Pessac 2022 : Mathieu Vadepied présente Tirailleurs, son deuxième long-métrage de fiction, en avant-première au Cinéma Jean Eustache

Projeté en avant-première au 32ème Festival International du Film d’Histoire, le réalisateur Mathieu Vadepied, accompagné par l’historien Anthony Guyon et de Karfa Diallo, fondateur-directeur de Mémoires & Partages, présente son film, Tirailleurs, qui a ouvert Un certain regard au dernier Festival de Cannes. Dans le cadre des cérémonies de commémoration de l’Armistice, l’association Mémoires & Partages a souhaité s’associer au Festival International du Film d’Histoire pour rendre hommage aux Tirailleurs de la grande guerre morts et enterrés à Bordeaux.

— Mathieu Vadepied
Image courtoisie Festival international du film d’histoire de Pessac

L’implication de la Gironde dans la Première Guerre mondiale, en particulier avec « l’installation du gouvernement français à Bordeaux en 1914, les carrés militaires des cimetières bordelais où reposent des centaines de soldats des colonies, le débarquement des Américains sur le port et la Nécropole du Natus où gisent neuf-cent-quarante tirailleurs sénégalais marquent notre territoire d’une singularité qui en fait un lieu remarquable de mémoire » comme le souligne Karfa Diallo.

L’avant-première du film de Mathieu Vadepied arrive à point nommé pour rendre hommage aux oubliés de la Grande Guerre, raviver l’histoire de ces tirailleurs sénégalais, et des tirailleurs des autres colonies et des protectorats français, arrachés à leurs villages pour combattre sur la ligne de front pour une mère patrie lointaine dont ils ne parlaient pas la langue. Pour la première fois, Mathieu Vadepied plonge le public en immersion aux côtés des tirailleurs, sur leur terre natale, au cœur de l’enfer des tranchées, sur le front, mais tient à ce que son histoire soit majoritairement relatée en wolof, ce qui permet de mettre en lumière le point de vue des soldats venus des colonies et non des colons.

Directeur de la photographie, réalisateur et scénariste français, Mathieu Vadepied a commencé sa carrière, après un CAP de photographe, en tant qu’assistant de photographes de mode, puis avec Raymond Depardon. Entre 1991 et 1995, il réalise une dizaine de clips vidéo. En 1995, il travaille comme directeur de la photographie sur Samba Traoré d’Idrissa Ouedraogo, puis en 2001, Sur mes lèvres de Jacques Audiard (nommé aux Césars 2002 pour la meilleure photo). En 1996, Mathieu Vadepied entame une collaboration avec Xavier Durringer comme directeur de la photographie sur deux de ses films : J’irai au paradis car l’enfer est ici (1997) et Les Vilains (1999). En 2014, il entreprend son premier long-métrage qui, d’abord appelé Adama, sortira l’année suivante sous le titre La Vie en grand. Tirailleurs est son second long-métrage de fiction.

Plus disert hors micro que durant l’enregistrement, Mathieu Vadepied nous a confié aimer les rencontres avec l’altérité, d’où son envie, dans sa jeunesse, de partir en Afrique pour rencontrer celles et ceux qui partagent avec lui une histoire commune. Mathieu Vadepied se rend d’abord au Sénégal puis au Burkina Faso. Il travaillera avec plusieurs cinéastes africains. La situation au Sahel le désole et l’inquiète vivement ; il nous confie s’être renseigné sur les risques encourus par son équipe à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie où il désirait tourner quelques scènes de Tirailleurs. Rencontre :

 

Firouz E. Pillet

j:mag Tous droits réservés

Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

Firouz Pillet has 758 posts and counting. See all posts by Firouz Pillet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*