Geneva Biennale : jusqu’au 30 septembre 2020 Sculpture Garden au cœur de la ville

L’année 2020 restera longtemps dans la mémoire collective par cet état d’urgence instauré à l’échelle mondial sans conflit armé global. Tout le monde est touché par ce satané nouveau coronavirus, que ce soit dans sa santé – physique ou mentale –, dans sa vie professionnelle et/ou privée, dans son quotidien comme dans ces moments qui font, dans une année, que des respirations se produisent : famille, ami.es,  loisirs, sport,  vacances, far niente, voyages…

— D. Dewar & G. Gicquel – Flipper, Nudes X, Nude XI; 2020
Image courtoisie Ville de Genève (Photo: Julien Gremaud)

Et voilà que cet été est entravé par des restrictions en tous genres : frontières fermées, quatorzaines, annulations en cascades des festivals, concerts, fêtes populaires, rencontres sportives. Difficile de se projeter dans un horizon d’évasion dont tout le monde aurait bien besoin, englués que nous sommes dans cette atmosphère étouffée par cette menace qui plane, invisible, tout autour de nous. Pendant de nombreuses semaines, seuls les produits de « première nécessité » nous étaient accessibles. Étonnamment, les produits culturels n’entraient pas dans cette catégorie – les librairies et disquaires par exemple n’ont pu rouvrir qu’à la seconde phase de déconfinement. Dans le même temps, jamais autant de films, séries, musique n’ont été autant pris d’assaut par ce monde confiné. Il y a ici un hiatus : la culture non-essentielle et pourtant sans laquelle une bonne partie du monde serait devenue folle. Il apparaît que ce secteur – qui est également une industrie qui pèse lourd dans de nombreux PIB (en Suisse environ 6% avec plusieurs centaines de milliers d’emplois à la clef)  – est fondamental dans une société; hélas, il reste et restera toujours le parent pauvre des secteurs économiques aidés.

Heureusement, de nombreuses initiatives créatives privées et publiques font jour ici et là pour pallier les restrictions et proposer à nouveau au public des manifestations artistiques en tous genres et pour tous les goûts tout en respectant les mesures sanitaires préconisées par le Conseil fédéral. À Genève, la Ville, forte du succès de sa première édition en été 2018 réitère son offre d’art dans l’espace public avec son projet Sculpture Garden qui permet d’effectuer des promenades dans les parcs de la ville et autour du lac où s’exposent des sculptures installées temporairement.

— Matthew Lutz-Kinoy – The Rising and Setting of the Sun; 2020
Image courtoisie Ville de Genève (Photo: Julien Gremaud)

Initiée et organisée par artgenève en collaboration avec le MAMCO et la Ville de Genève, la biennale 2020 est placée sous le commissariat de Balthazar Lovay, anciennement directeur de Fri Art Kunsthalle, Fribourg.

Cette année, la Biennale présente une trentaine de sculptures de grand format, dont de nombreuses produites expressément pour l’exposition par de jeunes artistes. Sculpture Garden se déploie dans trois espaces publics particulièrement fréquentés pendant la période estivale : le parc des Eaux-Vives, le parc La Grange et le Quai Gustave-Ador. L’île Rousseau et l’Hôtel La Réserve complètent le parcours avec des projets spéciaux. Une série d’événements et de soirées performatives devraient animer l’événement ainsi qu’un programme de médiation. Pour sa deuxième édition, l’exposition fait honneur à des productions originales, aux jeunes artistes et à des œuvres hybrides créées par des artistes et des designers. Fontaines, bancs, architectures, drapeaux ou mobiles, œuvres participatives, engagées ou en dialogue avec les parcs des Eaux-Vives et de la Grange dessinent les contours d’une nouvelle façon de penser la sculpture aujourd’hui.

Ambitieuse par sa dimension internationale, par le nombre d’artistes invités et par ses thématiques, l’exposition se définit aussi par un rapport humble aux parcs, à la nature et au paysage. Le comité de pilotage de la biennale, constitué de Thomas Hug (artgenève), Lionel Bovier (MAMCO), Michèle Freiburghaus (Fmac) et le curateur ont créé les conditions permettant aux artistes de proposer des projets pensés pour ces parcs genevois et de les produire pour la manifestation. Répondre à la qualité de ces lieux se révèle être une constante des propositions, qui utilisent aussi des constructions préexistantes (ancienne gare du train touristique, système d’irrigation) ou s’associent avec les éléments naturels du site.

expliquent les organisateurs.

— Morgan Courtois – Naïve Coercion; 2020
Image courtoisie Ville de Genève (Photo: Julien Gremaud)

Les artistes proviennent de Genève, de Suisse, d’Europe, d’Angleterre et des USA, avec une représentativité quasi paritaire entre hommes et femmes. Une dizaine de jeunes artistes et des étudiants en Design de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL) font partis des artistes sélectionnés.

Des visites guidées publiques seront mises en place dès mi-juillet.
La première soirée performative aura lieu ce jeudi 2 juillet dès 18h30 au Parc des Eaux-Vives et Parc La Grange.

Malik Berkati

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