Cannes 2022 : Retour à Séoul,de Davy Chou, présenté dans la section Un certain regard, suit la quête d’une jeune Française sur ses origines coréennes

Davy Chou a tourné en Corée l’histoire d’une jeune femme adoptée en France qui, sur un coup de tête, part à la recherche de ses origines, tentant de percer le mystère qui entoure sa naissance et son abandon par ses parents biologiques.

— Ji-Min Park – Retour à Séoul
© Aurora Films

Sur un coup de tête, Freddie (Ji-Min Park), vingt-cinq ans, décide de ne pas rentrer du Japon, où elle est partie en vacances, pour faire le détour par la Corée du Sud, pays où elle retourne pour la première fois et où elle est née. La jeune femme se lance avec fougue à la recherche de ses origines dans ce pays qui lui est étranger, faisant basculer sa vie dans de nouvelles directions inattendues. Elle n’a, en effet, pas prévu de renouer avec ses origines. D’ailleurs, la jeune femme s’en défend même devant les gens qu’elle rencontre : le but de son voyage en Corée n’est pas de sonder ses origines et elle s’en porte très bien.

Mais, devant les suggestions subtiles de ses nouveaux amis coréens, Freddie fait son cheminement personnel et contacte ses parents biologiques par le biais d’Hammon, une association qui met en relation les enfants adoptés avec leurs parents biologiques. Malgré ses convictions initiales et son attitude rebelle. Freddie va quand même saisir cette perche qui lui est tendue. Elle vit tout avec désinvolture, ne s’attachant jamais et envisage cette opportunité comme une nouvelle aventure et rien de plus.

Davy Chou, réalisateur français d’origine cambodgienne, a déjà réalisé un documentaire, Le sommeil d’or (2012) et un long-métrage, Diamond Island (2016), tous deux situés au Cambodge. Avec Retour à Séoul, il explore le thème de l’adoption. Dans ces deux films précédents, le réalisateur a déjà filmé la recherche des origines; il poursuit dans cette veine et brosse le portrait d’une jeune femme fougueuse, révoltée, indocile et aux facettes multiples. Longtemps à la dérive entre deux cultures et deux ports d’attache, en proie à un conflit de loyauté face à ses parents adoptifs qui lui ont donné amour et sécurité, Freddie entraîne les spectateurs dans sa tête acharnée, fait de montagnes russes émotionnelles. Davy Chou crée un personnage qui passe à travers l’histoire, qui est pourtant la sienne, telle une tornade, bousculant tout sur son passage.

Si le film souffre de quelques maladresses quant à la direction des comédiens et la narration, il reste une fenêtre bienvenue sur la difficile quête d’identité quand on est adopté, abordée ici avec sensibilité et fougue.

Firouz E. Pillet, Cannes

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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