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Sandrine Blancke

Cinéma / KinoCulture / Kultur

Notre Salut d’Emmanuel Marre – Les rouages ordinaires de la collaboration

Une valise, un traité politique publié à compte d’auteur et pas un sou en poche : voilà tout ce qu’Henri Marre, quarante-neuf ans, emporte à Vichy en septembre 1940, au moment où le régime de Pétain prend ses quartiers. L’homme n’est ni un idéologue de premier plan ni un monstre de tragédie. Il est plus inquiétant : il cherche une place. Avec Notre salut, récompensé du Prix du scénario à Cannes, Emmanuel Marre signe un film de 153 minutes que l’on ne voit pas passer et qui tourne le dos à l’Histoire des grandes dates et des héros. Il s’installe dans les couloirs, les pensions et les bureaux où une collaboration s’est faite sans éclat, à hauteur d’une vie ordinaire. Huitante-six ans plus tard, le film n’a rien d’un exercice de commémoration. C’est un miroir tendu aux spectatrices et aux spectateurs. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturMostra 2026

Mostra 2026 – Orizzonti : Un détour par Diane de Ann Sirot & Raphaël Balboni – un conte-western sur les fantômes du silence

Un club, une boucle électro, une femme et un homme qui dansent la country au milieu de la foule, baigné·es dans une lumière chaude et contrastée. Puis, sans transition, leurs corps nus miment quelques postures sexuelles, sans que rien de l’intimité de la rencontre ne soit montré. Ann Sirot et Raphaël Balboni préfèrent les signes aux images, le mouvement à la démonstration. Cette entrée en matière donne le ton d’Un détour par Diane, où le désir, la violence, la mémoire et la vengeance circulent moins par ce qui est montré que par ce qui demeure hors champ. Présenté dans la section Orizzonti, ce deuxième long-métrage du duo belge transforme ainsi une histoire de vengeance en un étrange conte-western, burlesque, solaire et profondément mélancolique. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturMostra 2025

Mostra 2025 : présenté dans la section Venice Spotlight, À bras-le-corps, de Marie-Elsa Sgualdo, brosse une fresque historico-sociale de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, entre prétendue neutralité et statut des femmes

Originaire de La Chaux-de-Fonds, la cinéaste neuchâteloise a eu droit à une standing ovation lors de la présentation de son premier long-métrage dans le cinéma du Giardino, au Lido de Venise.
À bras-le-corps plonge le public au cœur du Jura suisse, en 1943, à l’époque où les femmes vivaient dans l’ombre des hommes, selon le diktat patriarcal en vigueur : « Kirche, Küche, Kinder » (église, cuisine, enfants). Assidues au culte, ménagères attentives et épouses dociles, servantes diligentes et mutiques, ouvrières corvéables à souhait : le statut de la femme à cette époque restait cantonné dans des carcans que la société conservait avec assiduité. (…)

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