La plateforme de streaming suisse Filmingo rend hommage à l’acteur suisse décédé en 2019, Bruno Ganz, qui aurait fêté ses 80 ans le 22 mars de cette année

Acteur de théâtre et de cinéma mondialement connu, Bruno Ganz nous quittait, dans un dernier clin d’œil plein de poésie, le dernier jour de la Berlinale 2019 inondé de soleil après plusieurs jours de grisaille, enrobant dans un écrin glacé et sec, mais lumineux à faire jaillir les larmes et les doux sourire de la nostalgie, la Potsdamer Platz, cœur battant du festival mais également lieu mythique sur lequel les deux anges des Ailes du désir (Der Himmel über Berlin) veillaient : Bruno Ganz, l’ange Damiel, et Otto Sander, l’ange Cassiel, qui nous avait quittée en 2013. Bruno Ganz était chez lui sur la Potsdamer Platz et à la Berlinale, maintes fois invité, car le grand acteur qu’il était, n’hésitait pas à se frotter à tous les genres du cinéma et à nombre de projets allant de films grand public à du cinéma plus âpre et confidentiel. Célébré dans l’espace germanophone au théâtre, Bruno Ganz avait au cinéma une aura mondiale et le cinéma international ne s’est pas privé de le faire jouer, de grands rôles comme des rôles secondaires qui donnaient l’assurance aux cinéastes d’une incarnation de leurs personnages donnant de l’épaisseur au film dans sa globalité.

— Bruno Ganz à la Première de Satte Farben vor Schwarz au Essener Lichtburg, 10 janvier 2011
Loui der Colli, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

En 2014, il recevait en Alemagne la Goldene Kamera pour l’ensemble de son œuvre et, la même année, à la Berlinale, pour son film en compétition Kraftidioten, une journaliste lui disait lors de la conférence de presse :

Vous avez reçu récemment un prix pour l’ensemble de votre carrière. C’est formidable de vous voir encore dans un rôle !

Ce à quoi, il répondait, mi-figue mi-raisin :

Je fais des efforts pour que cela continue…

Et cela a encore continué jusqu’à la fin, avec plusieurs films marquants, dont Heidi (2015) d’Alain Gsponer, The Party de Sally Potter en compétition à la Berlinale 2017, ou Fortuna en 2018 qui a remporté l’Ours de Cristal à la Berlinale et le Grand prix du jury international de Génération 14plus pour le meilleur film.
La plateforme suisse de films à la demande a eu la bonne idée de rendre un hommage à Bruno Ganz en présentant une sélection représentative des époques et des registres de l’acteur zurichois, avec 9 films, présentés par la plateforme :

Nous le voyons en Gottfried habile et un compagnon ésotérique dans The Party de Sally Potter (2017), comme le grand-père ultime, solidaire et espiègle avec son petit-fils virtuose jouant du piano dans Vitus (2006) de Fredi M. Murer. Avec Pane e tulipani (1999) de Silvio Soldini, nous voici à Venise, où, serveur, il prend soin d’une épouse oubliée en chemin et gagne les cœurs autour de lui. L’un de ses rôles préférés était celui d’Alexandre prenant congé du monde tout en aidant un garçon réfugié dans L’éternité et un jour (1998) de Theo Angelopoulos. Dans la ville blanche (1982) d’Alain Tanner, il est le marin échouant à Lisbonne, voulant tout arrêter et tombant amoureux de Rosa, serveuse dans un bar où l’horloge marche à reculons. Il sera Fred, dans Satte Farben vor Schwarz (2010) de Sophie Heldmann, qui tombe gravement malade, mais montre que l’amour ne finit jamais. Bruno Ganz fut aussi un lecteur et un orateur hors pair, comme on peut l’entendre dans le portrait d’un autre grand artiste suisse, Giovanni Segantini, réalisé par Christian Labhart (2015). Parmi ses dernières apparitions, citons Un juif pour l’exemple (2016) de Jacob Berger et Fortuna (2018) de Germinal Roaux, qui complètent la sélection.

À date 7 films sont à voir filmingo.ch, les 2 autres suivront.

Malik Berkati

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