La 8e édition de la Semaine des droits humains exclusivement en ligne du 23 au 27 novembre 2020

La question centrale qui occupe les esprits en cette année sans précédent depuis la Deuxième guerre mondiale pour cause de pandémie qui bouleverse la planète et agit jusqu’au cœur de ses fondements politiques, économiques et sanitaires est: qu’advient-il des droits humains en temps de crise universelle? Et surtout, quelles seront les conséquences en sortie de crise? Le respect des droits humains s’en trouvera- t-il enfin renforcé ou au contraire le changement de priorités laissera-t-il pour compte les minorités et les plus démuni.es?
La Semaine des droits humains, conçue en grande partie avec les associations estudiantines de l’université de Genève (UNIGE) se penchera cette année sur ces crises qui s’additionnent ou se croisent: crise climatique, crise économique et crise sanitaire ont toutes des conséquences tangibles sur la planète et ses habitant.es. La parole sera donnée à celles et ceux qui se mobilisent pour faire respecter les droits de chacun.e. Du 23 au 27 novembre, associations, artistes, philosophes, écrivains et auteures se relaieront en ligne pour faire part de leurs vécus, de leurs idées et de leurs combats. Un programme riche qui en raison des mesures sanitaires actuelles se déroulera uniquement en ligne.
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Misbehaviour de Philippa Lowthorpe – Histoire réelle d’une double lutte d’émancipation

On serait tenté de dire que le titre est l’élément le plus réussi de ce film, du moins le plus prometteur. En effet, ce jeu de mots intraduisible, qui veut dire mauvaise conduite, peut être vu à l’aune du sujet en associant les deux termes : miss et behaviour (comportement), est très caustique et engageant. Hélas, le résultat du travail de la cinéaste britannique Philippa Lowthorpe, principalement connue pour ses réalisations de télévision (The Other Boylen Girl, Three Girls, The Crown), est très convenu. Certes, le fait de prendre cette histoire vraie par le biais de la comédie est une bonne idée, mais faire une comédie ne veut pas forcément dire rester à la surface des choses. Et ce sujet aurait mérité un traitement un peu plus profond que la série de stéréotypes qui s’alignent et donnent une matière plus démonstrative que de réflexion, s’apparente au « feel good movie » plutôt qu’au genre comédie dramatique.
À la fin des années 60, le concours de Miss Monde est regardé par des millions de spectateurs, certainement l’événement le plus regardé au niveau planétaire. L’heureuse élue, qui doit être irréprochable publiquement concernant ses mœurs et son comportement devient, pendant un an, à la fois le modèle féminin idéal qui fait rêver les petites filles et la pin-up immaculée pour les hommes devant lesquelles elle est exhibée, comme par exemple les soldats en manque d’images d’Épinal sexuées.
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Notre-Dame du Nil, les prémices de la tragédie rwandaise

La séquence d’ouverture, de nuit, démolie une jeune fille à la silhouette sensuelle qui se baigne dans le lac Kivu, tandis que sa grand-mère – incarnée par la voix off de Florida Uwera, lui conte « son » pays des Mille Collines, ses origines et relate comment les colonisateurs belges y divisé le pays par le truchement de frontières imaginaires entre les Tutsis et les Hutus :
« Venez, je vous emmène là où vivaient les cœurs candides ! »
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Skin, de Guy Nattiv, ou comment survivre à l’endoctrinement raciste suprémaciste – disponible en Suisse en VoD

Le réalisateur israélien Guy Nattiv a décidé de faire un film sur un néonazi réformé seulement après avoir reçu la bénédiction de son grand-père qui a survécu à l’Holocauste. Skin suit l’histoire vraie de Bryon “Pitbull” Widner, membre d’un gang de néo-nazis qui fera face à des menaces de mort pour les siens comme pour lui lorsqu’il décidera de changer de vie…

En tant que fils adoptif de deux dirigeants farouchement engagés de leur secte néonazie locale, la vie de Bryon Widner (Jamie Bell) a été façonnée dans l’ombre du mouvement suprémaciste blanc. Couvert de la tête aux pieds par des tatouages codés et violents, Widner incarne le monde dans lequel il a été élevé, alors qu’il fait de ses nuits des successions d’actes gratuits  violents d’exécutions mues par la haine et des discours fascistes martelés sans fin par son gang.
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Berlinale 2020 – Compétition: Todos os mortos (All the Dead Ones) de Caetano Gotardo et Marco Dutra ; une histoire de la fin du 19e siècle qui explique le Brésil d’aujourd’hui

