Mostra 2017 : Le fidèle défend la Belgique sur les rives du Lido

Le film de Michaël Roskam propose un mélange incongru et excessif entre le film noir, film de gangster et une histoire d’amour.

Après Bullhead. Jacking’s Winning Ascent et Who is Without Fault, Michaël R. Roskam retourne face au monde des gangsters et des petites frappes avec Le fidèle avec les protagonistes Adèle Exarchopoulos et Matthias Schoenaerts. film présenté hors compétition. Le film a été choisi pour représenter la Belgique aux Oscars 2018 dans la catégorie des meilleurs films en langue étrangère.

— Adèle Exarchopoulos et Matthias Schoenaerts – Le fidèle
© Nicolas Karakatsanis

Le fidèle relate la rencontre d’une coureuse de course automobile, Bénédicte Delhany avec un homme plus âgé dont les activités professionnelles ne sont pas très claires.  Bibi devra faire face aux conséquences de son mauvais choix, affronter divers problèmes tant professionnels que personnels. Le long métrage est inspiré en partie par une véritable histoire et des films des années 80 et 90 qui donnent de l’espace aux histoires d’amour et aux crimes, suggérant une vision mélancolique d’un homme qui est du mauvais côté de la société. Lors de la conférence de presse Roskam a précisé: “Les performances incroyables de Matthias et Adèle ont permis de créer le bon sentiment: ce sont des acteurs fantastiques qui m’ont beaucoup aidé à réaliser le long métrage”. Le cinéaste a souligné que son film est consacré à l’idée d’un amour absolu, tout en représentant son approche du genre mélodramatique et du contraste entre l’amour et la mort, inspiré par les films noir qu’elle aimait et le genre cinéma.

Matthieu Schoenaerts, dans sa quatrième collaboration avec le cinéaste a déclaré: “Comme le montre le film, lorsque vous assumez un engagement, vous devez donner l’âme et le corps au projet pour réussir à le réaliser. Connaître le réalisateur si bien est un plaisir parce que vous le comprenez rapidement et ne perdez jamais de temps; vous partagez la vision de sa créativité.”

— Matthias Schoenaerts – Le fidèle
© Nicolas Karakatsanis

Le fidèle raconte l’histoire d’amour passionnelle entre Bibi (Adèle Exarchopoulos) et Gino (Matthias Schoenaerts): Lorsque Gino rencontre Bénédicte, c’est la passion absolue. Incandescente. Mais Gino a un secret. De ceux qui mettent votre vie et votre entourage en danger. Alors Gino et Bénédicte vont devoir se battre envers et contre tous, contre la raison et contre leurs propres failles pour pouvoir rester fidèles à leur amour. Elle travaille en compagnie de sa famille riche et dans son temps libre, elle s’amuse en tant que pilote de course; il est un garçon fascinant, charismatique, drôle mais dissimule aux autres un secret inquiétant, c’est-à-dire son appartenance à une bande criminelle de Bruxelles. Bibi et Gino devront unir leurs forces pour sauvegarder leur amour.

Le film est contradictoire, excessif, téméraire, constamment en équilibre fragile entre le film noir, film de gangsters et l’histoire d’amour. Malgré des performances convaincantes des acteurs Matthias Schoenaerts et Adèle Exarchopoulos (révélée par La vie d’Adèle), le film de Michaël R. Roskam évolue de manière incertaine, alternant les moments de bon cinéma avec des pertes inattendues de rigueur et d’intensité. Les nombreuses ellipses temporelles, brusques , ne sont pas parvenues à resserrer le rythme du film qui souffre de longueurs et aurait pu être raccourci d’une demi-heure.

— Adèle Exarchopoulos – Le fidèle
© Nicolas Karakatsanis

Dès le début, on perçoit un scénario décousu pour une trame qui se révèle compliquée et qui évolue par accumulation, en soumettant les protagonistes à une série de tours et de malheurs qui mettront à l’épreuve la concentration des spectateurs progressivement assaillis d’incrédulité. Le fidèle se noie dans une saveur rétro mélodrame criminel à l’arrière-goût de déjà-vu, où les deux personnages se perdent peu à peu dans des méandres confus et chaotique.

En dépit du charisme et de l’alchimie naturelle et tangible à l’écran entre Matthias Schoenaerts et Adèle Exarchopoulos, les deux acteurs ne parviennent pas à rendre crédibles les scènes d’amour, de sexe et même les scènes les plus pathétiques et exagérées (quand Bibi se meurt d’un cancer), ainsi que les scènes de course et les séquences d’action. La bande sonore de Raf Keunen, collaborateur de Michaël R. Roskam, ne marque pas non pus.

Le fidèle se perd dans les genres et les sous-genres en surchargeant un contenu narratif écrasant et excessif sans mettre à bon escient le potentiel et la symbioses entre les deux protagonistes. Quel dommage pour un film très attendu à la Mostra !

Firouz E. Pillet de la Mostra 2017, Lido

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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