The Irishman de Martin Scorsese : Sans fioriture, le crime

C’était le temps des belles grosses américaines chromées et des banlieues-bungalows, d’Elvis et des coiffures crêpées. C’était le temps des mafieux jouant au poker dans des arrières-salles enfumées. C’était le temps des règlements de compte sur le trottoir. C’était le temps du crime. Non le crime jouissif à haut indice d’octane, mais le crime froid, mécanique, celui qui obéit aux ordres sans se poser de questions. Et sans remord.

Le dernier opus de Martin Scorcese, interprété par une brochette de talents inégalée depuis Laurence d’Arabie (1962) s’est permis, justement à cause de ses interprètes, d’avoir de la retenue. Plus qu’un film de gangsters basé sur le mystère entourant la disparition de Jimmy Hoffa (Al Pacino) c’est, sur 30 ans, le parcours de Frank Sheeran (Robert de Niro), un irlandais vétéran de la Deuxième Guerre Mondiale engagé par Russel Bufalino (Joe Pesci), un Don de la mafia italienne. À force de crimes et de meurtres, l’humanité de Sheeran se dissoudra au point d’assassiner Hoffa, devenu l’un de ses meilleurs amis.
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