Bollywood  est en deuil et pleure Irrfan Khan, acteur indien devenu une star internationale

Irrfan Khan, l’icône de Bollywood âgée de cinquante-trois ans qui a réussi à s’imposer à la fois dans le cinéma indien et dans les productions occidentales tout au long d’une carrière remarquable de trois décennies, a perdu une longue bataille contre le cancer mercredi 29 avril 2020.

— Irrfan Khan à Locarno en 2017
© Firouz Pillet

La disparition de la star de Bollywood Irrfan Khan, mondialement connu pour ses rôles dans Life Of Pi et Slumdog Millionaire – qui le révèle sur les écrans internationaux –  laisse de nombreux cinéphiles orphelins.

Il est triste que ce jour-là, nous devions annoncer sa mort

a communiqué une déclaration de l’agence de relations publiques de Khan, Hardly Anonymous Communications.

Irrfan était une âme forte, quelqu’un qui a combattu jusqu’à la fin et qui a toujours inspiré tous ceux qui se sont approchés de lui.

Plus tôt cette semaine, Khan a été admis aux soins intensifs à l’hôpital Kokilaben Dhirubhai Ambani de Mumbai en raison d’une infection du côlon, selon son agence de relations publiques.

La mère de Irrfan Khan est décédée la semaine auparavant, mais son fils n’a pas pu assister à ses derniers rites funéraires en raison de la pandémie, a spécifié l’agence.

Les hommages internationaux ont rapidement afflué.

Il était l’acteur le plus nuancé avec lequel j’ai travaillé. Je suis toujours son fan dévoué

a déclaré Marc Webb à nos collègues de Aljazeera. Le cinéaste a dirigé Khan dans le blockbuster hollywoodien, The Amazing Spider-Man.

Une ascension difficile

Né à Jaipur, au Rajasthan, Irrfan Khan y fait ses études puis s’installe à Bombay où il tourne dans de nombreuses séries diffusées sur Doordarshan, la télévision d’État, ou sur Star Plus dans lesquelles il interprète le plus souvent des personnages négatifs. Il connaît des débuts difficiles mais une lueur d’espoir survient quand.  en 1988, la cinéaste Mira Nair le retient pour un petit rôle dans Salaam Bombay mais la scène est coupée au montage.

Au cours des années 1990, il joue dans plusieurs films indiens qui passent inaperçus, ce qui n’empêche pas certaines de ses prestations d’être appréciées des critiques sans pour autant que Irrfan Khan parvienne à s’imposer.

Apprécié pour son jeu tout en retenue, Irrfan Khan  est de plus en plus sollicité sur la scène internationale. En 2006, la réalisatrice indienne Mira Nair, désormais reconnue aux États-Unis, lui confie l’un des rôles principaux du long-métrage Un nom pour un autre au côtés de Tabu, avec laquelle il forme un couple d’immigrants indiens s’installant aux États-Unis, et fondant une famille, dont le fils aîné est interprété par le comédien américain d’origine indienne, Kai Penn.

En 2007, Irrfan  Khan se retrouve dans deux projets d’envergure, très différents : le cinéaste britannique Michael Winterbottom  le sollicite pour un rôle dans le drame Un coeur invaincu, aux cotés d’Angelina Jolie (Cannes 2007) et on le retrouve dans la comédie de Wes Anderson, A bord du Darjeeling Limited.

L’année suivante, c’est la consécration pour Irrfan Khan dans le film de Danny Boyle et Loveleen Tandan, Slumdog Millionaire qui remporte, entre autres, le Screen Actors Guild Award, prix collectif pour la meilleure prestation d’ensemble.

Mira Nair lui reste fidèle et lui confie un rôle, en 2009, dans New York, I love you.

En 2012, il prête ses traits à la version âgée du héros de l’Odyssée de Pi, d’Ana Lee et  joue le rôle du docteur Rajit Ratha dans The Amazing Spider-Man.

En 2013, The Lunchbox de Ritesh Batra, sélectionné au Festival de Cannes 2013 (Semaine de la Critique), l’assoie de manière définitive comme un acteur incontournable dans le monde du septième art.

En 2015, il incarne le milliardaire Simon Masrani, propriétaire du parc Jurassic World, réalisé par Colin Trevorrow.

En 2016, il fait partie de la distribution d’Inferno, le troisième volet de la saga cinématographique des aventures de Robert Langdon,incarné par Tom Hanks, et réalisé par Ron Howard.

Les cinéphiles peuvent apprécier la palette bigarrée de ses rôles, allant du film d’auteur indien aux blockbusters hollywoodiens. En 2018, l’acteur avait annoncé être malade, ce qui explique son absence sur le grand écran.

Le président indien Ram Nath Kovind a déclaré à Hindustantimes que l’acteur était un «talent rare et que ses personnages resteront dans les mémoires du public ».

Le Premier ministre indien Narendra Modi a déclaré sur Twitter « qu’Irrfan restera dans les mémoires pour ses performances polyvalentes sur différents supports. Sa disparition est une perte pour le monde du cinéma et du théâtre. »

Les cinéphiles et lecteurs de j:mag se souviennent que la rédaction avait rencontré Irrfan Khan au Festival de Locarno 2017 pour le film The song of scorpions d’Anup Singh, présenté sur la Piazza Grande.

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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