtoisie Pathé Films AG

Aussitôt sous le charme de cette histoire rocambolesque et de la rencontre importable entre le monde agricole et l’univers artistique, touché par la pugnacité de cet agriculteur, Jean-Pierre Améris part à la rencontre de David Caumette, très inspiré par sa façon de réagir à la situation difficile dans laquelle se trouvait son exploitation en recourant à une idée aussi fantaisiste que celle de la création d’un cabaret. Dans son film, Jean-Pierre conserve de nombreux éléments de David Caumette, « un véritable personnage de cinéma » mais il y met des touches plus personnelles, comme sa timidité et la difficulté qu’il a à s’exprimer en public. Cet opus bucolique regroupe Alban Ivanov, Sabrina Ouazani, Bérengère Krief, Michèle Bernier, Guy Marchand et Moussa Maaskri, entre autres.

En mai 2019, David Caumette a consacré un livre à son expérience mais le film ne s’en inspire pas. Les Folies fermières, fruit du travail de Jean-Pierre Améris avec Jean-Luc Gaget, rejoints ensuite par les scénaristes Marion Michau et Murielle Magellan, rend hommage à l’initiative insolite et couronnée de succès de David Caumette, y apportant de l’humour et de la légèreté tout en rappelant les terribles conditions des agriculteurs de nos jours.
Jean-Pierre Améris nous a parlé par téléphone de sa rencontre avec l’agriculteur, de son travail pour filmer à la fois l’étendue des champs et l’intimité du cabaret, du choix de ses comédiens, de l’accueil du public lors des avant-premières. Propos recueillis par téléphone.

 

Le film sort sur les écrans romands ce mercredi.

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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