[Audio] Rencontre avec Jean-Pierre Améris pour la sortie suisse de « Je vais mieux »

Le dernier film de Jean-Pierre Améris, Je vais mieux, suit la crise existentielle d’un quinquagénaire Laurent, victime d’un mal de dos fulgurant. Laurent consulte une kyrielle de spécialistes mais ni les médecins, ni les radiologues ni les ostéopathes ne parviennent à le soulager car la racine de son mal est psychologique. La question qui l’assaille est désormais : de son travail, de sa femme ou de ses parents, que doit-il changer pour aller mieux?

Sur les onze films que Jean-Pierre Améris a réalisés, Je vais mieux est la troisième comédie du cinéaste après Les Émotifs anonymes et Une famille à louer. Si ces deux derniers étaient issus de scénarios originaux, nourris d’une grande part d’autobiographie, ce nouveau film est adapté du roman éponyme de David Foenkinos. De passage en Suisse romande à l’occasion des nombreuses avant-premières de son film, Jean-Pierre Améris nous a consacré un peu de temps malgré un véritable marathon entre La Chaux-de-Fond, Fribourg (où il avoue s’être régalé avec une fondue), Lausanne et Genève.

— Jean-Pierre Améris
© Firouz Pillet

Même si son film est librement inspiré du roman de  David Foenkinos, Jean-Pierre Améris a confessé «s’être vraiment identifié au personnage de Laurent. » Pour incarner les protagonistes du film, le cinéaste a retrouvé plusieurs comédiens avec lesquels il a déjà travaillés : François Berléand, qu’il avait dirigé quatre fois; Alice Pol (présente dans Les Émotifs anonymes);  Ary Abittan, découvert dans l’un de ses spectacles à la télévision; Judith El Zein (vue dans Le Prénom) ou encore Lise Lamétrie, qui avait aussi joué dans Les Émotifs anonymes. Lors de notre entretien, Jean-Pierre Améris s’est dit touché  que le personnage principal de son film soit perçu comme un héros de « Kafka, de Dino Buzatti ou d’Italo Svevo ». Quant aux décors du film,  le réalisateur voulait qu’ils soient « très contrastés et que le monde dépeint ressemble au nôtre, mais plus décalé ».

Quant aux tableaux outranciers représentant des bouches béantes qui semblent pousser des cris venus des entrailles et qui peuplent le cabinet dentaire du meilleur ami de Laurent, Jean-Pierre Améris se réjouit de savoir qu’ils font songer aux œuvres d’Edvard Munch et explique :

La douleur étant le motif du film, je voulais la retrouver matérialisée dans ces tableaux inspirés du Cri de Munch. J’avais aussi en tête un souvenir d’adolescent : l’affiche de The Wall d’Alan Parker avec cette grande bouche béante. Je souhaitais que ces peintures, peintes par la femme d’Édouard, ne soient que des cris. Cela participe à cette idée du film qu’on peut rire de sa douleur.

Le mal de dos du personnage d’Eric Elmosnino a induit un travail sur la posture et la démarche du comédien qui évoluent tout au long du film. Sous la direction d’Améris, Eric Elmosnino incarne à merveille un être qui subit, incapable de s’affirmer jusqu’au jour où il se décide à se débarrasser de son mal de dos. Et le protagoniste principal, dans tout cela ? Il fallait bien des éléments personnels dans cette adaptation et Jean-Pierre Améris nous avoue en souffrir : « J’ai une séance prévue chez l’ostéopathe demain à Lausanne avant mes interviews avec vos collègues vaudois. »
Rencontre en toute convivialité.

 

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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