Pessac 2018 : présenté dans la section “Panorama du documentaire” le dernier film du documentariste Emmanuel Amara, “Mai 68, les coulisses de la révolte” a été projeté ce lundi 19 novembre, suivi d’un entretien passionnant avec son réalisateur

À l’occasion du cinquantenaire de Mai 68, l’auteur de ce documentaire, Patrice Duhamel, en tandem avec Emmanuel Amara, retrace, à partir de témoignages inédits, les principaux épisodes de cette révolte historique. Ce film plonge dans les coulisses du pouvoir et interroge des leaders étudiants et lycéens, des envoyés spéciaux des radios périphériques et des journalistes en grève de l’ORTF.

— Emmanuel Amara
© Firouz Pillet

Pour Emmanuel Amara,

Trouver des idées, lutter pour elles afin qu’elles puissent devenir réalité. Donc, travailler, apprendre, penser et vivre sont les mots clés de tout cela. Comme Gandhi l’a écrit: La vie est un mystère que nous devons vivre et non un problème à résoudre.

Ces motivations imprègne toute la filmographie de ce cinéaste qui proche de la Suisse, à Saint-Gervais, en Haute-Savoie, avec sa femme genevoise et leur jeune garçon. D’ascendance espagnole – “Mes ancêtres ont fui l’Espagne sous l’Inquisition” -, la filmographie d’Emmanuel Amara est très diversifiée, avec une prédilection pour les thématiques de la deuxième guerre mondiale et de l’occupation car “une partie de ma famille a été déportée.”

Quand on questionne Emmanuel Amara sur ce qui l’a amené au cinéma, il mentionne sa formation en histoire qui a précédé sa venue à la réalisation :

J’ai commencé au début des années nonante en créant une agence de presse basée à Paris et à New York. Écriture, radio et photos. Ensuite, j’ai rejoint Le Figaro, l’un des principaux quotidiens de France. J’ai travaillé pour le bureau de presse international en tant que journaliste. Après, j’ai rejoint la radio française RMC en tant que journaliste. Pour ces deux principaux médias français, j’ai principalement couvert des reportages internationaux. Guerres, élections, référendums, etc.

Après quelques années en tant que journaliste pour l’agence de presse TV CAPA, je suis devenue écrivain indépendant et réalisateur de films documentaires.

J’ai fait plus de cent films dont cinquante documentaires. Certains d’entre eux ont été récompensés, la plupart sont allés sur le marché international. Je suis également un associé à part entière de la SCAM, la guilde française des auteurs multimédia. Les évolutions des marchés et des technologies de la télévision m’ont poussé à être encore plus créatif. Je veux repousser les limites de la télévision et de ce qu’elle a à offrir aux téléspectateurs.

Dans ce documentaire consacré aux coulisses de Mai 68, au rythme haletant à l’instar de l’enchaînement des événements, Emmanuel Amara et Patrice Duhamel ont eu recours à de passionnants films d’archives, ponctués par des entretiens avec de nombreuses figures politiques ou journalistiques de l’époque : Valéry Giscard d’Estaing, Edouard Balladur, Alain Duhamel, Michel Drucker, les descendants du Général de Gaulle ou de Georges Pompidou et, bien évidemment, Daniel Cohn-Bendit, dont la fougue et les convictions sont restées intactes.

Rencontre avec Emmanuel Amara à l’issue de la projection du film dans le foyer du Cinéma Jean Eustache, à Pessac:

 

Firouz E. Pillet

© j:mag Tous droits réservés

Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

Firouz Pillet has 488 posts and counting. See all posts by Firouz Pillet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*