Cannes 2019 : « Portrait de la jeune fille en feu », de Céline Sciamma ou la dissection picturale  d’une passion

Le film de Céline Sciamma, présenté en compétition au Festival de Cannes 2019, nous propose une voyage dans le temps à travers la passion naissante et inattendue entre une peintre et son modèle.

1770. Marianne (Noémie Merlant) est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse (Adèle Haenel), une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Sur l’invitation de la mère d’Héloïse (Valeria Golino), Marianne va devoir peindre Héloïse à son insu. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde, l’observe tout en conversant et se promenant avec la jeune fille.
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Cannes 2019 : « Mektoub My Love: Intermezzo », d’Abdellatif Kechiche, radicalise sa façon de filmer et enflamme la Croisette

Si il y a un film de la compétition officielle qui a suscité la polémique et déclenché les foudres cette année, il s’agit du deuxième volet de la trilogie d’Abdellatif Kechiche, Mektoub My  Love Intermezzo.

On se souvient du premier volet, Mektoub my love : canto uno, présenté à la Mostra de Venise 2017, qui suivait Amin, fasciné par les nombreuses figures féminines qui l’entourent, qui restait en retrait et contemplait ces sirènes de l’été durant trois bonnes heures qui paraissaient déjà interminables alors que son cousin se jettait dans l’ivresse des corps. Bref, Mektoub my love : canto uno était un film assez ennuyeux qui ne semblait satisfaire que les fantasmes de Kechiche !
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Cannes 2019 – Sibyl de Justine Triet: de la psychanalyse sous vide en compétition

Soyons justes, le film n’a pas que des défauts : il permet de réaffirmer le talent de deux actrices – la belge Virginie Efira et l’allemande Sandra Hüller.
Une fois ceci posé, on ne peut que se demander comment ce film de Justine Triet a pu atterrir dans la sélection de la compétition officielle. Tout y est insupportable, que ce soit le scénario invraisemblable, les dialogues navrants, le jeu d’Adèle Exarchopoulos  – on en souffre d’autant plus que le contraste avec celui des deux actrices précitées est cruel, quoique nous pouvons lui reconnaître une qualité que l’on retrouve régulièrement dans ses rôles : une prédisposition naturelle aux sanglotements et à la moue – , la charge caricaturale de tous les personnages, Éros et Thanatos scandés par des scènes de sexe cathartiques…
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Cannes 2019 : Il Traditore (Le traître), de Marco Bellocchio, en compétition à Cannes, replonge de manière saisissante le public dans la lutte anti-mafia mené par le juge Falcone

Au début des années 1980, la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne, la Cosa Nostra, est à son comble. Tommaso Buscetta (Pierfrancesco Favino), membre de Cosa Nostra, fuit son pays pour se cacher au Brésil avec sa troisième épouse, Cristina (Maria Fernanda Cândido) et leurs enfants.. Pendant ce temps, en Italie, les règlements de comptes s’enchaînent, et les proches de Buscetta sont assassinés les uns après les autres. Arrêté par la police brésilienne puis extradé, Buscetta, prend une décision qui va changer l’histoire de la mafia : rencontrer le juge Giovanni Falcone (Fausto Russo Alesi) et trahir le serment fait à Cosa Nostra.
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Cannes 2019 : « Roubaix, une lumière », le premier polar du réalisateur roubaisien Arnaud Desplechin est est en lice pour la Palme d’or du 72e festival de Cannes

Roubaix, une nuit de Noël. On se trouve dans le Nord de la France et l’atmosphère de la nuit noire fait ressentir le froid piquant. Le commissaire Yakoub Daoud (Roschdy Zem) sillonne les rues de la ville qui l’a vu grandir. Voitures brûlées, altercations,  vandalisme, la routine pour lui … Sa famille est rentré au Maroc, il est désormais seul à Roubaix. Clin d’oeil malicieux du cinéaste : certains scènes ont été tournées dans une cour qui porte le nom de… Desplechin.
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Cannes 2019 : l’enfant prodigue du festival, Xavier Dolan, revient sur la Croisette avec «Matthias & Maxime », en compétition au Festival

Trois ans après le Grand Prix de Juste la fin du monde, Xavier Dolan revient en Compétition avec Matthias & Maxime, son huitième film (dont six sélectionnés à Cannes).

