Mostra 2019 : Brad Pitt quitte l’apesanteur intersidérale pour débarquer au Lido devant une cohue de fans

L’astronaute Roy McBride (Brad Pitt) voyage jusqu’aux extrémités du système solaire pour retrouver son père , Clifford McBride (Tommy Lee Jones) disparu depuis plusieurs décennies. Il sera accompagné par un astronaute très expérimenté (Donald Sutherland) censé le surveiller lors de cette mission mais ce dernier fait un malaise et, avant d’être opéré en urgence, lui confie qu’il pense que son père est bel et bien vivant quelque part dans l’espace.
Roy est bien décidé à élucider un mystère qui menace la survie de la planète Terre. Son voyage mettra en lumière des secrets qui questionnent la nature de l’existence humaine et notre rôle dans l’univers.

— Donald Sutherland, Brad Pitt et Sean Blakemore – Ad Astra
Image courtoisie La Biennale di Venezia

Ad Astra (Vers les étoiles) semble un voyage spatial mené comme un thriller de science-fiction dans l’espace où le protagoniste se rend au bord du système solaire pour rechercher le père disparu et résoudre un mystère sur lequel le destin de l’humanité n’a pas de prise.

Si l’on peut reprocher quelques longueurs au film, on se laisse cependant porté par cette épopée qui rêvele un espace déjà conquis et colonisé par plusieurs nations, à commencer par la lune que se disputent diverses armées en guerre. L’escale que fait Roy sur la face cachée de la lune tournera rapidement à un guet-apens. Roy, astronaute émérite, s’en sort et poursuit son périple en direction de Mars. Appelé au secours par un vaisseau spatial, l’équipage se concerte et le commandant décide d’aller porter secours au navire en détresse. Mauvaise décision : il sera attaqué et tué par un singe « préhistorique » sanguinaire et d’une extrême violence.
Roy (Brad Pitt, of course ! L’acteur est presque dans chaque plan puisqu’il a produit le film) poursuit son périple.

Le film propose diverses réflexions sur la conquête de l’espace, les limites des connaissance techniques humaines, les dérives inévitables dans la jungle de la concurrence pour être le premier dans les avancées spatiales.

Lors de la conférence de presse, Brad Pitt a déclaré aux côtés de Liv Tyler et du réalisateur James Gray :

C’est un film très stimulant, très contemporain sur le thème de la masculinité

rappelant qu’il a grandi dans un contexte social dans lequel on lui a demandé d’être un homme fort.

En fait, nous cachons tous quelque chose et nous avons des blessures et des expériences non résolues à l’intérieur de nous. Le film et mon interprétation visent à faire en sorte que cela ne soit pas évident, ce qui a demandé beaucoup d’efforts, mais c’était un beau défi.

La sous-signée est sortie de la projection de Ad Astra pour enchaîner immédiatement avec une seconde projection qui se termnait à 13 heures 20. Naîvement, elle a voulu rejoindre les jardins de la Biennale par le bord du canal mais tous les passages étaient bloqués par des carabiniers armés et une foule de fans hystérique. Puis un bal d’hélicoptère a commencé à survoler le Grand Teatro del Casino, l’immense palais du festival, à l’architecture mussolinienne.

— Brad Pitt
© La Biennale di Venezia – Photo ASAC

La sous-signée a fini par comprendre l’agitation qui régnait aujourd’hui au Lido : il est arrivé, coiffé d’une casquette, des lunettes noires, des bracelets au poignet, une bague et des tenues comme une vraie star : jeans et t-shirt. Brad Pitt débarque à Venise et la lagune est en émoi. Les photographes et les fans accueillent l’acteur dans un joyeux brouhaha.

Ad Astra réalisé par James Gray concourt en compétition pour le Lion d’or. Le réalisateur a déclaré :

J’ai trouvé une citation d’Arthur C. Clarke, auteur de 2001 : A Space Odyssey : “Il y a deux possibilités : soit nous sommes seuls dans l’univers, soit nous ne le sommes pas. Les deux sont terrifiants.” Puis j’ai cru que je n’avais jamais vu un film sur nous, seul dans l’univers. L’idée de voyager dans l’espace est à la fois belle et terrifiante : je suis un grand partisan de l’exploration spatiale, mais parfois c’est juste une façon de s’échapper. Cela m’a fait entrer dans une dimension intime : l’histoire d’un père et d’un fils. J’espère que les gens comprennent que nous devons apprécier les explorations et aimer la Terre. Nous devons à tout prix préserver la Terre et les liens humains.

Il est vrai que Ad Astra laisse une impression similaire à celle provoquée par 2001 : A Space Odyssey à l’époque.

On découvre un Brad Pitt empli de nuances émotionnelles, très convaincant, comme rarement vu auparavant. Est-ce que ce sera un rôle qui le mènera à l’Oscar du meilleur interprète ? C’est fort probable.

Ala question d’un journaliste lors de la conférencel’acteur-producteur garde la tête froide :

Tout d’abord, j’aimerais comprendre comment le film sera reçu par le public : c’est un long métrage complexe qui se pose des questions sur nous, pourquoi nous sommes dans ce monde et la recherche d’une vie dans un univers.

Brad Pitt ajoute :

Chaque année, je vois des gens talentueux être reconnus et d’autres pas. Nous verrons : si cela arrive (sans dire le mot Oscar, ndlr.) ce sera amusant, je fêterai ça avec des amis.

Firouz E. Pillet, Venise

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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