Mostra 2019 : Joker, de Todd Phillips, centré sur le personnage du Joker de DC Comics, propose un préquel de Batman

Un préquel ou une préquelle, selon les usages, propose l’histoire qui précède celle d’une œuvre antérieurement créée.

— Joaquin Phoenix – Joker
© Nico Tavernise

Le film s’ouvre sur les rues désolées de New-York où règne a violence car la population est désespérée de vivre dans la misère. La télévision et les chaîne de radio ne cessent de relater la misère et la violence qui sévissent dans la ville. Arthur Flec, aux petits soins pour sa mère, la fait danser dans le salon et relève le courrier car celle-ci espère une réponse à ses lettres de Thomas Wayne (Brett Cullen), un politicien richissime censé être son père.

Arthur prend sept médicaments quotidiennement pour des troubles psychiatriques car ses rires intempestifs sont, soit disant-l’expression d’une maladie contractée dans l’enfance.

Athur mène son enquête auprès de Thomas Wayne, puis découvrent qu’il a été adopté, auprès de l’hôpital où sa mère est venue le cherche … Et il finit par découvrir dans le dossier classé de sa mère que c’est elle qui souffre de troubles psychiatriques et lui a infligé des sévisses et des abus quand il était petit. Fort de ses informations, Arthur va redresse le gouvernail de son existence.

D’après Todd Phillips, réalisateur du film,

Joker est un film sur l’ennemi par excellence.

Et d’après le directeur de la Mostra,  Alberto Barbera :

C’est une histoire originale et autonome, jamais vue sur grand écran. L’analyse développée par Phillips du personnage d’Arthur Fleck, jouée de manière inoubliable par Joaquin Phoenix, nous redonne un homme qui tente de trouver sa place dans la société brisée de Gotham City. Clown le jour, la nuit il aspire à être comédien de cabaret, mais se rend compte qu’il est la risée. Prisonnier d’une existence cyclique, entre apathie et cruauté, Arthur prend une mauvaise décision qui déclenche une réaction en chaîne d’événements dans cette étude brute de la personnalité.

Servi par une distribution de haute voltige, Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy, Joker, en compétition, était l’un des films les plus attendus à la Mostra de Venise et n’a pas déçu. Il a en effet été longtemps applaudi à la fin de la projection réservée à la presse et à la conférence de presse.

En soi, ce préquel n’était pas nécessaire et n’apporte pas grand-chose puisqu’on nous explique déjà dans Batman les origines du personnage. Si le film a une évidente valeur, c’est pour l’exceptionnelle interprétation de Joaquin Phoenix qui donne une interprétation intense à Arthur Fleck :

J’ai dû apprendre à rire douloureusement

a-t-il déclaré. Et ce rire qui ponctue la majeure partie des scènes et sert de fil conducteur quand Arthur Fleck est pris à parti, moqué, agressé, brutalisé, ce fameux rire lézarde les murs et déchire l’âme.

— Joaquin Phoenix – Joker
© Nico Tavernise

Phoenix incarne à la perfection ce comédien raté Arthur Fleck, né pour apporter de la joie selon sa mère qui l’appelle « Happy » et à laquelle Arthur est totalement dévoué, mais qui ne parvient pas faire rire les gens. Paradoxalement, dans sa vie, il n’a pas de moment de joie ni auprès de ses collègues, ni en amour ni dans ses tentatives désespérées de jouer le soir; tout est douleur et souffrance.

Sur le Lido, outre le protagoniste, le réalisateur Todd Phillips et la co-vedette Zazie Beetz ont  satisfait la cohue de fans venus les attendre en plein soleil au débarcadère.

Todd Phillips a expliqué que le film avait

un ton différent de celui des films précédents, influencé par les personnages des années 70. C’était un film difficile à faire, mais nous voulions faire pression car c’était un film très spécial et les studios étaient acceptés. Nous ne voulons pas être en compétition avec Marvel.

Le réalisateur a expliqué qu’il a écrit sur Joker une histoire originale qui n’existait pas auparavant, une sorte d’artéfact permettant de comprendre la genèse du visage du clown. Ici, le personnage de Joker devient une sorte de hameau américain. Et Phoenix, qui a beaucoup maigri pour le rôle, a déclaré:

Nous voulions une approche totalement personnelle et je ne me suis référé à aucune autre interprétation du personnage, la clé était de ne faire référence à rien.

Comme dit précédemment, le film n’apporte rien de plus de ce que l’on savait déjà mais l’interprétation de Joaquin Phoenix lui mériterait bien un prix d’interprétation masculine.

Firouz E. Pillet, Venise

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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