Pessac 2018 : La 29ème édition du Festival du Film historique de Pessac (19-26.11.18) se penche sur l’entre-deux-guerres, une édition intitulée: Une drôle de paix

Dans la région bordelaise, la charmante ville de Pessac, une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Gironde, en région Nouvelle-Aquitaine, est connue pour  pour ses vins de l’AOC Pessac-Léognan  qui sont internationalement réputés. Mais le nom de Pessac est associé depuis vingt-huit ans au Festival du film historique qui, cette année, se déroule du lundi 19 au lundi 26 novembre 2018.

L’affiche 2018, signée par le dessinateur Floc’h (illustrateur, affichiste de cinéma, dessinateur de bande dessinée et romancier français), reconnaissable au petit « f » qui marque ses œuvres, retranscrit, à travers diverses tenues vestimentaires, les représentants d’une société bigarrée.

La cérémonie d’ouverture de cette vingt-neuvième édition s’est tenue hier soir, lundi 19 novembre, au cœur de la ville, dans le Cinéma Jean-Eustache. Divers intervenants, piliers du Festival, ont pris la parole pour souligner l’importance de cette période en résonance avec les temps actuels. Tour d’abord Jean-Noël Jeanneney, Président d’honneur du Festival, est intervenu avec humour tout en distillant une docte sagesse :

Il va nous falloir conjurer, cette année, la tentation d’une fausse évidence rétrospective : placés que nous allons être devant le thème d’une «drôle de paix» définie entre deux déflagrations mondiales. On risque toujours de l’oublier : les contemporains de la double décennie que nous allons considérer ne les ont pas vécues eux-mêmes – sauf, peut-être, vers la fin – comme une période conduisant d’une guerre à l’autre. Ils ne connaissaient pas la fin de l’histoire. Ils étaient face à la profusion des possibles. Cette définition de « l’entre- deux-guerres » n’est donc venue qu’après coup. Je pose un truisme ? Voire ! La connaissance que nous avons de ce qui advint en 1939 et en 1940 risque toujours d’occulter la multitude des comportements, ceux des dirigeants comme ceux des peuples, qui auraient pu être différents : ces attitudes et ces choix qui se définirent au fil de décisions petites ou grandes, réfléchies ou distraites.

Lui a succédé Alain Rousset, Président du Festival, qui a souligné les similitudes entre la période de l’Entre-deux-guerres et la nôtre :

Nationalismes exacerbés, réfugiés, fausses informations, démocraties versus dictatures, guerres sans fin, frontières contestées, stratégies d’intimidation militaires, émancipation des femmes… On l’aura compris, en cette année du centenaire de l’armistice, cette 29e édition dédiée à la drôle de paix que fut l’entre-deux-guerres ne sera pas sans résonance avec notre actualité. Mais à travers la programmation de 80 films et de 40 rencontres, il s’agira de comprendre. Reposer en 2018 les questions de 1918 : comment reconstruire une paix durable après le cataclysme meurtrier de la première guerre mondiale ? Comment redessiner la carte d’états-nations sur les ruines des empires ? Comment les sociétés d’alors passent de l’horreur à l’utopie ? Comment l’esprit des années folles se traduit-il dans l’art, la mode, le monde du spectacle ? Comment la révolution bolchévique allume une vive lueur à l’Est qui fascine les peuples d’Europe mais cache une dictature répressive ? Comment la science, l’économie, l’aviation, le cinéma vont faire basculer le monde.

Pour la conférence inaugurale, qui avait été menée l’an dernier, par Michel Ciment, l’invité de cette édition a commencé par lui rendre hommage en soulignant l’honneur que lui faisait le Festival de Pessac de lui permettre de succéder à un si grand critique : Pascal Ory, professeur d’histoire contemporaine à Sciences-Po Bordeaux, que nous aurons la chance de rencontrer aujourd’hui, a fait une magnifique dissertation sur les résonances entre cette période qui s’étale de 1918 à 1939 et la période contemporaine, répondant à la question actuellement récurrente : « Assistons-nous au retour des années trente ? »

Cette cérémonie d’ouverture a été suivie par la projection du film Edmond, qui sortir en Suisse début janvier, film réalisé par Alexis Michalik, qui se glisse dans les coulisses de la gestation de la pièce la plus célèbre du théâtre français, Cyrano de Bergerac.

 

Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : Cyrano de Bergerac. Sur un ton à la fois truculente, digne du plus célèbre Cadet de Gascogne, et empli d’un humour à la Feydeau, Alexis Michalik offre au public une évasion très réussie dams l’univers de la Belle Époque, servie par une galerie de comédiens particulièrement convaincants. La distribution est impressionnante : avec Thomas Solivérès, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Tom Leeb, Simon Abkarian, Clémentine Célarié, Jean-Michel Martial ou encore Antoine Duléry.

Firouz E. Pillet

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Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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