Cannes 2017: Deuxième film en compétition, Wonderstruck de l’Américain Todd Haynes, mêle le film muet et le rock glam

Alternant deux époques distinctes, les vies de Ben et Rose semblent partager bien des similitudes. Ces deux enfants nourrissent le secret désir que leur vie soit différente; Ben rêve d’enfin rencontrer son père qu’il n’a jamais connu et qu’il recherche menant une enquête policière, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d’une mystérieuse actrice qui n’est autre que sa mère. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait lui permettre de retrouver son père et que Rose apprend que sa mère sur scène, les deux enfants partent à la recherche éperdue de l’être fantasmée  New York.

Wonderstruck de Todd Haynes

Wonderstruck, une nouvelle adaptation littéraire après Carol (d’après Patricia Highsmith), relevé d’un tout autre genre. Écrit par Brian Selznick, l’auteur de L’Invention de Hugo Cabret, Wonderstruck a été publié dans la version francophone par Bayard Jeunesse sous le titre Black Out. Il s’agit l’histoire d’un jeune garçon de douze ans de 1977, qui cherche son père dans New York, et d’une gamine de 1927, qui, dans la même ville, cherche à rencontrer son actrice de mère. Cinquante ans les séparent mais d’étranges expériences les lient: la foudre et la surdité
Mêlant plusieurs époques et cultures, Todd Haynes, invétère cinéphile recourt au glamour, sublimant ses actrices comme Julianne Moore et Michelle Williams. Par sa structure qui alterne les séquences entre deux époques,  Wonderstruck révèle le talent transformiste de Todd Haynes qui mêle, tant visuellement que musicalement le pop seventies et de rétro muet des années 20, ravivant des classiques de notre patrimoine musical. Il est coutumier du fait pus qu’il fait revivre le look du glam rock (dans Velvet Goldmine) comme le glamour des mélos à la Douglas Sirk (Loin du paradis, 2002).
Le cinéaste a souvent affirmé ses goûts musicaux, en particulier dans l’étonnant I’m not there (2007), où différentes stars incarnaient Bob Dylan. Dans Wonderstruck, la musique sauve le film qui se perd dans des méandres narratifs et distille un cote mielleux qui finit par lasser, La culture gay nourrit une autre facette de son cinéma. L’œuvre de Todd Haynes  abonde en références : son premier long métrage, Poison (1991), citait Jean Genet, et Velvet Goldmine, Le Magicien d’Oz (1939). A Cannes, Carol avait obtenu la Queer Palme mais cette année, Todd Haynes est en lice pour la Palme.

De Todd Haynes; avec Oakes Fegley, Julianne Moore, Michelle Williams, Millicent Simmonds, Jaden Michael, Tom Noonan; Etats-Unis; 2016;  117 minutes.

Firouz Pillet, Cannes

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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