Mostra 2017 : Hannah, d’Andrea Pallaoro, quatrième film italien en compétition

Après l’arrestation de son mari (furtive apparition d’André Wilms), Hannah (Charlotte Rampling) commence à s’effondrer. Grâce à l’exploration de son identité brisée et à la perte de maîtrise de soi, le film étudie l’aliénation de la modernité, la difficulté d’avoir des relations, la frontière entre l’identité individuelle, les relations humaines et les pressions sociales.

— Charlotte Rampling – Hannah
© La Biennale di Venezia

Se déroulant dans une ville anonyme belge (bien que choisie pour des raisons évidentes de production), Hannah traverse le drame d’une femme âgée dont le mari est emprisonné pour une raison terrible (qui ne sera expliquée que plus loin). Elle passe ses jours dans une solitude presque complète, dorénavant détestée par son fils et pratiquement évitée par tout le monde. Une femme dont la condition économique va soudainement s’aggraver, étant donné qu’elle a une maison assez spacieuse mais délabrée – elle est contrainte à aller faire le ménage dans un appartement luxueux et d’occuper le reste de son temps avec quelques loisirs (la piscine et des leçons de théâtre).

Des miroirs qui doublent l’image, des plans encadrés sur le visage de Charlotte Rampling, soulignés par des réflexions, des regards variés, silencieux épuisés, les ellipses insistant sur la solitude croissante de la protagoniste. Andrea Pallaoro signe avec Hannah un film extrêmement ambitieux, malheureusement les spectateurs tombent dans une histoire dont il ne saisissent pas les contours et finissent par se mettre dans le même état que Hannah, se laissant porter par une routine sans signification. La mise en scène de Pallaoro est implacable – souvenir des enseignements de Michelangelo Antonioni et Tsai Min Liang – il utilise rarement les mouvements de caméra, préférant structurer la narration à travers des cadres fixes où se concentrent toute l’angoisse et le désespoir de Hannah. La presse italienne a évidement porté aux nues le film dont ils jugent la fin extraordinaire, pleine de tension, qui nous amène vers une femme qui souffre autant que son compagnon.

Filmé en Belgique, ce film fait partie d’une future trilogie féminine (le prochain film sera appelé Monica et sera tourné à Los Angeles), Hannah a toutes les cartes pour avoir un grand prix demain soir, lors de la 74ème cérémonie de la Mostra du film de Venise. Mais ce sera surtout dû au soutien nationaliste des critiques italiens et non parce que le film convainc: ni sa structure ni la mise en scène ne réussissent à mettre en valeur la présence et le jeu de Charlotte Rampling, à regret !

Firouz E. Pillet de la Mostra 2017, Lido

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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