Sunset (Napszállta) de László Nemes : Un avertissement venu du passé  qui regarde droit dans les yeux le présent

Il ne faut pas tomber dans le piège de la comparaison avec Le fils de Saul (Grand prix au Festival de Cannes 2015, Golden globe et OSCAR pour le meilleur film étranger 2016) qui tend les bras à tous les critiques : ce premier long métrage était un ovni. Si László Nemes l’avait reproduit, on lui aurait fait grief de ne pas se renouveler et de surfer sur la vague de ce succès mondial ; puisqu’il ne l’a pas fait, certains lui reprochent déjà son manque de courage cinématographique et un retour à plus d’académisme !
(…)
Nous sommes en 1913, au cœur de l’empire austro-hongrois. Írisz Leiter revient à Budapest après avoir passé son enfance dans un orphelinat à Trieste. Elle se présente à un grand magasin de chapeaux pour y travailler comme modiste. Immédiatement, quelque chose de larvé envahit l’atmosphère : le magasin s’appelle Leiter, comme elle.  Oskár Brill, le nouveau propriétaire, la reçoit mais s’empresse de vouloir la renvoyer à Trieste chez son employeur actuel. La jeune femme, portée par un courant qu’elle ne définit pas elle-même refuse et parvient à s’incruster dans l’environnement cadré de la maison Leiter et les dépendances utilisées par ses employés. Lorsqu’Írisz apprend qu’elle a un frère dont elle ignore tout, elle cherche à clarifier ce mystère et celui de son passé dans une sorte d’enquête effrénée qu’elle va mener contre vents et marées pour essayer de comprendre pourquoi il agit et fonctionne ainsi. Nous sommes à la veille de la guerre et cette quête sur ses origines familiales va entraîner Írisz dans les méandres d’un monde au bord du chaos.

Lire la suite

Pessac 2018 : rencontre fortuite avec Michel Van Zele, réalisateur de « Les aventures de Histoire du soldat » à l’occasion des cent ans de la création de l’œuvre.

Rencontré fortuitement grâce à l’intervention judicieuse de l’attachée de presse du festival, nous avons pu rencontrer Michel Van Zele, réalisateur de nombreux documentaires – La Passion selon Callas (1989), La Passion selon Jean Genet (1995), Alberto Giacometti : « Qu’est-ce qu’une tête ? » (2000), Freddy Buache, passeur du 7ème art proposant un retour sur la carrière de Freddy Buache, cinéphile, critique, et surtout créateur de la Cinémathèque Suisse, située à Lausanne.
(…)
En 1918, alors que la Première Guerre mondiale décime l’Europe, Igor Stravinsky, en exil en Suisse, a fait la connaissance de Charles-Ferdinand Ramuz, écrivain majeur de la Suisse Romande. Ensemble, ils décident de monter, avec le chef d’orchestre Ernest Ansermet, Histoire du soldat, un théâtre musical itinérant qui va marquer de son empreinte la musique du XXe siècle.
(…)

Lire la suite

Pessac : « Anne Morgan, une Américaine sur le front », documentaire de Sylvain Bergère, révèle l’action méconnue d’Américaines volontaires et bénévoles, venues aider le Nord de la France à se reconstruire

En 1917, dans le Nord de la France dévasté par la guerre, des volontaires américaines vont s’atteler à soulager les populations civiles, les soigner, leur apporter aide matérielle et soutien moral. À leur tête, Anne Morgan, femme libre et fille du richissime banquier John Pierpont Morgan, qui, au grand dam de sa famille et de son milieu, part, sur la base du volontariat et du bénévolat, aider les populations françaises en pleine Grande Guerre. L’action de ces femmes sera photographiée et filmée, livrant un témoignage inédit et captivant de cette époque.
(…)

Lire la suite

Frantz de François Ozon : après la bataille, la langueur

Nous ne devrions pas le dire trop fort, de peur de scier la branche professionnelle sur laquelle nous tenons tant bien que mal en équilibre, mais il va de soi qu’il y a autant d’avis sur un film qu’il n’y a de paires d’yeux pour le regarder. C’est pourquoi de temps en temps nous présentons une critique croisée – en avis divergents et langues différentes. Ici vous pouvez lire la critique positive de Teresa Vena en allemand: Besuch aus der Vergangenheit: Frantz von François Ozon.
(…)

Lire la suite