Entretien [audio] avec Léa Pool, cinéaste d’origine suisse adoptée par le Québec, pour la sortie suisse de: Et au pire on se mariera

Et au pire on se mariera, treizième long-métrage de Léa Pool, sorti en salle au Québec le 15 septembre 2017, arrive sur les écrans romands en compagnie de la cinéaste d’origine suisse, adoptée par le Québec.

Adaptation libre du roman éponyme de Sophie Bienvenu (publié en 2011 aux éditions La Mèche), Et au pire on se mariera, basé sur un scénario qui a été écrit à quatre mains par Léa Pool et Sophie Bienvenu, suit les affres amoureux d’une adolescente de quatorze ans, Aïcha Saint-Pierre (Sophie Nélisse), qui tombe en amour, comme on dit au Québec, d’un homme deux fois plus âgé qu’elle, Baz un musicien (Jean-Simon Leduc, un musicien et acteur en plein essor) qui sait garder les distances face aux assauts soutenus de l’adolescente et qui a la décence de ne pas profiter des sentiments de cette jeune fille lui voue, Aïcha sera prête à tout pour obtenir son amour.

 

Aïcha, interprétée par Sophie Nélisse – que nous avions découverte dans Monsieur Lazhar,  film réalisé en 2011 par Philippe Falardeau avec Mohamed Fellag – ne pardonne pas à sa mère (Karine Vanasse, révélée dans le film Emporte-moi, de Léa Pool, en 1999) d’avoir mis à la porte son beau-père algérien qu’elle adorait, un beau-père dont on comprend peu à peu qu’il a abusé d’elle quand elle était enfant. En pleine révolte contre sa mère, Aïcha espère toujours qu’il reviendra la chercher.

Léa Pool sait de quoi elle parle quand elle elle explore les relations conflictuelles entre une mère et sa fille adolescente, elle qui a élevé seule une jeune fille qu’elle adoptée en Chine. La cinéaste met ici en valeur un magnifique trio d’acteurs – Karine Vanasse, Jean-luc Leduc et Sophie Nélisse – mais l’adolescente porte le film sur ses épaules. Précisons que la petite sœur de Sophie, Isabelle Nélisse, aussi enfant-actrice, interprète Aïcha enfant.

À travers sa filmographie, Léa Pool s’est affirmée comme une grande experte de l’exploration de identité féminine. Sa démarche cinématographique privilégie des histoires touchante, sensuelles, passionnées, des histoires qui susciter de fortes émotions, ce qui à nouveau le cas dans ce dernier long-métrage.

— Léa Pool
© Firouz Pillet

A l’occasion des avant-premières de son treizième métrage  à Genève, aux cinémas Scalas le 8 mars et à Lausanne, aux cinémas Les Galeries Pathé le 12 mars, Léa Pool confirme sa démarche en tant que cinéaste féministe. 

La cinéaste, qui a été invitée récemment dans les festivals de Chicago, et de Taormina (Sicile) est de retour sur ses terres d’origine, d’abord à Genève lors la journée des droits des femmes, et nous a accordé un peu de son temps à l’Hôtel Cornavin juste avant de rencontrer le public genevois aux Cinémas Les Scalas.

Avec une grande modestie, la cinéaste a parlé autant de son dernier film, de sa filmographie et de sa démarche en tant que cinéaste féministe, ainsi que de la situation des créatrices dans le continent nord-américain. Rencontre.

 

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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