24e édition du Festival International de films indépendants de Genève – Black Movie du 20 au 29 janvier 2023

Comme ses homologues, le festival retrouve enfin le chemin des salles de cinéma ! La pandémie a cependant laissé une trace numérique – que certains autres festivals internationaux activent également, d’autres revenant complètement à leurs fondamentaux du présentiel – sur le festival qui garde un volet numérique géobloqué sur la Suisse, du 24 au 29 janvier. La directrice artistique du festival, Maria Watzlawick, explique la raison de ce choix sous un angle très intéressant qui s’éloigne des poncifs sur le côté pratique et les possibilités accrues pour toucher les acteurs de l’industrie du cinéma :

Nous maintenons un volet en ligne par soucis d’inclusion. Il y a bien entendu celles et ceux qui ne peuvent pas se déplacer à Genève pour assister au festival, mais il y a aussi celles et ceux qui n’osent pas venir dans un festival, un événement culturel.

L’argument est valable et part d’une très bonne intention. La prochaine étape serait, néanmoins ce n’est pas le rôle du seul Black Movie mais celui de tous les acteurs culturels, de trouver des clefs pour amener ce public qui ne se sentirait pas légitime, à sa place ou mal à l’aise, à ce genre de manifestations culturelles.

La programmation du Black Movie se fait selon « des coups de cœur esthétiques ainsi que la pertinence de contenus liés à ce qui se passe dans le monde », indique Maria Watzlawick. « Nous nous sommes rendu∙es compte que cette année, de nombreux films avaient trait à la jeunesse, et cela se reflète dans notre sélection, avec la moitié des films présentés qui concernent des jeunes. »

Le festival se compose de 8 sections, présente 91 films (dont la moitié de courts métrages) provenant d’une cinquantaine de pays, avec de nombreuses Premières suisses.

À suivre… présente un best of des cinéastes indépendant·e·s que le festival suit déjà ou continuera à suivre et présenter, Vivre ! raconte la jeunesse et témoigne de la puissante énergie existentielle d’une génération désenchantée, Déchaînées prouve que l’insoumission est salutaire, particulièrement à l’ère du patriarcat, Ofnis propose huit œuvres qui peuvent désarçonner car ils éclatent les genres, Memento Mori confronte au voyage ultime, avec ses multiples perceptions, Pagan East rassemble des films folkloriques peuplés de créatures diaboliques, Spasmes convie à trois rendez-vous nocturnes dont un avec le Petit Black Movie pour adultes avertis, qui fête son 10e anniversaire, et enfin, le Petit Black Movie embarque toute la famille, des plus petit·e·s aux plus grand·e·s, dans un voyage cinématographique composé d’un ciné-concert, d’ateliers et de programmes de films inédits !

Trois rencontres permettant de réfléchir aux questions soulevées par les films – Femmes dangereuses et (sur)naturelles : une lecture historique des imaginaires du folklore horror, Regards croisés sur le cinéma iranien : des femmes (in-)visibles ?, Coup de projecteur sur l’actualité de SOS Méditerranée –, une masterclass du duo de cinéastes portugais João Rui Guerra da Mata et João Pedro Rodrigues, et cinq soirées musicales dont un exceptionnel ciné-concert du mythique chef-d’œuvre Häxan (La Sorcellerie à travers les âges, 1922) complètent cette édition.

Traditionnellement, le festival organise un programme très dense et riche pour les plus jeunes, le Petit Black Movie, avec 32 films, longs et courts, provenant de 27 pays. Le PBM donne une place importante cette année aux thématiques sur l’environnement, ainsi que pour les plus grands, un accent mis sur celle de l’émancipation féminine. Le festival propose en outre 3 ateliers, ainsi qu’un ciné-concert, avec une œuvre du cinéma d’animation réinterprétée en direct par deux musiciens et une comédienne.
À côté des films présentés aux séances normales aux petits festivaliers et leurs accompagnant∙es, le festival propose des séances scolaires organisées aux Cinémas du Grütli avec des discussions d’après films qui se font en général avec les cinéastes présent·es. Certaines séances se font dans les établissements scolaires, les enseignant·es reçoivent dans ce cas des pistes pédagogiques sur les questions de fond et de forme de chaque film de la part du festival, afin de pouvoir animer les discussions avec les élèves.

Cette année, les soirées festives du festival sont de retour avec 5 événements organisés au Groove, la salle inclusive et pluridisciplinaire de l’éco-quartier de la Jonction.

Quelques critiques de films que j:mag a déjà publiées :

Luxembourg, Luxembourg film ukrainien d’Antonio Lukich.

Blanquita film chilien de Fernando Guzzoni

Sous les figues film tunisien d’Erige Sehiri

Trenque Lauquen film argentin de Laura Citarella

D’autres critiques et récits de discussions seront mis en ligne pendant le festival.

Malik Berkati

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