Pour Cristian Mungiu, le cinéma est l’art du réel – Entretien avec le cinéaste à l’occasion de la sortie de R.M.N.

(…) Cristian Mungiu expose, sans prendre de pincettes du politiquement correct, la xénophobie ordinaire, quotidienne, qui trouve son équivalent dans chaque société, mais aussi les dommages de l’éducation masculiniste, les absurdités du système de subventions européennes, la difficulté de vivre ensemble. Ces aspects se retrouvent dans une scène d’une quinzaine de minutes, à couper le souffle, prise comme tout le film en un plan-séquence, sorte d’assemblée populaire où chaque groupe ethnique – roumain, allemand, hongrois – parle dans sa langue et va décider du sort des sri-lankais, scène-matrice de laquelle jaillit toutes les peurs, les récriminations, les violences de cette communauté repliée sur elle-même. (…)

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