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lifestyle & responsible citizenship

Sortie romande de Sous les figues, de la réalisatrice et productrice franco-tunisien Erige Sehiri

Parmi les arbres verdoyants qui portent des figues mûres aux couleurs chatoyantes, de jeunes femmes et de jeunes hommes travaillant à la récolte estivale, développent de nouveaux sentiments, flirtent, se séduisent et se provoquent, se cherchent ou se fuient, essayant de se comprendre en créant des liens plus profonds. Melek et ses amis Yosra, Fidé, Sana, Laïla, Hnena, Firas, Gaith, ainsi que des femmes plus âgées, travaillent dans les vergers pendant l’été pour payer leurs études, préparer leur mariage ou aider leur famille. Entre les figuiers, sous le regard des travailleuses plus âgées qui ont l’expérience de la vie et prodiguent leurs conseils avisés, cibles des œillades furtives des jeunes hommes, les jeunes files encore adolescentes se dévoilent et se projettent au seuil d’une vie d’adulte qui semble leur rester interdite. (…)

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Prix du Jury à Cannes 2022 et en lice pour l’Oscar du meilleur film international 2023, EO de Jerzy Skolimowski sort sur les écrans romands

Le piètre état du monde dans lequel on se trouve n’est pas une breaking news ! Cependant, pour une question d’œillères civilisationnelles, dans le centre du système-monde, dont fait partie l’Europe, on semble penser que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, qu’il suffit de quelques ajustements pour qu’il tourne à nouveau rond. Jerzy Skolimowski (Ręce do góry [Haut les mains] 1967, Deep Hand 1970, Essential Killing 2010), vétéran du Nouveau cinéma polonais des années 60, 84 ans, va de manière chirurgicale, concise et sans fioritures démontrer le contraire, par le procédé bressonien (Au hasard Balthazar, 1966) du recours à l’animal – un âne qui, passant de maîtresses en maîtres, dévoile quelques traits de caractères de l’espèce et de la condition humaine. La décadence du monde est le fruit de la corruption morale et éthique de l’âme humaine, il suffit de suivre EO dans son voyage cauchemardesque de la Pologne à l’Italie pour s’en convaincre. (…)

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Présenté en compétition au Festival de Cannes 2022, où il a obtenu le Grand Prix, Close est le deuxième long-métrage de Lukas Dhont, qui s’est fait remarquer avec Girl en 2018

Léo (Eden Dambrine) et Rémi (Gustav De Waele), tous deux treize ans, voisins et collégiens allant au même établissement scolaire, sont amis depuis toujours. Mais leur amitié connaît un séisme lorsqu’un événement impensable les sépare. Léo se rapproche alors de Sophie (Emilie Dequenne), la mère de Rémi, pour essayer de comprendre…

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Avec Mascarade, Nicolas Bedos sombre dans l’esbroufe

Présenté hors compétition à Cannes, Mascarade, de Nicolas Bedos, pointe les frénésies liées à l’argent et les frasques liées à la luxure sur la Côte d’Azur, précisément la kyrielle de clichés que l’on assimile aux fastueuses soirées de la Croisette où les stars comme le simple quidam aiment paraître. Nicolas Bedos se plaît à manier les paradoxes et les provocations, ce qu’il avait déjà démontré avec son irrévérencieux OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique Noire lors la clôture de l’édition 2021. (…)

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Dans La Conspiration du Caire (Boy From Heaven), le réalisateur suédois Tarik Saleh  met en scène un candide pris entre le marteau et l’enclume du pouvoir bicéphale égyptien. Rencontre

Après Le Caire confidentiel (2017), Tarik Saleh s’est vu interdire l’accès au territoire égyptien, terre d’origine de son père. Le réalisateur suédois revient cependant sur les écrans avec un thriller politico-religieux, La Conspiration du Caire (Boy From Heaven), prix du scénario au festival de Cannes 2022, dans lequel il n’épargne pas les instances de pouvoir d’un pays qui mêle politique et religion. (…)

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Le dernier film de Philippe Faucon, Les Harkis, rend un hommage aux oubliés de la République française. Rencontre

Fin des années cinquante, début des années soixante, la guerre d’Algérie se prolonge. Salah (Mohammed Mouffok), Kaddour (Omar Boulakirba) et d’autres jeunes Algériens, issus des campagnes défavorisés, sans ressources, rejoignent l’armée française par obligation, en tant que harkis pour subvenir aux besoins de leurs familles. À leur tête, le lieutenant Pascal (Théo Cholby), tente tant bien que mal de créer une humanité et une fraternité entre les jeunes harkis et d’appliquer les ordres venus de Paris. L’issue du conflit laisse prévoir l’indépendance prochaine de l’Algérie. Le sort des Harkis paraît très incertain. Le lieutenant Pascal s’oppose à sa hiérarchie pour obtenir le rapatriement en France de tous les hommes de son unité. (…)

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Avec Triangle of Sadness (Sans filtre), les digressions de Ruben Östlund sur l’humanité atteignent leur paroxysme

Après la Fashion Week, Carl (Harris Dickinson) et Yaya (Charlbi Dean Kriek), couple de mannequins et influenceurs, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Tandis que l’équipage est aux petits soins avec les vacanciers, le capitaine refuse de sortir de sa cabine alors que le fameux dîner de gala approche. Les événements prennent une tournure inattendue et les rapports de force s’inversent lorsqu’une tempête se lève et met en danger le confort des passagers. (…)

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La nuit du 12 : un polar troublant – Rencontre avec son réalisateur Dominik Moll

(…)Son nouveau film, La Nuit du 12, présenté à Cannes Premières durant le dernier Festival de Cannes, entraîne les spectateurs dans une investigation policière chorale, un polar troublant et captivant qui plonge en complète immersion le public au cœur de la vie quotidienne de la PJ de Grenoble. (…)

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Elvis, de Baz Luhrmann, présenté hors compétition à Cannes, était incontestablement l’événement de cette 75ᵉ édition – Le film sort sur les écrans romands

Baz Luhrmann a habitué les cinéphiles aux grands spectacles : on songe à Moulin rouge (2001) ou plus récemment à Gatsby le magnifique (2013). Pour ce biopic très attendu, consacré à Elvis, le cinéaste a choisi de présenter la vie et l’œuvre musicale d’Elvis Presley à travers le prisme de ses rapports complexes avec son mystérieux imprésario, le colonel Tom Parker (Tom Hanks), du nom sous lequel il se présentait mais qui n’était son nom de naissance. C’est d’ailleurs avec sa voix off du Colonel Parker que le film s’ouvre, accompagnant des images montrées par le prisme d’un kaléidoscope, alors qu’il relate comment il a créé Elvis Presley, l’homme de la scène, le sex symbol adulé par toutes les femmes, et par certains hommes, à travers les États-Unis puis à travers le monde. (…)

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Cannes 2022 : Le Grand Prix, ex aequo avec Close de Lukas Dhont, est attribué à Stars at Noon, de Claire Denis

Une jeune journaliste américaine, Trish (Margaret Qualley), en détresse, bloquée sans argent et sans passeport dans le Nicaragua d’aujourd’hui en pleine période électorale, rencontre dans un bar d’hôtel un voyageur anglais, Daniel (Joe Alwyn). Il lui semble être l’homme rêvé pour l’aider à fuir le pays. Trish commet quelques imprudences, perd pied et réalise trop tard qu’au contraire, elle entre à ses côtés dans un monde plus trouble, plus dangereux. (…)

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