Nous somme en 1899, l’esclavage a été récemment aboli au Brésil. Après la mort de leur femme de ménage, les trois femmes de la famille Soares se sentent perdues dans la vie quotidienne qu’elles mènent loin de leur plantation, dans une ville de São Paulo en pleine expansion. Au retour de l’enterrement de Josefina, un des commentaires de la mère sera de dire que ce qu’il lui manquera le plus, c’est son café ! La famille, qui possédait autrefois des plantations de café, est aujourd’hui au bord de la ruine et lutte pour s’adapter aux changements sociétaux et économiques qu’a amené l’instauration de la République du Brésil. Parallèlement, la famille Nascimento, qui travaillait comme esclave dans la ferme des Soares, se retrouve à la dérive dans une société où il n’y a pas de place pour les noirs récemment libérés. Les thèmes qui se dessinent abordent l’esclavagisme comme lien direct avec le racisme structurel qui mine la société actuelle, les luttes de classes qui se perpétuent comme le montre l’opposition politique frontale et délétère entre Bolsonara et le Parti des Travailleurs de Lula, le syncrétisme des cultures et des religions et même, à peine perceptible, dans une marge du récit, l’homosexualité.
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Yuli, d’Icíar Bollaín, retrace le destin de Carlos Acosta, danseur étoile, des rues de Cuba au Royal Ballet de Londres – sur les écrans romands

Yuli est le surnom de Carlos Acosta. Son père Pedros, descendants d’esclaves africains,  l’appelle ainsi parce qu’il le considère comme le fils d’Ogún, un dieu africain, un combattant que Pedro Acosta prie et invoque régulièrement. Cependant, depuis son enfance, Yuli a toujours fui toute forme de discipline et d’éducation, se rebellant constamment contre l’autorité paternel comme contre le carcan des institutions scolaires.
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Wintermärchen : un film émétique dans l’univers putride d’une cellule terroriste d’extrême-droite

Il y a des histoires qui claquent sur l’actualité! Wintermärchen, présenté au dernier festival de  Locarno en compétition, fait partie de ces films qui rencontrent à leur sortie les images qui passent en boucle sur les chaînes d’info en continue, en l’occurrence l’attentat terroriste d’un suprémaciste blanc australien à Christchurch en Nouvelle-Zélande contre deux mosquées qui a fait 50 victimes le 15 mars 2019.

Ce film n’a malheureusement rien d’une fable, même d’hiver, si ce n’est le titre. Dès les premières minutes, cette impression de malaise de se retrouver dans l’histoire qui a fait la Une des journaux en Allemagne depuis 2013 avec le procès de la NSU (Nationalsozialistischer Untergrund – Parti national-socialiste souterrain) à travers la femme du trio maléfique – les deux hommes s’étant suicidés – Beate Zschäpe pour des meurtres d’étrangers ou d’Allemands d’origine étrangère entre 2000 et 2007.
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Berlinale 2019 – Quote of The Day #9: Wagner Moura sur la police au Brésil

L’État brésilien que ce soit dans les années 60 ou aujourd’hui est raciste ; 50 ans après l’assassinat de Carlos Marighella, un homme noir et communiste, conseillère municipale noire et de gauche de Rio de Janeiro, Marielle Franco, a été assassinée en mars 2018 vraisemblablement par des membres des forces de police.
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Entretien avec Tahar Houchi, directeur artistique du Festival International du Film Oriental de Genève (FIFOG- 21 au 29 avril 2018)

La 13ème édition du Festival International du Film Oriental de Genève (FIFOG) aura lieu du 21 au 29 avril 2018 à Genève et ses communes (en tout, 25 lieux dans le canton). Une centaine de films de tous genres sera montrée, les projections seront accompagnées par soit des auteurs ou des spécialistes des questions abordées – plus de huitante invités sont attendus à Genève. Les principales thématiques sont la condition féminine, les mères célibataires, les Royingas, le radicalisme, le combat des femmes pour leur liberté, la jeunesse marginalisée, l’intégration, le racisme et les droits humains. Le grand débat du samedi sera consacré aux mères célibataires au Maroc et en Algérie, en présence de plusieurs invités dont des femmes en activité sur le terrain.
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L’œuvre de la documentariste autrichienne Ruth Beckermann du 19 au 29 avril 2018 au Kino Arsenal Berlin

Depuis le début des années huitante, Ruth Beckermann documente avec sa caméra le présent en résonance avec des racines qui sont profondément ancrées dans le passé. Cela donne une œuvre au caractère à la fois très personnel mais parfaitement en phase avec le monde et son état, très politique et qui se frotte aux sujets qui continuent à gangréner les sociétés d’après-guerre. Une fois encore, Arsenal – l’Institut allemand du film et de l’art de la vidéo – offre une belle et intelligente rétrospective au public, en cela aidé par le fait que quatre des 11 films de la cinéaste ont été sélectionnés et présentés dans la section de la Berlinale dont s’occupe l’institut, la section Forum.
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