Le réalisateur québécois de trente ans vit une aventure incroyable avec le Festival de Cannes, une histoire qui  a commencé il y a tout juste dix ans. Il avait alors dix-neuf ans et son premier film en tant que réalisateur, I Killed My Mother, a présenté au plus grand Festival de cinéma du monde. Bel exploit pour un si jeune cinéaste !
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Cannes 2019 : A Hidden Life, de Terrence Malick, rend hommage à un objecteur de conscience autrichien et autopsie son destin à l’aide du transcendantalisme

En compétition au Festival de Cannes 2019, le dernier film de Terrence Malick conserve son approche philosophique teintée de religion mais semble plus accessible que la majeure partie de ses films précédents.

Avec Stanley Kubrick, Terrence Malick est sans aucun doute le réalisateur le plus mystérieux de ces dernières décennies. On connaît, tout compte fait, très peu de choses sur lui, tant il prend un soin obsessionnel à contrôler son image, sans doute pour entretenir le mythe autour de lui et autour son oeuvre. Une oeuvre qui fascine et suscite moult interrogations sur le sens de la vie, sur la présence divine qui accompagne les actes et les décisions des êtres humains, exposant par le biais de réflexions existentielles les destinées de ses personnages.
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Cannes 2019 : « Le jeune Ahmed »,  le dernier film des frères Dardenne, en compétition officielle, suit l’endoctrinement d’un adolescent et leur vision de la radicalisation

En Belgique,de nos jours, le destin du jeune Ahmed (Idir Ben Addi), treize ans, est pris en étau entre les idéaux de pureté de son imam, ouvertement fanatique, et les appels de la vie lancés par sa mère, par sa professeur de collège, par sa fatrie, par son éducateur.

Ahmed ne sourit pas. Il a l’air évasif et s’amuse plus. Bref, malgré son jeune âge, il est tout sauf un bout-en-train. Sérieux et appliqué à l’école, il part en courant dès la sonnerie qui annonce la fin des cours en évitant bien scrupuleusement de serrer la main de sa prof, Inès (Myriam Akheddiou), en  passant le pas de la porte.
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Cannes 2019 : « La Gomera », de Corneliuu Porumboiu, offre un divertissement savoureux et burlesque

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Corneliuu Porumboiu confirme cette tendance avec son  dernier film, un noir empli d’humour et cocasserie. La Gomera (du nom d’une île des Canaries, en Espagne)  – Les siffleurs pour les pays francophones ou The Whistlers pour les pays anglophones, un joyeux film noir regorgeant d’humour, en lice pour la Palme, truffée de motifs de genres et de références cinématographiques dont la célèbre scène de la douche de Psychose d’Alfred Hitchcock, qui suscite amusement et rires.
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Cannes 2019 – « Little Joe », de l’Autrichienne Jessica Hausner : une plante peut en cacher une autre

Alice, mère (Emily Beecham, vue dans le récent film indépendant britannique Daphne) divorcée, est une phytogénéticienne chevronnée qui travaille pour une société spécialisée dans le développement de nouvelles espèces de plantes. Elle a conçu une fleur très particulière, rouge vermillon, à l’aspect hybride entre un coquelicot pour sa couleur et un oeillet pour l’aspect hirsute. Cette plante est remarquable tant pour sa beauté que pour son intérêt thérapeutique. En effet, si on la conserve à la bonne température, soit très élevée, si on la nourrit correctement et si on lui parle régulièrement, la plante rend son propriétaire heureux grâce à un effet qui s’apparente à celui de l’ocytocine, l’hormone qui tisse le lien entre la mère et son enfant.
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