Jasmila Žbanić tourne The Missing Part, suite de Quo Vadis, Aida?, dans son pays natal avec une coproduction internationale et un casting européen
La réalisatrice bosnienne, qui vit entre Berlin et Sarajevo, tourne actuellement dans son pays natal la suite du film Quo Vadis, Aida? , intitulée The Missing Part. Présenté à Venise en 2021, le film a obtenu une cinquantaine de prix dans le monde et a été nommé aux BAFTA et aux Oscars.

European Parliament, CC BY 2.0 via Wikimedia Commons
L’action se déroule en Bosnie orientale, où la cinéaste a des racines, malgré sa naissance à Sarajevo à la fin de l’année 1974. Sans autorisation des autorités de la République serbe – une des deux entités du pays –, qui ne souhaitent pas que l’équipe se rende à Srebrenica, le deuxième volet se tourne à Visoko, aux environs de Sarajevo, à Tuzla, Konjic… Jasna Djuričić, fabuleuse actrice belgradoise, reprend le rôle d’Aïda, jadis institutrice devenue interprète en anglais auprès des casques bleus néerlandais durant la guerre fratricide de 1992 à 1995. À l’été 1995, les agresseurs serbes ont tué 8372 personnes parmi les 40 000 habitants et réfugiés bosniaques qui vivaient à Srebrenica. Le massacre, qui a duré trois jours, a été proclamé génocide par le Tribunal international de La Haye.
Le titre du film souligne symboliquement la recherche de sa famille disparue, entreprise par Aïda immédiatement après le conflit. Ses efforts sont ceux de nombreuses femmes qui, depuis trois décennies, espèrent retrouver leurs proches, survivre et trouver leur place dans une société post-conflit toujours considérée comme en transit. Outre Djuričić, qui a obtenu le prestigieux European Film Award de la meilleure actrice, l’équipe artistique compte des acteurs internationaux tels que Liam Cunningham (Game of Thrones), Simon McBurney (Mission Impossible – Rogue Nation), Arieh Worthalter (Le Procès Goldman) ou Dimitrij Schaad (Killing Eve), ainsi qu’une pléiade d’acteurs régionaux : Jasna Zalica, Izudin Barjaktarevic, Snezana Vidovic, Djenita Imamovic, Mirvad Kuric, Jelena Kordic-Kuret, Nadine Micic et de nombreux autres.
La maison Deblokada de Žbanić – cette dernière est récemment devenue veuve après la disparition inattendue de son mari Damir – est le producteur principal du film, coproduit par Nikolaus Geyrhalter (Autriche), Razor Film (Allemagne), Woodz (Croatie), Indie Prod (France), Artikulacija (Monténégro), Topkapi (Pays-Bas), Madants (Pologne) et Plattform Produktion (Suède).
Présentation au Festival de Cannes
Le deuxième volet de Quo Vadis, Aida? bénéficie aussi du soutien d’Eurimages, de l’Institut du film autrichien, du Netherlands Film Fund, du FFA en Allemagne, du Polish Film Institute, de l’Aide aux Cinémas du monde, de la CNC, du Centre audiovisuel croate, du Swedish Film Institute, de Film i Väst, de ZDF/Arte, de Canal+, Ciné+ et de TRT. La société parisienne Indie Sales le distribuera à l’international. Nicolas Eschbach, cofondateur et directeur de cette société, qui présentera le projet au Marché du Film durant le prochain Festival de Cannes, souligne :
« La suite du film prolonge l’œuvre visée par Žbanić en mettant l’accent remarquable sur la sororité et une quête de justice que rien ne peut arrêter. C’est une histoire intime, d’une portée universelle. »
Djenana Mujadzic
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